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L'Enchanteur 1768—1848
Armand Carrel, portrait par Hendrik Scheffer

Personnes

Armand Carrel

8 mai 1800 – 24 juillet 1836 · ,

Journaliste républicain, rédacteur en chef du National. Né à Rouen le jour même où Chateaubriand débarquait à Calais au retour de l’émigration (8 mai 1800), il a combattu en 1823 dans les rangs espagnols, contre l’armée de la guerre d’Espagne que Chateaubriand, ministre, avait voulue. La préface des Études historiques (1831), qui cite son récit de la guerre de Catalogne, les rapproche ; Carrel assiste au procès de 1833, Chateaubriand va le voir deux ou trois fois par semaine à Sainte-Pélagie (1834-1835), Carrel salue le premier l’Essai sur la littérature anglaise (1836). Blessé en duel par Émile de Girardin le 22 juillet 1836, il meurt le 24 à Saint-Mandé ; Chateaubriand suit le convoi, porte un coin du drap mortuaire, achète sa table de travail et paie l’entretien de sa tombe. Les Mémoires lui consacrent le chapitre 4 du livre XLII.

En bref

Naissance8 mai 1800, à Rouen (note de Biré, plaque de sa tombe).
Mort24 juillet 1836, à Saint-Mandé, chez un ancien camarade de l’École militaire, officier démissionnaire de la garde royale (Payra selon Biré, Peyra selon Louis Blanc) ; il demeurait à Paris rue Grange-Batelière, n° 7 (Biré).
SépultureCimetière nord de Saint-Mandé : statue de bronze par David d’Angers (en place en 1844, selon Louis Blanc) ; plaque « Armand Carrel, publiciste, né à Rouen le 8 mai 1800, mort à Saint-Mandé le 24 juillet 1836 ».
DivergenceMort : le 24 juillet 1836, « à cinq heures et demie », selon les Mémoires (livre XLII, chapitre 4) ; « dans la nuit du 24 juillet » selon Biré ; dans la nuit du 23 au 24 selon Louis Blanc ; le 25 selon Wikidata. Funérailles : « le mardi 26 » selon les Mémoires ; la lettre de Chateaubriand à Augustin Thierry datée du 26 juillet dit pourtant « j’ai vu hier mettre dans la tombe ce même jeune homme ». Duel : le 22 juillet à huit heures du matin (Mémoires), « de grand matin » le vendredi 22 (Louis Blanc), au bois de Vincennes ; le 21, au bord du lac de Saint-Mandé, selon Wikipédia. Son hôte de Saint-Mandé : Adolphe Payra (Biré), M. Peyra (Louis Blanc), Peyrat (Wikipédia). Première rencontre : 1831, par les Études historiques (livre XXXIV, chapitre 9) ; les rapports suivis datent « depuis 1832 » (livre XLII, chapitre 4) ; « déjà, en 1829, il tendait la main à Carrel », écrit Bardoux. Espagne : « pris sur le champ de bataille » (Mémoires) ; dans la capitulation offerte par le général de Damas en Catalogne (Biré, d’après Sainte-Beuve) ; Sainte-Beuve le place aussi à la Bidassoa, avec le drapeau tricolore. Visites à la tombe : « à chaque changement de saison » (Mémoires, 1839) ; « chaque année » (Villemain). Préfecture du Cantal (août 1830) : refusée tout de suite (Biré), acceptée puis refusée après une démarche de Guizot (Bonnet de Malherbe, cité par Biré).
Lien« Mon infortuné et brave ami Carrel » (Mémoires, livre XXII, chapitre 15) ; un adversaire politique devenu ami : « le serviteur de Henri V se promenait avec l’ennemi des rois » (livre XLII, chapitre 4).
Première rencontre1831 : Carrel vient le remercier de la préface des Études historiques, qui cite son récit de la guerre de Catalogne (livre XXXIV, chapitre 9).
RencontresCafé de Paris, avec Arago, Pouqueville et Béranger (septembre 1831) ; cour d’assises, à l’acquittement du 27 février 1833 ; Sainte-Pélagie, « deux ou trois fois par semaine » (1834-1835) ; rue d’Enfer ensuite (« M. Carrel venait me voir à son tour ») ; chez Augustin Thierry, à une lecture des Mémoires.
LettresDe Chateaubriand : 22 mars 1833 (publiée par Biré, 1898), 5 mai 1834 (Mémoires), 31 août 1834 (connue par la réponse) ; « il y a des billets de vous » parmi les papiers de Carrel. De Carrel : 4 octobre 1834, imprimée à la fin du Congrès de Vérone (1838) et dans les Mémoires.
Juillet 1836Le 22, duel ; le 23, Chateaubriand est écarté par le chirurgien ; le 24, Pilorge lui apprend la mort ; le 26, il suit le convoi auprès du père de Carrel, au bras d’Arago.
SouvenirsSa table de travail, achetée à la vente du 20 novembre 1836 ; l’article sur l’Essai sur la littérature anglaise, « écrit tout entier de sa main », que Chateaubriand conserve.
Dans les Mémoires53 mentions (relevé automatique) : livres XXII (15) ; XXXI (5) ; XXXII (2, 4) ; XXXIII (10) ; XXXIV (8, 9) ; XXXV (17, 26) ; XXXVIII (5) ; XXXIX (3) ; XLI (7) ; XLII (4) ; XLIII (6).
RéférenceWikidata Q574437
Correspondance2 lettres dans la Correspondance (1 écrite, 1 reçue).

Sa vie

Armand Carrel (1800-1836), ancien officier passé en Espagne avec les libéraux en 1823, fondateur du National avec Thiers et Mignet (1830), grande figure du journalisme républicain. Il est tué en duel par Émile de Girardin en juillet 1836.

Avec Chateaubriand

Chateaubriand admire son courage et son talent ; Carrel, de son côté, assiste à l’acquittement de l’auteur du Mémoire sur la captivité (février 1833), qui le remercie de « la généreuse part » qu’il y a prise. Le légitimiste suit le cercueil du républicain, paie l’entretien de sa tombe à Saint-Mandé et y retourne « à chaque changement de saison » (Mémoires, livre XLII, chapitre 4).

Rouen, 8 mai 1800

Chateaubriand rapproche la naissance de Carrel de son propre retour d’émigration :

« En 1800, lorsque je rentrai en France, j’ignorais que sur le rivage où je débarquais il me naissait un ami. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Chateaubriand débarqua à Calais le 8 mai 1800; le même jour, 8 mai, Armand Carrel naissait à Rouen. »

Edmond Biré, note aux Mémoires d’outre-tombe, t. VI, 1900. · Lire le passage

Le débarquement à Calais est daté du 8 mai par Mayer, du 6 par Collas (voir le journal, mai 1800). Les Mémoires disent la famille de Carrel « pieuse et royaliste » :

« M. Carrel appartient à une famille de Rouen pieuse et royaliste : la légitimité aveugle, et qui rarement distinguait le mérite, méconnut M. Carrel. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 9. · Lire le passage

« Fier et sentant sa valeur, il se réfugia dans des opinions généreuses, où l’on trouve une compensation aux sacrifices qu’on s’impose […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 9. · Lire le passage

L’édition Biré imprime « des opinions dangereuses » au lieu de « généreuses ».

1823 : dans l’autre camp de la guerre d’Espagne

En 1823, l’année de la guerre d’Espagne que Chateaubriand, ministre des Affaires étrangères, a voulue, le sous-lieutenant Carrel passe aux constitutionnels espagnols. Le portrait des Mémoires le résume en une phrase :

« Volontaire républicain en Espagne en 1823, pris sur le champ de bataille, condamné à mort par les autorités françaises, échappé à mille dangers […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 9. · Lire le passage

Biré précise : en Catalogne, la division du général de Damas détruit à Llers et à Llado (15 et 16 septembre) le petit corps étranger dont Carrel fait partie, et les survivants obtiennent une capitulation ; il cite Sainte-Beuve :

« […] n’échappèrent que grâce à une capitulation généreusement offerte par le général baron de Damas […] »

Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. VI, cité par Edmond Biré, note aux Mémoires d’outre-tombe, t. VI. · Lire le passage

Dans le Congrès de Vérone (1838), Chateaubriand le cite parmi ceux qui ont combattu sous un drapeau étranger :

« Benjamin Constant, aide de camp de Bernadotte, servait dans l’armée alliée, laquelle entra dans Paris, et Carrel a été pris les armes à la main dans les rangs espagnols. »

Chateaubriand, Congrès de Vérone, 1838. · Lire le passage

« La cause ne change point la question; avec la cause on justifierait tout […] »

Chateaubriand, Congrès de Vérone, 1838. · Lire le passage

Sainte-Beuve, qui le place à la Bidassoa, en tire argument contre la cohérence de Chateaubriand :

« […] le sous-lieutenant Carrel s’étant trouvé à la Bidassoa avec le drapeau tricolore pour y débaucher les soldats du drapeau blanc […] »

Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861. · Lire le passage

« […] il deviendra l’ami de Carrel, qui faillit être fusillé, après le passage de la Bidassoa […] »

Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858. · Lire le passage

Anatole France, en 1888, pose la même question en sens inverse :

« L’inspirateur de la guerre d’Espagne, le ministre qui l’avait rendue inévitable, Chateaubriand, n’avait-il pas servi sous Condé contre la France ? Et pourtant Chateaubriand était un homme d’honneur. »

Anatole France, « À propos de l’inauguration de la statue d’Armand Carrel à Rouen », La Vie littéraire, t. I.

L’historien de la guerre de Catalogne (1828-1831)

Revenu à Paris, Carrel devient le secrétaire d’Augustin Thierry :

« Ceux qui l’ont vu secrétaire d’Augustin Thierry, écrivant sous sa dictée et l’aidant à corriger ses épreuves, furent frappés de tout ce qu’il devint, en si peu de temps, sous un tel maître. »

Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858. · Lire le passage

« Armand Carrel avait publié dans la Revue française (mars et mai 1828) de remarquables articles sur l’Espagne et la guerre de 1823 […] »

Edmond Biré, note aux Mémoires d’outre-tombe, t. V, 1899. · Lire le passage

En avril 1831, la préface des Études historiques salue son Histoire de la contre-révolution en Angleterre et ce récit :

« […] des observations écrites à la lueur du feu du bivouac et des étoiles d’un ciel ennemi, entre le combat du soir et celui qui recommencera à la Diane. »

Chateaubriand, Études historiques, préface, 1831. · Lire le passage

« On sent dans M. Carrel une opinion fixe qui ne l’empêche pas de comprendre l’opinion qu’il n’a pas, et d’être juste envers tous. »

Chateaubriand, Études historiques, préface, 1831. · Lire le passage

« J’ai traversé l’Espagne; j’ai rencontré ces Arabes chrétiens auxquels la liberté politique est si indifférente, parce qu’ils jouissent de l’indépendance individuelle, et je n’ai retrouvé le peuple que j’ai vu que dans le récit de M. Carrel. »

Chateaubriand, Études historiques, préface, 1831. · Lire le passage

Les Mémoires font de cette préface le début de leurs relations :

« Mes Etudes historiques me mirent en rapport avec M. Carrel, comme elles m’ont fait connaître MM. Thiers et Mignet. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 9. · Lire le passage

« L’homme qui a pu écrire ces mots a de quoi sympathiser avec ceux qui ont foi à la Providence, qui respectent la religion du passé, et qui ont aussi les yeux attachés sur des débris. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 9. · Lire le passage

« M. Carrel vint me remercier. Il était à la fois le courage et le talent du National, auquel il travaillait avec MM. Thiers et Mignet. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 9. · Lire le passage

Le National et juillet 1830

Le National paraît le 3 janvier 1830, fondé par Thiers, Mignet et Carrel, qui devaient le diriger chacun une année (Biré). Chateaubriand reçoit le premier numéro avec un billet de Thiers, et met Carrel à part :

« […] je dois mettre à part M. Carrel : supérieur à MM. Thiers et Mignet, il avait la simplicité de se regarder à l’époque où je me liai avec lui, comme venant après les écrivains qu’il devançait : il soutenait avec son épée les opinions que ces gens de plume dégainaient. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXI, chapitre 5. · Lire le passage

Le 27 juillet, le préfet de police fait saisir les presses du journal :

« M. Mangin envoya saisir les presses du National ; M. Carrel résista ; MM. Mignet et Thiers, croyant la partie perdue, disparurent pendant deux jours […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXII, chapitre 2. · Lire le passage

Le 28, selon les Mémoires, Carrel se rend avec Thiers et Mignet à une réunion chez Guizot où le nom du duc d’Orléans aurait été prononcé pour la première fois (livre XXXII, chapitre 4). Le duc de Broglie, cité par Biré, le dément (« la réunion fut fortuite ; MM. Thiers et Mignet ne s’y trouvèrent pas ») et rapporte le mot de Carrel en arrivant :

« Tout est fini pour cette fois, nous dit-il tristement ; le gouvernement est maître du terrain; mais, patience, il n’est pas au bout! »

Duc Victor de Broglie, Souvenirs, t. III, cité par Edmond Biré, note aux Mémoires d’outre-tombe, t. V. · Lire le passage

Le 29 août 1830, il est nommé préfet du Cantal et refuse ; Biré l’explique par sa liaison avec une femme mariée, celle que les Mémoires laissent deviner :

« Il lui faut protéger une passion qui soutient sa vie et cet homme de coeur toujours prêt au grand jour à se jeter sur la pointe d’une épée, met devant lui des guichets et les ombres de la nuit […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 9. · Lire le passage

« Parti de Metz, j’ai traversé Verdun où je fus si malheureux, où demeure aujourd’hui l’amie solitaire de Carrel. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXVIII, chapitre 10. · Lire le passage

(Retour de Prague, juin 1833.)

1831 : le Café de Paris

En septembre 1831, venu de Genève pour vendre la maison de la rue d’Enfer, Chateaubriand dîne au Café de Paris avec Arago, Pouqueville, Carrel et Béranger, qui y chante « Chateaubriand, pourquoi fuir ta patrie ? » (livre XXXIV, chapitres 8 et 9 ; voir la fiche de Béranger, sur les versions de ce dîner). Le chapitre 9, daté des Pâquis le 26 septembre, réunit les deux portraits :

« M. Carrel n’est pas heureux : rien de plus positif que ses idées, rien de plus romanesque que sa vie. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 9. · Lire le passage

« M. de Béranger n’est pas obligé, comme M. Carrel, de cacher ses amours. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIV, chapitre 9. · Lire le passage

À la même époque, le jeune d’Haussonville, venu rue d’Enfer, croit le trouver chez Chateaubriand sur la foi de Pilorge, qui s’était trompé de visiteur (voir la fiche de Hyacinthe Pilorge) :

« C’est donc là M. Armand Carrel ? — Pas du tout ; je m’étais trompé, c’est M. L… »

Paul-Gabriel d’Haussonville, « L’Ambassade de M. de Chateaubriand à Rome en 1828 », Revue des Deux Mondes, 15 mai 1885.

1833 : le duel Roux-Laborie et le procès de la duchesse de Berry

En décembre 1832, Chateaubriand publie son Mémoire sur la captivité de madame la duchesse de Berry. Au début de 1833, la querelle sur la grossesse de la princesse, affirmée par Le National, tourne au défi entre royalistes et républicains ; Carrel choisit sur une liste M. Roux-Laborie fils, et se bat à l’épée le 2 février : il est blessé au ventre (Biré, Dumas). Les royalistes eux-mêmes vont prendre de ses nouvelles :

« Au nombre des vingt premiers noms portés sur la liste, on lisait ceux de la Fayette, de Chateaubriand, de Béranger, de Thiers et de Dupin. »

Alexandre Dumas, Mes Mémoires, t. X.

« […] on allait s’inscrire chez lui en foule, même les royalistes, entre autres M. de Chateaubriand. »

Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, t. II, 1863.

Selon Dumas, les témoins de Roux-Laborie demandaient un autre adversaire, les sentiments des légitimistes pour Carrel étant « bien plutôt des sentiments de reconnaissance » : il avait défendu M. de Chièvres, un Vendéen, en 1832. Chateaubriand y revient en 1837 :

« S’il eût succombé dans son duel contre le jeune Laborie, à propos de Henri V, sa mort aurait eu du moins une grande cause et un grand théâtre […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

Le 27 février, la cour d’assises acquitte Chateaubriand, poursuivi pour le Mémoire :

« Lorsque les jurés rentrèrent et prononcèrent non coupable, des applaudissements éclatèrent, je fus environné par des jeunes gens qui avaient pris pour entrer des robes d’avocats : M. Carrel était là. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXV, chapitre 26. · Lire le passage

Un mois plus tard, poursuivi à son tour, Carrel reçoit cette lettre, que Le National publie le 23 mars (Biré, qui l’imprime datée « 1832 ») :

« La généreuse part que vous avez prise à mon dernier procès me ferait un devoir de vous dire toute celle que je prends au vôtre, quand je ne serais pas, comme je le serai toujours, le zélé défenseur de la liberté de la presse. »

Chateaubriand à Armand Carrel, Paris, 22 mars 1833, publiée par Edmond Biré, Le Correspondant, 10 juillet 1898.

À Prague, le 29 mai, Charles X le taquine sur ce journal :

« Chateaubriand, savez-vous que le National, arrivé ce matin, déclare que j’avais le droit de faire mes ordonnances ? »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXVII, chapitre 12. · Lire le passage

En septembre, sur la route du second voyage, à Pontarlier :

« Je soupai à l’auberge du National : bon augure pour le journal de ce nom. Armand Carrel est le chef de ces hommes qui n’ont pas menti aux journées de Juillet. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXIX, chapitre 3. · Lire le passage

1834-1835 : « une vieille amitié », Sainte-Pélagie

Le 5 mai 1834, Chateaubriand remercie Carrel d’un article du National :

« Je ne vous remercie pas de vos éloges ; j’aime à les devoir à ce que je regarde à présent comme une vieille amitié. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Vous vous élevez bien haut, monsieur ; vous commencez à vous isoler comme tous les hommes faits pour une grande renommée […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

Condamné pour délit de presse, Carrel reçoit une lettre du 31 août, que les Mémoires ne donnent pas, et répond de Puteaux le 4 octobre 1834, avant d’entrer en prison :

« Oui, monsieur, me voici condamné à six mois de prison par la magistrature, pour un délit imaginaire et en vertu d’une législation également imaginaire […] »

Armand Carrel à Chateaubriand, Puteaux, 4 octobre 1834, dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« […] jeunes soldats que nous sommes d’une cause dont vous êtes le vétéran le plus glorieux. »

Armand Carrel à Chateaubriand, 4 octobre 1834, ibid.. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe

« Aussi, de tant de beaux exemples que vous avez donnés, monsieur, celui que j’ai le plus constamment sous les yeux est compris dans un mot : Persévérer. »

Armand Carrel à Chateaubriand, 4 octobre 1834, ibid.. · Lire le passage dans Le Congrès de Vérone

Armand Carrel en 1832, l'année où commencent, selon les Mémoires, ses rapports suivis avec Chateaubriand (médaillon en bronze signé « David 1832 »)
Armand Carrel en 1832, l'année où commencent, selon les Mémoires, ses rapports suivis avec Chateaubriand (médaillon en bronze signé « David 1832 ») — Pierre-Jean David d'Angers, 1832, musée Carnavalet, Paris (S322), CC0 (Paris Musées), via Wikimedia Commons

Chateaubriand imprime la lettre en 1838 à la fin du Congrès de Vérone, avec celles de Benjamin Constant et de Béranger :

« […] les hommes qui nous avaient été d’abord les plus adverses sont devenus nos amis; témoin MM. Béranger, Benjamin-Constant et Carrel. »

Chateaubriand, Congrès de Vérone, 1838, note finale. · Lire le passage

Béranger s’en étonne auprès d’un ami : le livre contient, « on ne sait pourquoi, des lettres de Constant, de Carrel et de moi » (lettre de 1838, éd. Boiteau, t. III). À Sainte-Pélagie :

« M. Carrel fut enfermé à Sainte−Pélagie ; j’allais le voir deux ou trois fois par semaine : je le trouvais debout derrière la grille de sa fenêtre. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Ensuite nous descendions M. Carrel et moi ; le serviteur de Henri V se promenait avec l’ennemi des rois dans une cour humide, sombre étroite, encerclée de hauts murs comme un puits. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« […] il combattait leurs idées, les gourmandait, les bravait, refusait noblement d’illuminer le 21 janvier […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Durant ses visites à Sainte-Pélagie, M. de Chateaubriand, qui souvent le voyait entouré de jeunes fanatiques aigris encore par des condamnations, lui sut gré d’avoir dédaigné leur exemple et refusé d’illuminer, le 21 janvier, sa cellule de prison. »

Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858. · Lire le passage

En 1841, il visitera Lamennais dans la même prison (livre XLIII, chapitre 6 ; voir la fiche de Lamennais).

1836 : l’Essai sur la littérature anglaise

« Délivré de sa captivité, M. Carrel venait me voir à son tour. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

L’Essai sur la littérature anglaise, paru en juin 1836, le met au-dessus des publicistes de la révolution anglaise :

« […] aucun publiciste de la révolution de 1649 n’approche de Sieyes, de Mirabeau, de M. Benjamin Constant, encore moins de M. Carrel : ce dernier, serré, ferme, habile et logique écrivain, a dans sa manière quelque chose de l’éloquence positive des faits […] »

Chateaubriand, Essai sur la littérature anglaise, 1836. · Lire le passage

Carrel en rend compte dans Le National :

« Quelques jours avant son heure fatale, il était venu m’apporter le numéro du National dans lequel il s’était donné la peine d’insérer un article relatif à mes Essais sur la littérature anglaise […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Depuis sa mort, on m’a remis cet article écrit tout entier de sa main, et que je conserve comme un gage de son amitié. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« […] n’est-ce pas Carrel, dans le National, qui a, le premier, annoncé l’Essai avec une cordialité sans réserve? »

Chateaubriand à F.-Z. Collombet, Paris, octobre 1836, dans Collombet, Chateaubriand, sa vie et ses écrits, 1851. · Lire le passage

Carrel était aussi venu entendre les Mémoires chez Augustin Thierry, passage Sainte-Marie, où avaient lieu des lectures (Augustin-Thierry, 1916) ; Chateaubriand le rappelle à Thierry au lendemain des funérailles (voir plus bas).

Le duel du 22 juillet 1836

La querelle avec Émile de Girardin, fondateur de La Presse, naît d’un article de Carrel du 20 juillet sur la presse à bon marché (Louis Blanc). Le 22, au bois de Vincennes, au pistolet, à quarante pas avec faculté d’avancer de dix pas chacun (Biré), Carrel marche sans s’effacer ; les deux adversaires tombent, Girardin blessé à la cuisse, Carrel au bas-ventre.

« Carrel tomba dans le bois qui vit tomber le duc d’Enghien : l’ombre du petit−fils du grand Condé servit de témoin au plébéien illustre et l’emmena avec elle. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« […] il employa la nuit à écrire ses dernières volontés, comme s’il eût été averti du résultat du combat. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« En passant à côté de M. de Girardin, il lui demanda s’il souffrait, noble et généreux jusqu’au bout. »

Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. V, 1844.

On le porte à Saint-Mandé chez un ancien camarade de l’École militaire :

« M. Adolphe Payra, officier démissionnaire de la garde royale […] »

Edmond Biré, note aux Mémoires d’outre-tombe, t. VI. · Lire le passage

« Armand Carrel a rendu le dernier soupir chez un officier de la garde royale qui n’a point prêté serment à Philippe […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

Chateaubriand vient le 23 ; le chirurgien l’écarte. Le 24, Pilorge lui apprend la mort :

« […] l’infortuné jeune homme avait expiré à cinq heures et demie, après avoir éprouvé des douleurs atroces […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Je regretterai éternellement de n’avoir pu voir Carrel sur son lit de mort […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Peu de jours avant sa mort, il disait :  » Je donnerais toute cette vie pour croire à l’autre.  » […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

Saint-Mandé, mardi 26 juillet 1836

Aux funérailles, le père de Carrel, venu de Rouen avec un de ses fils, embrasse Chateaubriand :

« Armand aurait été chrétien comme son père, sa mère, ses frères et soeurs : l’aiguille n’avait plus que quelques heures à parcourir pour arriver au même point du cadran. »

le père d’Armand Carrel, dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Je suivis le cercueil depuis la maison mortuaire jusqu’au lieu de la sépulture ; je marchais auprès du père de M. Carrel et donnais le bras à M. Arago […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« L’absence de la croix m’apprenait que le signe de mon affliction devait rester renfermé au fond de mon âme. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« […] royaliste et chrétien, j’ai eu l’honneur de porter un coin du voile qui recouvre de nobles cendres, mais qui ne les cachera point. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Chateaubriand, Arago, Cormenin, Béranger, furent aperçus en larmes autour de la fosse […] »

Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. V, 1844.

Le jour même, ou le lendemain (la lettre est datée du 26 juillet et parle de la veille), Chateaubriand écrit à Augustin Thierry :

« […] j’ai vu hier mettre dans la tombe ce même jeune homme plein d’avenir que j’avais vu chez vous attentif à l’histoire de ma vieille vie. »

Chateaubriand à Augustin Thierry, Paris, 26 juillet 1836, publiée par A. Augustin-Thierry, Revue des Deux Mondes, 1916.

« Je croyais bien que M. Carrel me survivrait ; mais mes malheureux cheveux blancs m’ont si souvent trompé que je ne croirai plus en eux. »

Chateaubriand à Augustin Thierry, 26 juillet 1836.

Le 8 août, à Juliette Récamier :

« Cet homme-là valait pourtant mille fois mieux que les trois quarts des hommes qui lui survivent. »

Chateaubriand à Juliette Récamier, Paris, 8 août 1836, dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance, 1859. · Lire le passage

La chambre fermée, la vente

Quelques jours après, il retourne à l’appartement de Carrel, où l’attend « une personne chère à M. Carrel » :

« Elle se leva, prit un tableau sur lequel était jeté un voile, ôta le voile et découvrit le portrait de l’infortuné fait quelques heures après sa mort par M. Scheffer. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le chapitre dans l'éd. Edmond Biré (autre rédaction)

« […] il avait beaucoup de penchant pour vous, monsieur, il n’estimait presque personne et ne conservait que peu de lettres, en voilà seulement quelques−unes, il y a des billets de vous […] »

l’amie de Carrel, dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le chapitre dans l'éd. Edmond Biré (autre rédaction)

« J’avais le coeur serré en contemplant ces livres, cette table, que j’ai achetée, cette plume […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le chapitre dans l'éd. Edmond Biré (autre rédaction)

La vente a lieu le dimanche 20 novembre 1836 ; ce matin-là, il écrit à la comtesse de Pierreclaud :

« Je ne puis aller chez vous ce matin parceque je vais à la vente de M. Carrel, je vous verrai demain lundi […] »

Chateaubriand à la comtesse de Pierreclaud, 20 novembre 1836, dans Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand. · Lire le passage

« On voit dans les journaux qu’il y acheta la table de travail du malheureux Carrel […] »

note du docteur Poumiès de la Siboutie, citée dans Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand. · Lire le passage

Le portrait de la fiche est celui d’Henry Scheffer (1833) ; Augustin Thierry écrit au peintre, à la fin de 1839, que Chateaubriand « a été très frappé des portraits de Carrel et de Mme Arago » (note de A. Augustin-Thierry, 1916).

La tombe de Saint-Mandé

En 1838, à la fin du Congrès de Vérone :

« J’ai accompagné M. Carrel au lieu de son repos; je suis retourné depuis au cimetière de Saint-Mandé, solitaire asile où nul autre homme que moi n’était debout. »

Chateaubriand, Congrès de Vérone, 1838, note finale. · Lire le passage

« […] sans parler du premier de tous à mes yeux, de Carrel, échappé des champs de la Catalogne et tombé à Vincennes. »

Chateaubriand, Congrès de Vérone, 1838. · Lire le passage

En 1839, il ajoute au chapitre des Mémoires :

« […] ayant visité, en 1837, la sépulture de M. Carrel, je la trouvai fort négligée, mais je vis une croix de bois noir qu’avait plantée auprès du mort sa soeur Nathalie. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« Je payai à Vaudran, le fossoyeur, dix−huit francs qui restaient dus pour des treillages ; je lui recommandai d’avoir soin de la fosse, d’y semer du gazon et d’y entretenir des fleurs. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

« A chaque changement de saison, je me rends à Saint−Mandé pour m’acquitter de ma redevance et m’assurer que mes intentions ont été fidèlement remplies […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

Les deux reçus du fossoyeur sont reproduits en note : dix-huit francs le 21 juin 1838, vingt francs pour l’entretien le 28 septembre 1839.

« Il n’en parlait pas sans émotion; et il allait chaque année visiter, dans le cimetière de Saint-Mandé, sa modeste tombe et en faire renouveler les fleurs funèbres. »

Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858. · Lire le passage

La tombe d'Armand Carrel au cimetière nord de Saint-Mandé : statue de bronze par David d'Angers, plaque « Armand Carrel, publiciste, né à Rouen le 8 mai 1800, mort à Saint-Mandé le 24 juillet 1836 » ; Chateaubriand y venait « à chaque changement de saison »
La tombe d'Armand Carrel au cimetière nord de Saint-Mandé : statue de bronze par David d'Angers, plaque « Armand Carrel, publiciste, né à Rouen le 8 mai 1800, mort à Saint-Mandé le 24 juillet 1836 » ; Chateaubriand y venait « à chaque changement de saison » — Photographie de Chabe01, 12 février 2021, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons ; recadrée

La tombe porte aujourd’hui une statue en bronze de David d’Angers ; Louis Blanc la mentionne en 1844 :

« L’illustre sculpteur David l’a fait revivre en bronze, et son tombeau est devenu le but d’un pèlerinage austère. »

Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. V, 1844.

La plaque du socle se lit : « Armand Carrel, publiciste, né à Rouen le 8 mai 1800, mort à Saint-Mandé le 24 juillet 1836 » (photographie de 2021). Aucune source consultée ne dit si Chateaubriand a contribué au monument.

Les juges

Le livre XXII le cite déjà pour son jugement sur 1814 :

« […] c’est l’opinion républicaine même, énoncée par mon infortuné et brave ami Carrel. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXII, chapitre 15. · Lire le passage

« Carrel, qui se souvient de vous ? les médiocres et les poltrons que votre mort a délivrés de votre supériorité et de leur frayeur, et moi qui n’étais pas de vos doctrines. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage

Sainte-Beuve, en 1849, n’y voit qu’une générosité facile :

« Il n’a fait d’exception que pour Béranger, qu’il a traité comme il a fait Carrel, c’est-à-dire en magnanime adversaire. »

Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861. · Lire le passage

« Chateaubriand fraternisait avec Carrel (sa foi monarchique à part); il y gagnait en popularité, et n’y perdait pas en laveur dans son propre parti […] »

Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861. · Lire le passage

Villemain, au contraire :

« Cette affection de M. de Chateaubriand pour Armand Carrel, était au reste, la plus naturelle et la plus vraie des amitiés nouvelles, que le changement du monde politique donnait à l’ancien ministre des Bourbons. »

Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858. · Lire le passage

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XXII, XXXI, XXXII, XXXIV, XXXV, XXXVII, XXXVIII, XXXIX, XLII et XLIII
Chateaubriand, Études historiques, 1831 ; Essai sur la littérature anglaise, 1836 ; Congrès de Vérone, 1838 (lettre de Carrel du 4 octobre 1834 et note finale)
Mémoires d’outre-tombe, éd. Edmond Biré, Paris, Garnier, 1898-1900 (notes) (lire sur le site · Internet Archive)
Edmond Biré, « La correspondance de Chateaubriand », II, Le Correspondant, 10 juillet 1898 (lettre du 22 mars 1833) (lire en ligne)
Lettres de Chateaubriand et d’Augustin Thierry, présentées par A. Augustin-Thierry, Revue des Deux Mondes, 1916 (Wikisource) (lire en ligne)
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, 1859 (lire sur le site · Project Gutenberg)
Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. V, chapitre 3, 1844 (Wikisource) (lire en ligne)
Alexandre Dumas, Mes Mémoires, t. X, chapitre 22 (Wikisource) (lire en ligne)
Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, t. II, 1863
Villemain, M. de Chateaubriand, sa vie, ses écrits, son influence, 1858 ; F.-Z. Collombet, Chateaubriand, sa vie et ses écrits, 1851
Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire sous l’Empire, 1861
Une gerbe de lettres inédites de Chateaubriand (lettre à la comtesse de Pierreclaud, 20 novembre 1836)
Anatole France, « À propos de l’inauguration de la statue d’Armand Carrel à Rouen », La Vie littéraire, t. I (Wikisource) (lire en ligne)
Comte d’Haussonville, « L’Ambassade de M. de Chateaubriand à Rome en 1828 », Revue des Deux Mondes, 15 mai 1885 (Wikisource)
A. Bardoux, Chateaubriand, 1893 ; Wikipédia, « Armand Carrel » (dates du duel, faits seulement)

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