Aller au contenu
L'Enchanteur 1768—1848
Châteaubriand III. Paris, octobre 1836

III. Paris, octobre 1836

Châteaubriand · 2 min de lecture · p. 407–408 · chapitre 21 sur 21

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Lyon : Périsse, 1851, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Encore des remercîments, Monsieur, et cette. fois, je vous en dois de deux espèces, pour votre traduction de Synésius et pour vos articles bienveillants sur moi. Il y a dans la traduction de Milton bien d'autres fautes que celles que vous avez indiquées avec indulgence; je connais deux ou trois contre-sens, et peut-être y en a-t-il d'autres que je ferai disparaître à la prochaine édition. Cela était inévitable dans un poème aussi long, et avec un pareil génie. Croiriez-vous que dans le passage où vous ne voudriez pas retranché, cut off, je ne pouvais pas mettre coupé1 , ) aucun traducteur n'a rendu cette phrase admirable : Universal blank of nature's

(1) Nous avions souligné le mot retranché, non pas que nous eussions voulu le remplacer par un autre, mais à cause de l'irrégularité de la construction, d'une ellipse un peu violente. Ainsi, au lieu de dire avec Chateaubriand : « Retranché des agréables voies des humains, le livre des belles connaissances ne me présente qu'un blanc universel, etc.; • nous eussions voulu mettre : Retranché que je suis ; mais nous n'avions fait que souligner retranché et livre; M. de Chateaubriand se méprit sur notre pensée. ↩

works ?

Je ne suis point du tout offensé de trouver mon nom dans le Courrier de Lyon: n'est-ce pas Carrel, dans le National, qui a, le premier, annoncé l'Essai avec une cordialité sans réserve? J'ai loué tous les talents particuliers de l'école romantique, dont je suis un des fauteurs, mais j'ai été sévère pour l'école même, car elle perd la langue et nous mène à la barbarie par l'extravagance ou par une ennuyeuse rêvasserie. Oui, Monsieur, j'ai le malheur de ne pas croire à l'avenir des renommées semblable à celle des auteurs grecs et latins. Soyez sûr que dans les langues qui naîtront, on ne traduira jamais les auteurs français, anglais, italiens, etc., comme * us avez traduit du grec Synésius. Pour mon compte, je me tiens poDr déjà mort, et j'en suis tout consolé : rien de plus chimérique que la renommée, et de plus contesté, et de plus inutile.

Il est vrai, Monsieur, que le morceau sur Luther est repris en partie des Etudes historiques, mais il est fort augmenté : toute la vie de Luther et ses querelles avec Henri VIII ne sont point dans les Etudes. Robertson a transporté dans son Commerce des anciens aux Indes des morceaux entiers de son introduction à la Vie de Charles-Quint. « Pourquoi, dit-il, me donnerais-je la peine de mettre en d'autres mots un sujet que j'ai déjà traité, et qui me convient ici ? »

Voilà une trop longue lettre, Monsieur; pardonnez-la au plaisir que j'ai à causer avec vous. Recevez encore mes remerciments les plus sincères,

Chateaubriand

Je prie M. Grégoire de recevoir aussi sa part de ma reconnaissance; Madame de Chateaubriand est bien flattée de l'honneur que lui a fait M. Collombet1.

(1) Allusion à la dédicace d'une Vie de sainte Térèse. ↩

IV.

Paris, 20 décembre 1836. Je voulais , Monsieur, entrer dans quelques détails avec vous ; mais je suis souffrant d'un gros rhume qui m'empêche

Echéance Date Due

papd

1 5 mar'of

CE

Coo Collombet, f chateaubrian