Lettres inédites a m. Clausel de Coussergues. « Notre meilleur ami (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Feret et Fils;Champion, 1888, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.
A ses quatre-vingt-dix ans révolus, «le bon père Seguin » ajouta non pas dix, mais cinq années pleines. C'est à lui, ou plutôt à sa mémoire, que Chateaubriand dédia, en 1844, La Vie de Rancé, entreprise, disait-il dans la préface « pour obéir aux ordres du directeur de sa vie »1.
(1) Puisque l'abbé Seguin avait à ce point la confiance de Chateaubriand, et qu'il était l'ami des deux époux, quelques détails sur cet ecclésiastique ne paraîtront pas ici hors de propos : je les tiens de M. l'abbé Seguin, chanoine de la métropole de Paris, par l'intermédiaire de M. Méritan, curé de Saint-Sulpice. Qu'ils veuillent bien agréer l'un et l'autre l'expression de ma reconnaissance. M. l'abbé Jean-Marie Seguin, né à Carpentras (comtat Venaissin) en 1748, fit ses études de théologie au séminaire de Saint-Charles à Avignon. Ordonné prêtre, il fut appelé à Paris par son frère aîné, Jean-Ignace Seguin, alors secrétaire de Mgr de Beaumont, puis chanoine du chapitre de Vincennes. L'abbé Jean-Marie était aumônier des Incurables, avant la Révolution. Il resta à Paris, pendant la Terreur, chez M. de Jussieu, frère du fameux botaniste, exerçant en cachette les fonctions du saint Ministère. Il échappa comme par miracle à la fureur des révolutionnaires; mais son troisième frère, l'abbé Antoine Seguin, vicaire à Saint-André-des-Arts, qu'il avait appelé à Paris, fut massacré aux Carmes, le a septembre. Après la Révolution, L'abbé Jean-Marie Seguin fut attaché, dès l'ouverture des églises, à la paroisse Saint-Sulpice, ↩
Infirmerie, Marie-therese
... Années 1834-35-36-37. - Le nouveau bâtiment destiné aux ecclésiastiques a coûté, y compris les peintures, boiseries, papiers, corps de bibliothèques, etc., la somme de 76.195 francs.
« Cette belle et indispensable construction, sera d'un intérêt majeur pour l'établissement, en donnant d'abord le moyen de soulager un plus grand nombre d'infortunes. » (Notice hist. de l'infirmerie par Mme de Chateaubriand) .
« Cette maison à quatre étages, la maison des prêtres, la gloire du jardin, le modèle des contructions et du bon marché, c'est Mme de Chateaubriand qui en a choisi le site et tracé le plan.
« C'est elle qui a trouvé pour le construire un simple maître maçon, mais un maçon honnête homme, un maçon unique qui, avec des matériaux reconnus excellents par expert secret, l'a bâtie, couverte, boisée, peinte, parquetée, munie de ses portes et fenêtres, et l'a livrée, clefs en main, pour la somme de soixante quinze mille francs, tandis que tous les propriétaires qui ont fait construire et qui la voient l'évaluent à cent vingt ou cent trente mille francs.»