Lettres inédites de m. de Chateaubriand a l'auteur. Paris, 1*r décembre 1833
Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Lyon : Périsse, 1851, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.
Voilà, Monsieur, novembre expiré, et je n'ai point reçu votre second volume de Salvien1 : je l'attendais pour avoir l'honneur de vous remercier et de vous répondre. Votre traduction est'élégante, sans cesser d'être naturelle ; elle est surtout littérale, premier mérite, à mes yeux, de toute traduction. Il y a encore parmi les Pères de l'Eglise bien des richesses à faire connaître. Les Stromates de saint Clément d'Alexandrie sont, par exemple, remplis des trésors de l'antiquité. Je les indique, Monsieur, à vos travaux futurs, si vous possédez la langue grecque.
(1) Œuvres de Salvien, trad. en fr. avec le texte en regard, par Grégoire et Collombet; Lyon, 1833, 2 vol. in-8°. ↩
Je suis, en attendant votre beau et second présent, Monsieur, et avec une considération très-distinguée, votre très-humble et très-obéissant serviteur,
Chateaubriand
Paris, 12 février 1836.
J'aurais voulu, Monsieur, pouvoir vous remercier plus tôt de votre nouveau présent. Vos vieilleries1 sont toutes nouvelles, et votre traduction les rajeunit. Combien il serait à désirer que la jeunesse s'occupât en France de ces études sérieuses, au lieu de rêvasser ces vers outrés qui mènent trop souvent leurs auteurs détrompés au désespoir et au suicide ! Continuez-moi, je vous prie, votre affection. Rien ne pouvait me flatter davantage que cette déclaration de bons sentiments pour moi.
(1) Allusion à une expression de la lettre d'envoi des OEuvres de C. Apollinaris Sidonius, trad. en fr. avec le texte en regard, par Grégoire et Collombet; Lyon, 1836, 3 vol. in-8° ↩
Encore une fois remercîments les plus sincères de votre confrère le traducteur,