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L'Enchanteur 1768—1848
De Châteaubriand à Ernest Renan III le coiffeur de Chateaubriand

Première partie

III le coiffeur de Chateaubriand

De Châteaubriand à Ernest Renan · 1 min de lecture · chapitre 5 sur 34

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Ambert, 1914, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Es études récentes sur Chateaubriand m'ont remis en mémoire un document peu connu, et depuis longtemps oublié dans ma bibliothèque; je veux parler d'un petit volume, où l'ancien coiffeur de l'écrivain, M. Adolphe Pâques, consigna les souvenirs d'une fréquentation qui semble avoir été l'orgueil de sa vie.

M. Adolphe Pâques nourrissait une ambition, celle d'avoir dans sa clientèle des personnages, disons le mot, des têtes célèbres. Il y parvint. C'est ainsi qu'à Londres il coiffa le comte d'Orsay ; à Manchester, Lablache et la Malibran qui lui dit, presque mourante : « Vous êtes le dernier, monsieur, qui me ferez belle ! »

A Paris, son plus illustre client fut l'auteur d'Atala et de René, alors à la fin de sa carrière. C'était en 1840. L'écrivain demeurait au numéro 112 de la rue du Bac. Mais laissons parler M. Pâques.

« Chateaubriand, dit-il, me donnait trente francs par mois, dix francs au jour de l'an et dix francs à l'occasion de sa fête. J'aurais voulu, en produisant le garçon attaché à mon établissement, le faire profiter de quelques aubaines, mais il était très explicitement entendu que je ne pourrais me faire remplacer qu'en cas d'empêchement absolu.