Le titre que Chateaubriand a d’abord donné à ses souvenirs, et la plus ancienne rédaction que l’on puisse lire du début des Mémoires d’outre-tombe. La BnF conserve la copie faite en 1826, en 325 feuillets (NAF 12966), une autre copie du premier livre (NAF 14083), et des fragments autographes. Les deux copies sont transcrites ici page par page, à côté de leurs images.
En bref
| Titre | Mémoires de ma vie, commencés en 1809. Livre 1er (en tête des deux copies) |
|---|---|
| Copie de 1826 | BnF, NAF 12966 : 325 f., 215 × 125 mm, maroquin bleu. « Copie faite à la Vallée-aux-Loups en 1826, par Mme Récamier, M. et Mme Lenormand » (catalogue de la BnF). Trois livres, jusqu’au départ de Combourg. Sur Gallica (en couleur) |
| Autre copie | BnF, NAF 14083 (Papiers Récamier, XVII) : 62 f., 210 × 140 mm, 40 à 62 blancs ; le premier livre seulement, du f. 2 r° au f. 39 v°, jusqu’au départ de Combourg avec l’abbé Porcher. Non datée. Sur Gallica |
| Autographes | BnF, NAF 26232 : 55 f., « Manuscrit autographe. Fragments des livres I, II et III », acheté en 1995 (Gallica) ; NAF 26303 : 4 f., collection Jean Lanssade, reliure titrée « Mémoires de ma vie » et « 1809 », p. 80-83, 110-111, 116-117 du premier livre (Gallica ; transcrit ici) ; Saint-Malo, médiathèque La Grande Passerelle, Ms 255 : 12 p., numérotées 282 à 293, du troisième livre |
| Éditions | 1874 (Mme Lenormant) ; 1948 (date donnée par Droz) ; 1976 (J.-M. Gautier, Droz) |
| Main | Pour la copie de 1826, deux versions : Mme Récamier, M. et Mme Lenormand (catalogue de la BnF) ; Mme Récamier, aidée « pour un quart environ » par Charles Lenormant (Mme Lenormant). On voit au moins trois écritures ; la principale ressemble à deux textes attribués à Mme Récamier (comparaison à l’œil). Pour NAF 14083, le catalogue dit seulement « copie » |
| Images | Source gallica.bnf.fr / BnF (domaine public ; réutilisation non commerciale avec cette mention) |
Un premier titre
C’est à Rome, en 1803, qu’il dit avoir eu l’idée de l’ouvrage, et le nom vient alors sous sa plume, comme simple désignation :
« C’est aussi à Rome que je conçus, pour la première fois l’idée d’écrire les Mémoires de ma vie […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XV, chapitre 7. · Lire le passage
Ce titre se lit encore en tête de la copie de 1826. Biré l’a noté dans son édition :
« C’était le titre que Chateaubriand avait d’abord projeté de donner à ses récits. »
Edmond Biré, note aux Mémoires d’outre-tombe, t. I, Appendice. · Lire le passage
La date du titre, 1809, ne s’accorde pas avec celle que Chateaubriand a donnée ensuite. La préface testamentaire et la fin des Mémoires disent 1811 :
« Les Mémoires à la tête desquels on lira cette préface embrassent et embrasseront le cours entier de ma vie ; ils ont été commencés dès l’année 1811 et continués jusqu’à ce jour. »
Préface testamentaire, 1er décembre 1833. · Lire le passage
Mme Lenormant relevait déjà la divergence. Quant à « Mémoires d’outre-tombe », la plus ancienne mention trouvée dans les lettres réunies sur ce site est du 3 mars 1832. Chateaubriand y répond à un commandant de gendarmerie qui lui demande son âge. Sa réponse rejoint ce que dit Mme Lenormant de la copie de 1826, l’année laissée en blanc ; on voit ce blanc dans la copie, à la page 29 : « Je vins au monde le 4 octobre de l’année », puis un espace vide.
« M. Paulmier me veut bien demander mon âge : je l’ignore au point que je l’ai laissé en blanc dans les Mémoires d’Outre-Tombe, destinés à ne paraître qu’après ma mort […] »
Chateaubriand à M. Paulmier, 3 mars 1832, cité par Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis. · Lire le passage
D’après Jean-Claude Berchet, le nouveau titre est retenu après la révolution de Juillet, quand l’ouvrage change d’ambition. Mais il date de juillet 1832 la formule de la préface testamentaire, que le texte imprimé date du 1er décembre 1833 ; le site n’a pas cherché plus loin (Jean-Claude Berchet, « Mémoires d’outre-tombe : histoire des manuscrits », BnF Essentiels).
Le texte qu’il voulait écrire
Ces pages ne sont pas seulement plus anciennes : elles annoncent un autre livre. Berchet parle d’une autobiographie intime, à la manière de Rousseau, quand les Mémoires d’outre-tombe seront l’histoire d’un homme et de son temps. Le début, supprimé plus tard, le dit lui-même :
« […] j’écris principalement pour rendre compte de moi à moi même […] »
Mémoires de ma vie, copie de 1826, NAF 12966, p. 2. · Lire le passage
« […] comme j’entreprends d’ailleurs, l’histoire de mes idées et de mes sentimens, plutôt que l’histoire de ma vie, je n’aurai pas autant de raisons de mentir […] »
Mémoires de ma vie, copie de 1826, NAF 12966, p. 5. · Lire le passage
Biré a regretté la disparition de ce début :
« Cette rédaction première, Chateaubriand, depuis 1826, l’a profondément remaniée. »
Edmond Biré, Appendice aux Mémoires d’outre-tombe, t. I. · Lire le passage
« […] pas une phrase, pas un mot, pour ainsi dire, du texte de 1826 ne subsiste dans les vingt-six pages du début de l’édition de 1849. »
Mme Lenormant, préface des Souvenirs d’enfance et de jeunesse de Chateaubriand, 1874. · Lire le passage dans Chateaubriand, Souvenirs d'enfance et de jeunesse de Chateaubriand
Le père y est aussi peint autrement, avec des lignes qui disparaîtront (« du reste les qualités de gentilhomme, le courage, la probité, l’honneur, brilloient chez lui au suprême dégré », p. 24), et la rédaction de 1826 raconte deux histoires de voleurs et la mort de Lucile que l’édition de 1849 ne garde pas à cette place (Mme Lenormant, préface).
1809-1822 : l’autographe
D’après Berchet, Chateaubriand avait rédigé onze livres quand il interrompit ce travail en 1822 ; le récit allait jusqu’à la fin de l’émigration. Seuls les trois premiers, achevés en 1817, nous sont connus : Saint-Malo, le collège, Combourg. Le reste a été récrit et détruit (Jean-Claude Berchet, « Mémoires d’outre-tombe : histoire des manuscrits », BnF Essentiels, et album de la BnF).
1826 : la copie de Mme Récamier
La copie est conservée sous la cote NAF 12966, en trois livres : le premier s’arrête à la page 120, le deuxième à la page 220, le troisième sur une dernière page sans numéro, après la page 325. Le catalogue de la BnF la dit « faite à la Vallée-aux-Loups en 1826, par Mme Récamier, M. et Mme Lenormand » ; Mme Lenormant, nièce de Mme Récamier, ne nomme pour sa part que sa tante et Charles Lenormant. Herriot y voit un travail fait sur le manuscrit de l’auteur.
« Le manuscrit qui le reproduit porte la date de 1826; il est à peu près tout entier de la main de madame Récamier, qui se fit seulement aider dans sa copie (pour un quart environ) par Charles Lenormant. »
Mme Lenormant, préface des Souvenirs d’enfance et de jeunesse de Chateaubriand, 1874. · Lire le passage dans Chateaubriand, Souvenirs d'enfance et de jeunesse de Chateaubriand
On distingue à l’œil au moins trois écritures : l’une, avec « étoit », aux pages 1 à 151 et 260 à 325 ; une autre, appliquée, avec « était » et « & », sur deux feuillets ajoutés au milieu du deuxième livre (151 bis et 151 ter, qui remplacent un passage biffé de la page 151) et jusqu’à la page 220 ; une ou plusieurs autres, d’allure différente, aux pages 221 à 259, qui portent une seconde numérotation à droite. Les pages qui ne sont pas de la première écriture font un tiers du volume, quand Mme Lenormant parle d’un quart. Le site a comparé à l’œil ces pages à deux textes donnés pour être de la main de Mme Récamier : une prière de Chateaubriand (Papiers, XI, f. 115, « de la main de Mme Récamier » pour le catalogue de la BnF) et un fragment des Études historiques (Papiers, XXIII, f. 222, d’après une note de Maurice Levaillant). La première écriture, celle de la plus grande partie du volume, leur ressemble beaucoup ; les deux autres non. C’est une ressemblance vue à l’œil, non une expertise, et les deux pièces de comparaison sont elles-mêmes attribuées. Elle s’accorde avec Mme Lenormant. Le site n’a pas d’échantillon sûr de Charles Lenormant ou de sa femme pour les autres écritures. Des mots ont été ajoutés après coup au-dessus de la ligne, d’une écriture parfois différente (p. 48, 291, 295).
Le troisième livre donne un repère : il dit que quatre années ont passé depuis le livre précédent, et il a été repris à Montboissier.
« Je suis maintenant à Montboissier […] »
Mémoires de ma vie, copie de 1826, NAF 12966, p. 222. · Lire le passage
Une lettre de Mme de Chateaubriand à Mme Récamier, un samedi matin, datée 1826 au crayon sur le manuscrit, la montre en effet à la Vallée-aux-Loups, et refuse d’aller l’y chercher : « il m’est impossible de revoir cette paisible retraite que la Restauration a enlevée à M. de Chateaubriand, qui ne s’en console pas » (la lettre et son image ; Papiers Récamier, II, NAF 14068, Gallica).
À la même époque, s’il faut en croire Delécluze, dont Herriot rapporte le témoignage, on lut à l’Abbaye-aux-Bois, devant quelques intimes, les pages sur la vie à Combourg, et l’auteur y essuya des larmes (Souvenirs de soixante années, passage non vérifié sur le livre de Delécluze).
Herriot compte aussi, parmi les papiers de Mme Récamier conservés dans les archives de M. de Loménie, une copie du seul premier livre : « 76 pages de 19 lignes à la page », de « Je me suis souvent dit » à l’abbé Porcher. C’est le cahier NAF 14083 : 38 feuillets écrits, du f. 2 au f. 39. Le site ne sait pas qui l’a écrit, ni quand : il n’est pas daté. Il semble postérieur à NAF 12966 (voir plus bas, « Les deux copies »).
1832-1840 : récrit, puis brûlé
À l’automne 1832, d’après l’album de la BnF, Chateaubriand récrit entièrement les Mémoires de ma vie, qui deviennent la première partie des Mémoires d’outre-tombe. En 1840, il fait brûler les états antérieurs, une fois la copie de Pilorge achevée. Il épargne les trois premiers livres autographes, et y ajoute une note sur la première page, dont la BnF donne deux transcriptions un peu différentes :
« Seule partie qui me reste du I er manuscrit de mes Mémoires écrit de ma propre main. Tout le reste, corrigé, raturé, a été brûlé après que Hyacinthe en a fait une copie complète (note écrite en 1840 au moment où j’achève de brûler tous mes papiers). »
Note autographe citée par Jean-Claude Berchet, « Mémoires d’outre-tombe : histoire des manuscrits », BnF Essentiels.
« Seule partie qui reste du I er manuscrit de mes mémoires écrits de ma propre main. »
La même note, dans la notice de l’album de la BnF.
Ces quelque trois cents feuillets ont été partagés dans la famille après sa mort, puis dispersés (Berchet). Mme Lenormant en signale chez M. Faugère :
« […] plusieurs feuillets d’un manuscrit autographe, exactement conforme à la copie que nous avons suivie, existent en la possession de M. Faugère. »
Mme Lenormant, préface des Souvenirs d’enfance et de jeunesse de Chateaubriand, 1874. · Lire le passage dans Chateaubriand, Souvenirs d'enfance et de jeunesse de Chateaubriand
Le catalogue de l’exposition du centenaire (Bibliothèque nationale, 1948) en montre d’autres : les pages 24, 26, 29-30 et 32 chez la comtesse de Durfort, la page 118 à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. La BnF en conserve aujourd’hui une partie : NAF 26232 (55 f., fragments des livres I, II et III, achetés en 1995) et NAF 26303 (4 f., collection Jean Lanssade). Ce ne sont pas les mêmes pages : NAF 26303 donne les pages 80-83, 110-111 et 116-117, que NAF 26232 n’a pas, et aucun des deux n’a les pages citées en 1948.
Un autre fragment est à Saint-Malo, à la médiathèque La Grande Passerelle (Ms 255) : douze pages de format oblong, numérotées 282 à 293. La notice du Catalogue collectif de France l’intitule « Partie du manuscrit autographe du livre III des « Mémoires de ma vie » rédigé au château de Montboissier en Août 1817 ». Ces pages viennent peu après la dernière de NAF 26232, la page 277. La notice en cite deux passages, le père qui traverse la salle le soir et les chouettes devant la fenêtre du donjon ; on les lit, à quelques graphies près, aux pages 245 et 252-253 de la copie. Le site n’a pas vu ce manuscrit : il n’en sait que ce que dit la notice.
Mme Lenormant dit l’autographe « exactement conforme » à la copie. Les quatre feuillets de NAF 26303, transcrits ici avec leurs images, disent autre chose. Les pages 80 à 83 passent presque mot pour mot dans la copie. Mais de longs passages sont barrés aux pages 110-111 et 116-117, et ils sont au présent, quand la copie les donne au passé :
« Le Perron fait face au nord. »
Autographe, NAF 26303, p. 116, passage barré. · Lire le passage dans Mémoires de ma vie
« […] le perron faisoit face au nord […] »
Copie de 1826, NAF 12966, p. 117. · Lire le passage dans Mémoires de ma vie
Ces passages ont donc été récrits avant la copie, sur des feuillets que le site n’a pas vus.
NAF 26232 est un brouillon très corrigé, aux passages biffés de traits. Le site en a regardé toutes les images, sans le transcrire. Sa numérotation n’est pas celle de la copie : sa page 60 répond à la page 63 de la copie, sa page 277 à la page 240. La table imprimée dans le volume, reprise ici, renvoie à l’édition des Mémoires de Berchet. La note de 1840 ne se voit pas sur ces fragments, qui commencent à la page 60. Les pages de la copie sont celles où l’on retrouve le début et la fin de chaque fragment.
| Pages de l’autographe | Feuillets de NAF 26232 | Mêmes passages dans la copie NAF 12966 | Image sur Gallica |
|---|---|---|---|
| 60 à 75 (premier livre) | 1 à 8 | p. 63 à 80 | vue 17 |
| 171 à 194 (deuxième livre) | 9 à 20 | p. 158 à 178 | vue 33 |
| 207 à 222 (deuxième livre) | 21 à 30 | p. 189 à 203 | vue 57 |
| 227 à 242 (deuxième livre) | 31 à 38 | p. 207 à 219 | vue 77 |
| 244-245 (troisième livre) | 39 | p. 221 | vue 93 |
| 248 à 277 (troisième livre) | 40 à 55 | p. 223 à 240 | vue 95 |
| 80 à 83 (premier livre, NAF 26303) | 1-2 | p. 85 à 88 | vue 3 |
| 110-111 (premier livre, NAF 26303) | 3 | p. 111 à 113 | vue 5 |
| 116-117 (premier livre, NAF 26303) | 4 | p. 116 à 119 | vue 6 |
Plusieurs blancs de la copie viennent de plus haut qu’elle : « à ces jeux que », puis un espace vide (copie, p. 172), et « de celui qui a dit à la mer : », puis un espace vide (copie, p. 213), sont déjà dans l’autographe. Chateaubriand comptait y revenir.
1849-1874 : de la nièce au public
À la mort de Mme Récamier, le 11 mai 1849, ses papiers vont à sa nièce, Mme Lenormant. M. de Loménie a connu la copie, et en avait signalé la supériorité (préface de 1874). Charles Lenormant publie en 1850 une étude sur les Mémoires, mais c’est seulement en 1874, chez Michel Lévy, que Mme Lenormant imprime le texte, sous le titre Souvenirs d’enfance et de jeunesse de Chateaubriand (préface datée de Bossieu, 1er septembre 1873). Elle y défend le premier jet contre la version finale :
« […] sous ses dernières touches on cherche en vain la virginité de l’esquisse sublime […] »
Mme Lenormant, préface des Souvenirs d’enfance et de jeunesse de Chateaubriand, 1874. · Lire le passage dans Chateaubriand, Souvenirs d'enfance et de jeunesse de Chateaubriand
Ce livre est dans la liseuse. La présentation de Droz signale une édition de 1948 : c’est l’année où la Société Chateaubriand annonçait, dans ses Cahiers, ce texte par M. et Mme Moulinier et Maurice Levaillant (Collas, compte rendu de 1948). Le site ne l’a pas consultée. Jean-Maurice Gautier l’a édité en 1976 sous le titre Mémoires de ma vie. Manuscrit de 1826 (Droz, Textes littéraires français, CCXXVII). L’éditeur annonce que seul ce volume suit exactement la copie (présentation).
La copie de 1826 et l’édition de 1874
Mme Lenormant dit avoir imprimé son livre sur cette copie, et elle la suit bien : son texte a les mots ajoutés au-dessus de la ligne (« on peut alors faire à pied le tour de la ville », p. 48 ; « je les voyois se jouer dans l’eau au coucher du soleil », p. 291 ; « sachant tout », p. 295). Mais le texte imprimé n’est pas celui du manuscrit. Les blancs y sont remplis, sans le dire, et des mots changés ou ajoutés. Plusieurs de ces ajouts se lisent aussi dans les Mémoires d’outre-tombe publiés. Elle les a donc peut-être pris là : c’est une hypothèse de ce site. Le relevé complet est dans la note du livre, qui dit lesquels.
| Page de NAF 12966 | NAF 12966 | Édition de 1874 |
|---|---|---|
| 28 | Mon père étoit agé de [blanc] | âgé de trente-cinq ans (p. 16) |
| 29 | le 4 octobre de l’année [blanc] | de l’année 1798 [sic] (p. 17) ; sa préface dit l’année laissée en blanc |
| 95 | Le 4 octobre de l’an… | de l’année 1775 (p. 51) |
| 97 | la pauvre femme dont le vœu m’avoit sauvé | dont la charité (p. 52) |
| 113 | une fenêtre s’ouvroit à chaque extrémité | Trois fenêtres (p. 60) |
| 118 | Mad. de Sévigné vantoit en 16.. | en 1669 (p. 62) |
| 143 | Ce meurtre me fit une impression extraordinaire, mon imagination… | ajoute « Quel étrange mystère dans le sacrifice humain ? » (p. 76) |
| 172 | à ces jeux que [blanc] | du commencement de la vie pareils en tous lieux (p. 91) |
| 213 | de celui qui a dit à la mer : [blanc] | Tu n’iras pas plus loin (p. 112) |
| 263 | ce mot est mon histoire | ce mot fut une révélation (p. 141-142) |
| 274 | la [blanc] du ramenteur des morts | La recherche du raccoleur des morts (p. 148) |
| 323 | Après vingt six ans d’absence (lecture douteuse) | Après quinze ans (p. 171) |
Les deux copies
NAF 14083 ne donne que le premier livre, dans une orthographe plus récente (« quel était le bonheur », f. 2 v°, où NAF 12966 écrit « quel étoit », p. 2). Il semble copié sur NAF 12966 déjà corrigé, ou sur un état qui en dérive : c’est une hypothèse de ce site, et voici ses raisons. Les mots ajoutés au-dessus de la ligne dans NAF 12966 sont dans le cours de son texte (« tristesse muette », p. 28 et f. 10 v° ; « On peut alors faire à pied le tour de la ville », p. 48 et f. 17 r°). Les blancs sont les mêmes (« âgé de », p. 28 et f. 10 v°). Enfin, le copiste saute une ligne entre deux « mer » : « par la pleine mer, de l’autre par la mer du », p. 48, devient « par la pleine mer du », f. 17 r°.
Là où les deux copies diffèrent, l’édition de 1874 suit NAF 12966 : « une mer », p. 30, quand NAF 14083 écrit « un mur », f. 11 v° (le crayon a corrigé « mer ») ; « de vin et de sucre », p. 42, pour « de vines de sucre », f. 15 r° ; « la Rance », p. 60, pour un blanc, f. 20 v° ; « Dol », p. 103, pour « Dole », f. 34 v°. Le tableau est dans la note du livre. Herriot range NAF 14083 parmi les papiers de Mme Récamier ; le site ne sait rien de plus sur la date de ce cahier.
Lire le texte
Les trois livres d’après la copie de 1826, page par page, à côté des images, et la copie NAF 14083 du premier livre ; l’édition de 1874 ; sur Gallica : la copie de 1826, le cahier NAF 14083, les fragments autographes (NAF 26303, transcrit ici).
La transcription a été lue sur les images, le texte de 1874 aidant pour les mots difficiles. Elle a ensuite été relue partout où elle s’écartait de ce texte par un mot de sens. Une lecture fautive qui coïnciderait avec le texte de 1874 aurait pu passer. Le texte de 1874 est celui de la liseuse (OCR). Elle n’a pas été relue par un second lecteur, et elle ne remplace pas l’édition de J.-M. Gautier (Droz, 1976), que le site n’a pas consultée.
Sources
Bibliothèque nationale de France : NAF 12966 (Gallica, btv1b108805382) et NAF 14083 (Gallica, btv1b10084490r), lus en entier ; NAF 26232 (Gallica, btv1b55007083r), regardé sans être transcrit ; NAF 26303 (Gallica, btv1b100897986), lu ; notices de ces manuscrits. Mme Lenormant, préface de 1874. E. Biré, Appendice au t. I des Mémoires d’outre-tombe, 1898. Jean-Claude Berchet, « Mémoires d’outre-tombe : histoire des manuscrits », BnF Essentiels ; « Les manuscrits des Mémoires de Chateaubriand », album de la BnF. É. Herriot, Madame Récamier et ses amis (bibliographie et ch. XIX), pour les faits. Chateaubriand, 1768-1848 : exposition du centenaire, Bibliothèque nationale, 1948. Présentation de l’édition Gautier, Droz, 1976 (édition non consultée).



