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L'Enchanteur 1768—1848

Mort de son père à Combourg

René-Auguste de Chateaubriand meurt d’apoplexie à Combourg, un mois après le départ de son fils cadet, qui apprend la nouvelle à Cambrai. Le château passe à Jean-Baptiste ; François-René, cadet, n’hérite que d’une part modeste.

Chateaubriand, alors au régiment de Navarre à Cambrai, apprend la nouvelle par Lucile. Son père est mort le surlendemain de la fête de l’Angevine, l’une des joies de son enfance. Les Mémoires recopient l’acte de sépulture du registre de Combourg :

« […] mort en son château de Combourg, le six septembre, environ les huit heures du soir, a été inhumé le huit […] »

Registre des décès de la paroisse de Combourg, 1786, cité par Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 5. · Lire le passage

Il note que, dans la copie délivrée en 1812 par le maire de Combourg, les titres « haut et puissant messire » ont été biffés. Puis vient le regret :

« Je pleurai M. de Chateaubriand : sa mort me montra mieux ce qu’il valait ; je ne me souvins ni de ses rigueurs ni de ses faiblesses. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 6. · Lire le passage

« Quand mon père mourut, mes camarades au régiment de Navarre furent témoins de mes regrets. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 5. · Lire le passage

Six mois plus tard, le notaire dresse l’inventaire du château en présence de la veuve et des six enfants : voir la dernière réunion de famille à Combourg.

D’après Georges Collas, « La jeunesse de Chateaubriand à Fougères et à Paris (1786-1791) », Annales de Bretagne, 1919, qui a retrouvé les actes du notaire : aucun des siens n’est auprès du comte. Sa femme et Lucile sont à Saint-Malo depuis plusieurs jours,

« […] pour s’y faire traiter de la fièvre et faire les provisions de son hôtel […] »

Acte notarié de 1786, cité par Collas (1919).

L’inhumation du 8 septembre, dans l’enfeu seigneurial, n’a pour témoins que le recteur de Combourg, le doyen de Dingé, des gentilshommes du voisinage et des gens de loi. Le 23 septembre, l’inventaire de la maison de Saint-Malo, rue des Grands-Degrés, se fait devant la veuve et le fils aîné ; le chevalier n’y est pas nommé, ce qui ne prouve pas qu’il ne soit pas déjà arrivé de Cambrai. Les Mémoires réunissent aussitôt la famille à Combourg pour les partages : la réunion n’a lieu qu’en mars 1787, pour l’inventaire.

Ce que laissait le comte, d’après l’inventaire : il avait doté chacune de ses trois filles aînées de 30 000 livres, remis 160 000 livres à son fils aîné (on en trouve le récépissé dans son cabinet) et cent louis au chevalier pour son entrée au régiment (les « cent louis » des Mémoires, voir l’entrée de 1786). Dans sa chambre, une argenterie estimée 7 369 livres, 10 752 livres en doubles louis d’or neufs dans un sac et 20 400 livres en argent blanc réparties en quinze « pochons » ; lettres de change et recouvrements font encore 57 092 livres. Combourg avait été payé 370 000 livres en 1761 (Collas, d’après les Archives d’Ille-et-Vilaine).

Son monde ce jour-là

Âge 18 ans 0 mois, 2 jours
Régime Ancien Régime : monarchie absolue 04.IX.1768 → 13.VII.1789
Chef de l'État Louis XVI, roi de France puis roi des Français 10.V.1774 → 10.VIII.1792
Où il vit
Fonctions
Œuvres publiées 0

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