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L'Enchanteur 1768—1848
La comtesse Pauline de Beaumont Signé : Pauline de Montmorin

Signé : Pauline de Montmorin

La comtesse Pauline de Beaumont · 3 min de lecture · p. 422 · chapitre 35 sur 36

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de C. Lévy, 1884, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Je laisse douze cents livres une fois payées à Melle Michelet, ancienne femme de chambre de ma mère.

Je laisse tous mes livres sans exception à François-Auguste de Chateaubriand. S'il était absent, on les remettrait à M. Joubert, qui se chargerait de les lui garder jusqu'à son retour ou de les lui faire passer.

Je laisse à madame Hocquart née Pourra, ma montre d'argent et mon schall bleu de Cachemire.

Je laisse mes fourrures à Camille de la Luzerne. Voilà les deux seuls articles de ma garde-robe que je ne laisse pas à madame de Saint-Germain.

Je laisse à M. Joubert l'aîné una bibliothèque en bois d'acajou (celle qui a des glaces), mon secrétaire en hois d'acajou, ainsi que les porcelaines qui sont dessus, à l'exception de l'écuelle en arabesque, fond d'or, que je laisse à M. Julien.

Je laisse tous les portraits que j'ai et les meubles dont je n'ai pas disposé à mon beau-frère, Guillaume de la Luzerne. Je le prie seulement d'observer que les lots de Saint-Germain, de sa femme et de ses enfants leur appartiennent, et qu'ils ont à réclamer un secrétaire, des tables, des ustensiles de cuisine dont je ne sais pas le détail; mais on peut s'en rapporter à eux pour ne déclarer que ce qui leur appartient.

Je fais Guillaume de la Luzerne mon exécuteur testamentaire, et n'ai pas la moindre inquiétude sur sa fidélité à remplir mes intentions. Je le prie d'accepter deux mille écus, bien faible gage de mon attachement pour lui.

Si ce testament est ouvert à temps, je désire être ensevelie dans une pièce d'étoffe des Indes qui m'a été envoyée par mon frère Auguste. Elle n'a de précieux que de me venir de lui.

Je dois laisser peu de dettes : on consultera madame de Saint-Germain sur les réclamations des ouvriers. Il est possible que j'aie deux ou trois anciens mémoires qui lui soient inconnus; mais cela ne peut guère excéder cent écus.

J'ai dans ce moment des livres à Armand Serilly. Ils sont dans une malle à part; madame de Saint-Germain les indiquera. Si j'en ai à d'autres, ils seront à part sur une planche avec le nom de ceux à qui ils appartiennent. Au reste, comme j'en emprunte sans cesse et qu'il serait possible que je n'eusse pas toujours l'attention de prendre ce soin, il faudrait s'en rapporter aux réclamants.

Je suis trop fatiguée pour faire une seconde copie de ce testament. On en trouvera le duplicata plus net dans mes papiers. Il est exactement conforme. Je compte remettre celui-ci entre les mains de madame de Saint-Germain, en cas que l'autre soit égaré.

femme divorcée de François Beaumont.

Paris ce 2e floréal (15 mai 1802.)

Suivent ces adresses :

M. Joubert, 118, rue Saint-Honoré; madame Hocquart, rue Ferme-des-Mathurins; M. Julien, ru: Vivienne, n° 41.

Ce testament était contenu dans une première enveloppe à l'adresse de madame de Saint-Germain : on a trouvé une seconde enveloppe, cachetée de trois sceaux sur laquelle était écrit ce qui suit :

Madame de Saint-Germain ouvrira ce paquet, qui contient mon testament; mais je la prie, si ce premier paquet est ouvert à temps, de me faire ensevelir dans une pièce d'étoffe des Indes qui m'a été envoyée par mon frère Auguste. Elle est dans une cassette.

Signe : Pauline de Montmorin

Cette copie très griffonnée de mon testament doit en tenir Jeu, s'il venait à se perdre. Je l'ai relue et approuvée.

Ce 18 juillet 1803.

Au bas de cette expédition du notaire Lorenzini, de Rome, du 10 novembre 1803, se trouve le certificat de conformité signé par le cardinal Fesch, ministre plénipotentiaire, et par Chateaubriand, secrétaire de légation.

Fin de l'appendice

Pages.