Note sur ce texte
Ce livre donne, à côté de leurs images, les Mémoires de ma vie, commencés en 1809, dans les deux copies conservées à la Bibliothèque nationale de France : la copie de 1826, en trois livres (NAF 12966, 325 feuillets, Gallica, en couleur), et une autre copie du seul premier livre (NAF 14083, Papiers Récamier, XVII, Gallica). L'histoire de ces manuscrits est racontée sur la fiche.
Comment ce texte a été établi
Le texte a été lu à l'œil, page à page, sur les images de Gallica (novembre 2026), le texte imprimé en 1874 servant à déchiffrer les mots difficiles. Il a ensuite été comparé mot à mot à celui de 1874, et chaque écart de sens a été relu sur l'image, ce qui a corrigé plusieurs de nos lectures. Une erreur qui coïnciderait avec 1874 a pu passer, et les petits mots (« le », « ses », « à ») n'ont été relus qu'en partie. Un clic sur une image l'ouvre en grand. Il n'y a pas eu de second lecteur.
Le texte garde l'orthographe, les graphies des noms et la ponctuation telles qu'elles ont pu être lues : « étoit », « Apauline », « Géril », « parceque », et les fautes (« de de bonne heure »). La minuscule en début de phrase, très fréquente dans ce manuscrit, est gardée. Les guillemets du copiste sont rendus par „. Entre crochets, en gris : [blanc], un espace laissé vide ; [?], une lecture douteuse ; les corrections du manuscrit, signalées sans être toutes transcrites.
Les coupes de la table sont celles du site, à l'intérieur des trois livres du manuscrit, qui n'a pas de chapitres. Les numéros de page sont ceux écrits à l'encre en tête de chaque page ; le troisième livre en porte un second, à droite, jusqu'à la page 259. Au milieu du deuxième livre, la fin de la page 151 est biffée et reprise sur deux feuillets ajoutés, 151 bis et 151 ter. La fin, après la page 325, n'est pas numérotée.
Plusieurs écritures
On voit à l'œil au moins trois écritures : l'une, avec « étoit », aux pages 1 à 151 et 260 à 325 ; une autre, appliquée, avec « était » et « & », aux pages 151 bis à 220 ; une ou plusieurs autres, d'allure différente, aux pages 221 à 259 ; la dernière page encore autrement. Les pages qui ne sont pas de la première écriture font un tiers du volume. Le catalogue de la BnF dit la copie « faite à la Vallée-aux-Loups en 1826, par Mme Récamier, M. et Mme Lenormand » ; Mme Lenormant parle de sa tante, aidée « pour un quart environ » par Charles Lenormant. Comparée à l'œil à deux textes donnés pour être de la main de Mme Récamier (Papiers, XI, f. 115 ; XXIII, f. 222), la première écriture leur ressemble beaucoup, les deux autres non. Ce n'est pas une expertise ; les pièces de comparaison sont elles-mêmes attribuées (voir la fiche).
La copie de 1826 et l'édition de 1874
Mme Lenormant dit avoir imprimé son livre sur cette copie, et c'est bien elle qu'elle suit, non NAF 14083 (tableau suivant). Mais le texte imprimé n'est pas celui du manuscrit. Il reprend les mots ajoutés au-dessus de la ligne (p. 48, 291, 295, entre autres), mais les blancs y sont remplis, et des mots changés ou ajoutés. La dernière colonne dit si les mots imprimés en 1874 se lisent aussi dans les Mémoires d'outre-tombe publiés (texte de la BnF, recherche exacte) : plusieurs ajouts en viennent donc peut-être, ce que Mme Lenormant ne dit pas (hypothèse de ce site). Une partie de ces écarts peut aussi être une lecture différente du manuscrit. Le relevé porte sur les écarts les plus nets et n'est pas complet. Les pages de 1874 sont celles du texte de la liseuse (OCR).
| Page | NAF 12966 | Édition de 1874 | Dans les Mémoires ? |
|---|---|---|---|
| 8 | les quatre terres de Beaufort de Guérande ... [blanc] en Bretagne | de Beaufort, de la Guérande, de Combourg, de Portrie en Bretagne (p. 5) | non |
| 28 | Mon père étoit agé de [blanc] | âgé de trente-cinq ans (p. 16) | oui |
| 29 | le 4 octobre de l'année - [blanc] | de l'année 1798 (sic ; sa préface dit le blanc) (p. 17) | — |
| 31 | les vers de Lucrèce. ---- (non copiés) | les quatre vers : Tum porro puer… (p. 18) | oui |
| 48 | de l'autre par la mer du [mot effacé] | de l'autre elle est lavée par le flux (p. 27) | non |
| 55 | des espèces de foires qu'on appelle des assemblées qui se tiennent dans des isles et sur des forts aux environs de la ville | des espèces de foires aux environs de la ville (p. 30) | — |
| 83 | mes camarades au régiment | au régiment de Navarre (p. 44) | oui |
| 95 | Le 4 octobre de l'an ... | de l'année 1775 (p. 51) | oui |
| 97 | la pauvre femme dont le vœu m'avoit sauvé | dont la charité m'avait sauvé (p. 52) | non |
| 99 | les graces que cette bénédiction devoit répandre | cette communion (p. 53) | non |
| 110 | un bouquet de vieux marronniers. au fond de la cour | un bouquet de vieux marronniers, à gauche un autre bouquet de marronniers (p. 59) | oui |
| 113 | une fenêtre s'ouvroit à chaque extrémité | Trois fenêtres s'ouvraient (p. 60) | — |
| 118 | Mad. de Sévigné vantoit en 16.. | en 1669 (p. 62) | oui |
| 143 | son souvenir au lieu de s'éteindre en moi ne fait qu'augmenter | au lieu de décroître, s'augmente avec le temps (p. 76) | oui |
| 143 | Ce meurtre me fit une impression extraordinaire, mon imagination | ajoute Quel étrange mystère dans le sacrifice humain ?… (p. 76) | oui |
| 172 | étoit consacré à ces jeux que [blanc] | à ces jeux du commencement de la vie pareils en tous lieux (p. 91) | oui |
| 213 | de celui qui a dit à la mer : [blanc] | Tu n'iras pas plus loin : Non procedes amplius. (p. 112) | oui |
| 227 | même pendant la tenue des états | pendant le temps des états (p. 121) | — |
| 243 | un naufrage sur la côte d'Espagne : c'étoit alors qu'il avoit traversé ces nobles royaumes… | phrase omise (p. 130) | — |
| 263 | tu devrois peindre tout cela : ce mot est mon histoire | ce mot fut une révélation (p. 141) | non |
| 273 | on la jeta dans le cimetière de [blanc] | dans un cimetière (p. 147) | — |
| 274 | la [blanc] du ramenteur des morts | la recherche du raccoleur des morts (p. 148) | non |
| 305-306 | lorsque je revenois de mes courses sauvages, on m'auroit plutot tué | ajoute et que je l'apercevais sur le perron (p. 163) | non |
| 309 | fruit de cette vie extraordinaire | de cette vie désordonnée (p. 165) | oui |
| 319-320 | le lendemain à huit heures du matin, mon père m'attendoit | ajoute on m'envoie chercher (p. 169) | oui |
| 323 | Après vingt six ans d'absence (lecture douteuse) | Après quinze ans (p. 171) | — |
| 325 | un voyageur guidé par ces mémoires, viendra visiter | voudra-t-il visiter (p. 172) | oui |
Plusieurs blancs viennent de plus haut que la copie : aux pages 172 et 213, l'autographe (NAF 26232, images 51 et 86 du PDF) s'arrête lui aussi sur « à ces jeux que » et « à la mer : ». L'auteur comptait y revenir.
L'autographe et la copie
Mme Lenormant dit l'autographe « exactement conforme » à la copie. Ce n'est vrai que d'une partie des pages que le site a lues (NAF 26303). Les pages 80 à 83 passent presque mot pour mot dans la copie (p. 85 à 88 ; « m'a paru toujours » y devient « m'a toujours paru »). Mais de longs passages sont barrés aux pages 110-111 et 116-117, et ils sont au présent (« Le Perron fait face au nord », « on voit à droite un puits »). La copie les donne au passé (« le perron faisoit face au nord », p. 117 ; « où l'on remarquoit un puits », p. 113) ; à la page 116, elle fait suivre « voilà le chateau de Combourg ! » du souper et de la nuit (« Un large et bon souper… »), absents ici à cet endroit. Ces passages ont donc été récrits avant la copie, sur des feuillets que le site n'a pas vus.
Les noms
Mme Lenormant corrige aussi les noms : « Géril » et « Joson » deviennent Gesril, « Apauline » Apolline, « l'abbé Egaux » Leprince (p. 126 ; p. 67 de 1874) ou Legay (p. 121 ; p. 65 de 1874).
Les deux copies
La comparaison mot à mot du premier livre compte environ 240 écarts, surtout de graphie. NAF 14083 modernise l'orthographe (« quel était », f. 2 v°, pour « quel étoit », p. 2), et s'écarte de NAF 12966 par ce qui ressemble à des fautes de lecture (tableau), où l'édition de 1874 suit NAF 12966. Il reprend dans le cours du texte des mots ajoutés au-dessus de la ligne dans NAF 12966 (« tristesse muette », p. 28 et f. 10 v° ; « On peut alors faire à pied le tour de la ville », p. 48 et f. 17 r°), en garde les blancs (« âgé de », f. 10 v°), et saute d'une « mer » à l'autre (« par la pleine mer, de l'autre par la mer du », p. 48 ; « par la pleine mer du », f. 17 r°). Il a donc sans doute été copié sur NAF 12966 déjà corrigé, ou sur un état qui en dérive : c'est une hypothèse de ce site. Sa date et sa main ne sont pas établies.
| NAF 12966, page | Lecture | NAF 14083, f. | Lecture |
|---|---|---|---|
| 6 | sous la lance de Bayard (corrigé en surcharge) | 4 r° | dans la lance |
| 7 | les actes des ducs de Bretagne | 4 r° | les actes des états de Bretagne |
| 8 | Beaufort de Guérande | 4 v° | Beaufond de Guérande |
| 12 | Langégu | 5 v° | Langeac |
| 30 | donne sur une mer | 11 v° | donne sur un mur (au crayon, au-dessus : « mer ») |
| 42 | elle me bourroit de vin et de sucre | 15 r° | de vines de sucre |
| 60 | à l'embouchure de la Rance | 20 v° | à l'embouchure de la [blanc] |
| 103 | collège de Dol | 34 v° | collège de Dole |