Six mois après la mort du père, la mère et ses six enfants se retrouvent au château pour l’inventaire de la succession ; Jean-Baptiste reçoit les clefs.
Le notaire Raphaël-François Labbé, qui avait posé les scellés le 12 septembre 1786, dresse du 3 au 13 mars 1787 l’inventaire estimatif du château, en présence de la veuve, de Jean-Baptiste, nouveau comte, de François-René (assisté de son curateur, le sénéchal Gesbert de la Noë-Seiche), des Marigny, des Chateaubourg, de Julie de Farcy (munie de la procuration de son mari) et de Lucile. Les papiers de commerce du père remplissent quarante liasses ; Jean-Baptiste garde, sans inventaire, les titres de noblesse et les archives. Le mobilier du château est estimé à environ 7 000 livres, la succession hors Combourg à 265 260 livres. Le 13 mars, la mère renonce à la donation mutuelle de 1753 et le notaire remet les clefs à Jean-Baptiste (Collas, 1921, d’après les Archives d’Ille-et-Vilaine).
Chateaubriand, qui avait suivi la chasse du roi le 19 février 1787, est donc revenu à Combourg au début de mars (Collas).
Ce que contient le château, d’après les inventaires de 1787, 1793 et 1794 analysés par Georges Collas (Annales de Bretagne, 1921) : point de salon, mais la grande salle, à la fois salon et salle à manger, avec sa cheminée, ses portraits et le tableau d’Hector tué par Achille sous les murs de Troie ; ses douze fauteuils sont estimés ensemble 30 livres, tout le mobilier de la salle 318 livres. Au-dessus, l’appartement de Mme de Chateaubriand, avec ses glaces de Venise ; la « chambre de la reine Christine », dans la grosse tour du Nord, et son lit de sept pieds en tous sens ; la chambre des armoiries, la chapelle, les archives et leurs six grandes armoires, un billard ; le carrosse doré, estimé 600 livres.
La chambre du père est à peine meublée : un lit à rideaux de toile blanche estimé 60 livres avec son matelas, un fauteuil de velours rouge, une petite table de marbre, et d’immenses armoires fermées à clef, où il tenait sa garde-robe, son argenterie, ses sacs de louis d’or et d’écus, son sucre et sa bougie. Lucile n’a dans son cabinet qu’un petit lit à rideaux d’indienne, une table et quatre chaises de velours rouge. La chambre du chevalier, en haut de sa tourelle, n’a apparemment pas de feu : un lit garni estimé 200 livres, une tapisserie, deux tables, un fauteuil (Collas).
En 1787, le mobilier du château vaut au total environ 7 000 livres ; à titre de comparaison, Collas trouve dans l’inventaire de la marquise de Châteaugiron, morte en 1762, un mobilier d’environ 31 000 livres. Le pied-à-terre de Saint-Malo, où Mme de Chateaubriand passe quelques semaines vers Pâques, est meublé pour 1 963 livres.