M. de Chateaubriand (suite)
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : Calmann Lévy, 1884, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Une lacune considérable dans la correspondance de M. de Chateaubriand nous oblige à passer brusquement de 1804 à 1822. On connaît la part active que, des la première Restauration, il prit à la vie politique; il suivit pendant les Cent-jours Louis XVIII à Gand, et fut nommé bientôt ministre d'État et pair de France; en 1821, il fut envoyé comme ambassadeur Berlin, mais n'y resta que quelques mois, et donna sa démission lorsqu'à la chute du ministère présidé par le duc de Richelieu, MM. de Villèle et de Corbière quittèrent le pouvoir. Mais M. de Villèle ayant été chargé de former un nouveau cabinet, l'un de ses premiers soins fut de nommer M. de Chateaubriand à l'ambassade de Londres, en remplacement du duc Decazes, que Louis XVIII, forcé de se séparer de son ministre favori au mois de mars 1820, avait voulu dédommager par ce grand poste diplomatique. M. de Chateaubriand, dès son arrivée en Angleterre, écrivit à M. Joubert la lettre qu'on va lire; elle termine la trop courte série de celles que nous avons retrouvées :