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L'Enchanteur 1768—1848
Mémoires de l'Occitanienne La Restauration

Deuxième partie

La Restauration

Mémoires de l'Occitanienne · 14 min de lecture · p. 257–268 · chapitre 19 sur 24

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Plon, 1927, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Comme une traînée de poudre qui prend feu, la joie de la délivrance courut d'un bout du Midi à l'autre. Elle se manifesta avec les élans démonstratifs de ces natures passionnées, qui s'enivrent de leurs sentiments : haine ou amour.

La haine, c'était Bonaparte qui l'inspirait, l'amour pour les Bourbons ne fut que le contre-coup de cette haine. Tout autre gouvernement libérateur eût imprimé le même élan d'enthousiasme aux masses populaires. L'ancienne classe aristocratique, la seule dont le cœur fût demeuré dans le passé, profita de cette explosion d'allégresse pour tourner les pensées et les espérances vers le royalisme; osant, d'ailleurs avec juste raison, présenter le roi de « France » comme le sauveur venant arracher aux vainqueurs la noble vaincue.

Louis XVIII, malgré le surnom qu'il reçut, n'était pas Louis le Désiré; mais il devint aussitôt le roi porté en triomphe par ce flot, nommé le peuple, semblable au flot de la mer, tantôt sommet, tantôt abîme.

Le Midi, sauf peu d'exceptions, devint donc subitement royaliste d'une manière frénétique. Aux cris répétés de : « Vive le roi ! » se mêlaient aussitôt les cris, plus accentués encore : « A bas l'Empereur ! » La cocarde blanche et le drapeau blanc se virent adoptés immédiatement en opposition aux trois couleurs qui représentaient le régime abhorré. Toulouse se signala par ses transports. On dansait sur les places publiques, les femmes du peuple arrêtaient les dames et, les prenant par la main, les entraînaient dans une ronde où tous les rangs se trouvaient confondus par l'effet d'une impulsion identique. Les feux de joie s'élevaient de tous côtés. Des chansons, la plupart improvisées, se faisaient entendre en écho et pas un désordre ne venait se mêler à ces manifestations ! Car on peut affirmer qu'il n'y avait plus qu'un parti : la bourgeoisie elle-même se croyait royaliste. La Révolution semblait avoir expiré, vaincue, et son souvenir n'osait être évoqué par les quelques vieux républicains dont les opinions demeuraient debout, sur un champ de bataille abandonné.

L'armée seule protestait, contre les événements accomplis, par son silence morne. L'armée, c'était encore Napoléon ! Son esprit planait sur elle. Les 'maréchaux s'étaient ralliés au pouvoir nouveau ; mais officiers et soldats détournaient les yeux du trône où venait de s'asseoir le roi légitime, inconnu à cette génération guerrière. Les très jeunes conscrits ressentirent seuls les joies du retour au foyer. Mais les vétérans regrettaient cette vie de conquêtes qui les avait promenés, voyageurs armés, dans les contrées si diverses qu'ils s'assujettissaient en passant. La France était devenue le pays qu'ils connaissaient le moins. La voyant se soulever contre leur idole, ils étaient tentés de se croire sur un sol ennemi où il leur avait fallu mettre bas les armes, se soumettre et déchirer le drapeau tricolore.

En vain les Bourbons avaient rallié à eux, dans la stupeur des désastres et de l'abdication, les principaux chefs de cette armée, en vain faisaient-ils luire aux regards de ces soldats courbés sous le poids de tant de campagnes les douceurs de la paix ; ils n'acceptaient point la vie que ce repos allait leur faire. Napoléon et ses soldats se comprirent en se séparant. Les adieux de Fontainebleau furent un rendez-vous donné à de vagues espérances mutuelles qui naquirent de la douleur de la séparation.

Cependant, d'autre part, déjà commençaient à se former parmi les partisans des Bourbons des courants divers, prêts à se diviser ou même à se heurter violemment.

Ma mémoire d'enfant se souvient d'avoir vu poindre l'aurore de l'ultra-royalisme, destiné à trahir les plus nobles intentions et en arriver à atteindre la royauté à la tête, en tirant trop haut pour la défendre.

Successivement, les fugitifs toulousains retournèrent à leur domicile, pour aller prendre leur part de la joie et des fêtes de la ville, qui venait de se donner complètement à la restauration du vieux trône, voyant dans les Anglais, non des vainqueurs orgueilleux, mais des libérateurs fiers d'associer le bonheur du pays à leur triomphe. Lord Wellington, politique aussi grand que grand capitaine, s'assujettit le midi de la France, bien plus par son adroite générosité que par le triomphe de ses armes

Malgré le bruit de ces réjouissances, mes parents prolongèrent leur séjour dans le château demeuré solitaire et ne songèrent à aller à Toulouse que dans le courant de mai. L'armée anglaise venait de quitter la ville, qui ne relevait plus que du roi de France. De tant de fêtes il ne restait que de la fumée ; mais on demeurait frappé de l'impression joyeuse demeurée sur les visages.

Comme contraste, nous venions de traverser ce champ de bataille parsemé de tombes. Elles s'élevaient, tristes et nues, au milieu des blés verdoyants. Les épis se balançaient à l'entour et les bleuets leur envoyaient de loin en loin quelques fleurs détachées, que le printemps, dans sa renaissance, semblait apporter à ces morts inconnus comme une pensée de la Providence. Hélas ! bientôt le laboureur ne détournera plus sa charrue de ces petits tas de terre si vite envahis par les herbes sauvages et le temps aura promené son niveau sur ce qui fut des hommes, mêlant la poussière à la poussière.

Durant la dernière partie de la route, les traces de la bataille se montrèrent de plus en plus : façades criblées de boulets, murailles abattues, jardins dévastés. Mais les portes de la ville franchies, tout fut oublié. Et nous ne songeâmes qu'à saluer le drapeau blanc qui flottait sur les clochers et que le vent de la prospérité semblait enfler comme une voile, pour guider le vaisseau de la France vers les plus heureux destins.

Ma grand'mère nous avait devancés à Toulouse. Nous trouvâmes son salon rempli d'amis et de parents accourus pour se réjouir avec nous, en se répétant les récits des événements miraculeux qui venaient de s'accomplir.

Je me mêlai de tout cœur à ces manifestations. Depuis le jour où j'avais entendu ce cri magique : Vive le roi ! j'étais une politique au petit pied. Les opinions des enfants ne sont que des sentiments ; c'est pour cela qu'on les voit, si jeunes, se passionner pour une cause à un degré rarement atteint par un autre âge. J'avais lu avec avidité les articles de journaux, les brochures qui racontaient les enchantements des premiers moments de la Restauration. Tout émue, mon amour pour les Bourbons devint un culte, dont le roi, tout particulièrement, se voyait l'objet : rien ne faisait ombre dans mon esprit à cette apothéose.

Quelle fut donc ma surprise lorsque, à travers les conversations croisées, j'entendis mon oncle le vicomte adresser à ma mère l'étrange discours dont je me souviens encore, accompagné de gestes furibonds : « Ah ! Louis XVIII, c'est bien toujours le comte de Provence, un vrai Jacobin ! Qu'est-ce que cette Charte qu'il vient de nous donner? Une Constitution révolutionnaire comme celle de 1791, comme toutes les autres. Oui, c'est comme s'il vendait, lui aussi, les biens du clergé et ceux des émigrés ! La noblesse? Il la rétablit en la mêlant à la noblesse de Bonaparte ! Enfin, il tend les bras à tous ces gens-là ! » Et comme ma mère, étonnée, essayait de glisser des paroles atténuantes, il reprit plus violemment : « Je vous répète que c'est un Jacobin ! Qui sait même s'il n'a pas contribué à la mort de Louis XVI et à celle du petit dauphin ! » Toutefois, il ajouta, un peu honteux, je crois, de la violence de sa philippique : « Mais, non : ceci est trop fort. »

Ma mère dit à demi-voix à mon père :

De telles exagérations sont fâcheuses. Certainement, on ne réagit pas autant qu'on pourrait l'espérer contre la Révolution et ses œuvres. Mais il ne faut pas, nous, royalistes, nous poser en manière d'obstacles et nous devons respecter le roi.

Ah ! comme il eût mieux valu, répondit mon père, que le roi s'appelât Charles X!

Vœu téméraire qui ne devait être que trop exaucé plus tard !

Je demeurai stupéfaite, regardant autour de moi avec des yeux effrayés. Le roi acclamé! le roi que je croyais être adoré ! Quoi? mon père lui-même en eût souhaité un autre !

Cependant, les extravagants, comme le vicomte de Villeneuve et quelques autres vieux émigrés, étaient très clairsemés ; le parti royaliste presque tout entier les désavouait hautement, quoiqu'il formât déjà un parti considérable, qui trouvait qu'on faisait trop de concessions aux ralliés et aux idées nouvelles.

La Charte ne satisfaisait pas l'esprit de l'ancien régime, cette âme qui survivait à son corps et se croyait capable de le ranimer. Bien des gens pensaient que, moyennant des modifications, les anciens rouages de la monarchie auraient pu fonctionner encore avantageusement. Ils ne croyaient pas que la Charte était la transaction entre les temps anciens et le temps nouveau, et qu'au lieu de tirer en arrière, il fallait au contraire s'atteler en avant et se servir « des réconciliés » pour soutenir le char du gouvernement dans les nouvelles

voies que les bouleversements sociaux avaient creusées.

Néanmoins, la partie était belle pour les Bourbons, en 1814 ! Le pays en masse, dans un premier moment d'enthousiasme, était venu à eux, sauf l'armée ; là était le seul danger visible. Peut-être eût-il mieux valu la licencier, tout en accablant d'honneurs ses principaux chefs et puis la reconstituer en y mêlant des éléments nouveaux. La garde nationale, à cette époque, ivre de royalisme, eût suffi à maintenir l'ordre à l'intérieur durant cette transformation. Mais il eût fallu l'accomplir sans la création d'aucun de ces corps privilégiés, dont les noms et la composition semblaient vouloir établir un antagonisme armé, prêt à relever le drapeau tricolore en opposition au drapeau blanc. Les prévisions politiques ont fait complètement défaut à la Restauration de 1814.

Cependant, Louis XVIII, par ses antécédents qui éloignaient de lui les exaltés, se trouvait être précisément le roi du moment. Malheureusement, ce prince se laissait aller à l'insouciance d'un égoïsme inhérent à sa nature et développé par l'âge et les infirmités. Le travail sérieux de la pensée effarouchait son esprit, qui sentait peut-être aussi que ses ailes ne pouvaient le porter ni haut, ni loin. Se ressentant de l'éducation et des habitudes de l'ancienne cour, cet esprit courait sur les surfaces sans les approfondir.

Le regard perçant dont la physionomie de Louis XVIII était douée tombait royalement de son trône sur ses sujets, mais n'interrogeait pas l'horizon ouvert à des perspectives si nouvelles. Le libéralisme de ce prince n'a mérité ni les éloges, ni les invectives dont les divers partis l'ont gratifié. Il tenait bien plus de son tempérament qu'il ne tenait de la lucidité de ses vues : la politique active ne lui allait pas. Il préférait s'abandonner au courant, en essayant de louvoyer plutôt que de lutter à l'encontre. N'importe ! dans la situation où se trouvait la France en 1814, ce caractère entre deux eaux lui dicta des œuvres de sagesse.

Il était donc le roi qui pouvait consolider la première Restauration. Et, malgré bien des maladresses (dont la principale fut le choix des hommes placés à la tête de son gouvernement), la race de Bourbon, grâce à lui, se serait implantée de nouveau dans le sol français si quelques années d'un règne paisible eussent favorisé son rétablissement.

Mais lorsque le retour de Napoléon fut devenu possible par une faute immense, celle d'avoir conservé une armée organisée comme pour amener ce triomphe et après le bouleversement des esprits qui en devint la suite, il eût fallu le génie d'Henri IV pour réédifier la monarchie légitime. Louis XVIII la releva une seconde fois, à la façon d'un de ces édifices qui, désormais, semblent ne devoir prêter qu'un abri momentané. Néanmoins, elle a duré autant que lui et peut-être aurait-elle prolongé son existence si le successeur de Louis XVIII eût été un autre que Charles X.

Ainsi, le dauphin, doué de l'instinct du gouvernement représentatif, eût sans doute évité la révolution de Juillet avec ses conséquences si funestes.

Toutefois, l'année 1814 s'écoula comme une fête où la nation entière se trouvait conviée et où la prospérité du pays sembla s'empresser de la fleurir. On peut présager que la France allait prendre, grâce à sa suprématie intellectuelle, une revanche de la perte de ses conquêtes par les armes.

Ce n'étaient pas d'aussi graves considérations qui me rendaient pensive, en entendant mon vieil oncle insulter, selon moi, le roi devant lequel je croyais que tous les genoux ployaient.

Mais, dès ce jour, je me jetai de plus en plus dans la politique et mon royalisme s'y plongea pour en ressortir encore plus chaud, tout en demeurant fidèle à mon amour quand même pour Louis XVIII.

Qui se serait cru à la veille de l'événement formidable prêt à remettre tout en question dans cette Europe encore sous l'empire des joies délirantes de la paix? Les conspirateurs eux-mêmes, tout en préparant le retour de Napoléon, tremblaient de leur petit nombre et n'osaient avoir confiance dans les incertaines espérances de leurs complots ébauchés.

Cependant, vingt jours suffirent pour ramener aux Tuileries Napoléon triomphant et pour rouvrir aux Bourbons la route de l'exil ! Vingt jours ! Quinze ans plus tard, ils eurent à peine le temps de jeter le coup de dés d'une bataille de rues ; et la France entière se déroba sous les pieds qui la quittèrent pour n'y plus rentrer !

En vain on essaye de relever un vieil arbre renversé par un tremblement de terre : ses racines brisées n'ont plus la sève qui fait vivre ; une autre secousse l'abat de nouveau et, cette fois, sans retour. Mais malheur au sol bouleversé par de pareils tressaillements ! C'est le cratère d'un volcan qui s'est ouvert ; vainement, il semble s'être refermé ; nulle végétation durable ne saurait s'établir parmi des cendres qui recouvrent des flammes.

On ne cesse de s'adresser cette question : la Restauration était-elle née viable? Peut-être « oui », en 1814; mais, après 1815, elle se trouvait atteinte d'une de ces maladies de cœur qui laissent au visage l'apparence de la santé, se réservant de donner la mort en un instant.

Cependant, encore en 1815 et même durant l'épisode terrible des Cent Jours, la France était royaliste. Le Midi, tout particulièrement, se montra passionné pour les Bourbons.

Rien de ce qui s'est vu depuis ne saurait donner une idée du chaleureux enthousiasme qui, de Bordeaux à Marseille, vint accueillir le second retour de Louis XVIII. Malheureusement, Napoléon en posant le pied sur le sol français avait tendu la main à la Révolution. Et la Révolution se retrouva debout, bénéficiant seule de la fortune de celui qui, si vite, avait remonté les degrés d'un trône pour aller tomber dans un abîme.

Je suis tentée de clore ici mes souvenirs1. Le découragement m'a saisie en présence de ce passé que je vais revoir, entraînant la Restauration dans le tourbillon où elle devait disparaître à jamais ! Tout a conspiré pour amener sa fin : bourgeois et nobles, roi et peuple. Les mains téméraires comme les mains coupables ont promené des torches et l'embrasement des esprits est devenu général.

(1) Écrit en 1876. ↩

Que tous les partis se frappent la poitrine ! Chacun a travaillé à l'œuvre destructive. Cependant, que de dévouements et de nobles élans dans le royalisme plein d'amour des premières années qui suivirent 1814 ! Si le sens politique a manqué à ces gentilshommes de vieille souche, c'est parce qu'ils s'absorbaient dans une foi qui ne permettait pas l'examen, ne reconnaissant que le droit du roi, le droit divin, sans s'apercevoir que leur encens brûlait devant un autel abandonné.

Maintenant, en 1876, au milieu du chaos produit par les révolutions successives d'un siècle si tourmenté, je ne me sens pas le courage de remonter son cours pour le suivre de nouveau, tombant de cataracte en cataracte, comme attiré par un gouffre où il doit se perdre, ne laissant peut-être après lui qu'un État social en débris.

Mais vous, mes contemporains, vous qui n'êtes plus là et dont la vie fut aussi la mienne, vais-je vous abandonner sans essayer de vous la rendre? Tandis que je me suis étudiée à retirer de l'oubli ceux qui nous précédèrent, vais-je délaisser votre mémoire si présente à mon cœur? Nés et grandissant ensemble, nous avons suivi les mêmes chemins, traversé les mêmes événements, goûté à des plaisirs semblables et souvent, hélas ! pleure aussi sur des douleurs pareilles. Ah ! communauté d'aspirations, de goûts, de sentiments, qu'amène l'éclosion d'âges identiques, fleurs entr'ouvertes par les mêmes brises, fruits colorés par les mêmes rayons de soleil, comment vous oublier !

Amis et commensaux de notre jeunesse, nous qui sommes encore debout, pourquoi ne pas nous pelles de notre tre qui ne se réduisent pas en poussière? C'est l'existence de vos âmes que nous rattacherions ainsi par nos récits au monde qu'elles ont quitté. Du moins, ce serait leur esprit ressuscité, qui viendrait montrer à ceux qui vous appellent des « inconnus » quelques traces de votre passage sur la terre, dont les marques devraient ne pas disparaître entièrement...

Je m'arrête ! J'interroge, j'écoute, et du monument funéraire s'élève un murmure qui vient me dire :

« Ah ! assez de remuer la cendre de vos souvenirs ! Les étincelles qui s'en échappent ne sont plus la vie. Vous-même, n'êtes-vous pas le fantôme de ce que vous avez été? Venez à nous : c'est l'heure. Voyez combien vous devenez de plus en plus étrangère à ces jeunes existences qui vous pressent de leurs flots pour vous rejeter en arrière et passent sans retourner la tête? Vous êtes une vivante morte! Votre souffle vient d'un autre monde. Il ne saurait se faire entendre.

« Qui recherchera ces pages? Ou qui s'en souciera?

« Jamais siècle ne s'est montré plus détaché de ce qui fut avant lui. Il semble n'avoir d'autre aspiration que de se précipiter à l'encontre de l'avenir, poussé par la vapeur, son invention ; et il abandonne le passé au néant, comme la locomotive livre sa fumée aux vents qui la dispersent en atomes.

« Ne comprenez-vous pas que, le lendemain du jour où vous aurez cessé de vivre, vous deviendrez un de nous, un de ces oubliés?

« Venez, venez ; et laissez tomber cette plume qui trace avec le sang de votre cœur et les larmes de vos yeux des mots qui ne signifieront rien s'ils viennent jamais à être lus ! »