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L'Enchanteur 1768—1848
Châteaubriand Chapitre XI (suite 3)

Chapitre XI (suite 3)

Châteaubriand · 1 min de lecture · p. 402 · chapitre 19 sur 21

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Lyon : Périsse, 1851, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Nous l'avons observé déjà, l'amour de la popularité avait souvent égaré Chateaubriand dans un langage qui n'eût pas été son langage naturel : il en fut de même de quelques amitiés. Celle qui le liait à Armand Carrel s'explique par la nature chevaleresque des deux écrivains. Mais si élevé que soit le caractère du poète Béranger, si grand que soit son talent, on ne s'est pas facilement habitué à voir l'une dans l'autre la main qui écrivit le Génie du Christianisme, et celle qui crayonna les chants légers de Lisette et de Frétillon. Bien des gens penseront comme le vieux gentilhomme qui écrivait à Chateaubriand : • Réjouissez-vous d'être loué par celui qui a souffleté votre roi et votre Dieu. »

Les Mémoires d'Outre-Tombe ajouteront-ils à la gloire littéraire de Chateaubriand ? elle aurait pu s'en passer. Feront-ils aimer et estimer l'écrivain ? non, malheureusement. Les qualités et les défauts de l'écrivain se trouvent ici très-grands les uns et les autres ; mais celui qui ouvrit le siècle par le Génie du Christianisme, au sortir d'une atroce persécution ; celui qui chanta les Martyrs et écrivit l'Itinéraire de Paris à Jérusalem , celui-là, si quelque chose doit vivre de la langue que parlèrent Louis XIV, Bossuet et Fénelon , Racine et Voltaire, celui-là ne mourra jamais !

Fin