Poète et critique, connu à Paris en 1789 et retrouvé dans l’exil, à Londres (1797-1798) : « le premier ami que j’aie compté dans ma vie », celui qui fait de l’émigré un écrivain. Il le ramène dans Paris en 1800, lui ouvre le Mercure, annonce Atala et le Génie du christianisme et, président du Corps législatif puis grand maître de l’Université, le protège auprès de Bonaparte. Il meurt à Paris le 17 mars 1821, pendant l’ambassade de Berlin.
En bref
| Naissance | 6 mars 1757 — Niort |
|---|---|
| Mort | 17 mars 1821, à Paris (la famille demeure alors rue du Faubourg-Saint-Honoré, n° 57, adresse des lettres de 1820-1821) ; Chateaubriand, ambassadeur à Berlin, écrit encore le 27 mars pour avoir des nouvelles. « Un chagrin profond, la mort tragique d’un fils, l’a jeté dans la tombe avant l’heure » (Mémoires, livre XI, chapitre 3). |
| Sépulture | Cimetière du Père-Lachaise (37e division), auprès de Saint-Marcellin, tué en duel en 1819 (Mémoires, livre XXIII, chapitre 9 ; Sainte-Beuve) ; la duchesse de Lévis, amie de Céleste, repose au-dessus de lui. |
| Divergence | Mort : 17 mars 1821 selon la notice de Roger (1837) et Wikidata ; « le samedi 17 mars, à sept heures sonnantes du matin » selon Sainte-Beuve (1839) ; 18 mars selon la BnF. Première attaque : nuit du 10 au 11 mars selon Sainte-Beuve ; « en février 1821 » selon Pailhès (1910). |
| Lien | « Le premier ami que j’aie compté dans ma vie », qui « a marché vingt-trois ans à mes côtés » (Mémoires, livre XI, chapitre 3) ; son guide dans les lettres, son répondant auprès d’Élisa Bacciochi et de Bonaparte. Il a onze ans de plus que lui (né à Niort le 6 mars 1757). |
| Première rencontre | 1789, à Paris, chez Delisle de Sales : « Flins me fit connaître Fontanes » (Mémoires, livre IV, chapitre 11). Fontanes lui fait faire, cette année-là, « un dîner fort gai » avec Ginguené, Flins et Parny (note de Chateaubriand sur l’Essai, citée par Sainte-Beuve et Pailhès). |
| Londres | Proscrit au 18 fructidor (4 septembre 1797), Fontanes passe par l’Allemagne en Angleterre ; logé auprès de Chateaubriand, « nous ne nous quittions plus ». Il repart pour l’Allemagne avant le 28 juillet 1798, date de sa première lettre. |
| Paris | 8 mai 1800, de Calais : « Je descendrai chez vous ». Fontanes le présente à sa femme et le conduit chez Joubert (Mémoires, livre XIII, chapitre 3) ; Élisa Bacciochi obtient, « à la prière de M. de Fontanes », sa radiation de la liste des émigrés (livre XXVIII, chapitre 18). |
| Domiciles de Fontanes | Rue Saint-Honoré, « aux environs de Saint-Roch » (1800 ; « près le passage Saint-Roch » sur une lettre de 1801) ; rue des Petits-Augustins, hôtel de La Rochefoucauld (1803) ; Boulogne, près de Paris (septembre 1804) ; rue du Faubourg-Saint-Honoré, n° 57 (1820-1821) : adresses des lettres publiées par Pailhès. |
| Fonctions | Président du Corps législatif du début de 1804 au début de 1810 (Sainte-Beuve) ; grand maître de l’Université, nommé en septembre 1808, en fonctions en 1809 (Roger) ; sénateur (1810), pair de France (4 juin 1814) ; la grande maîtrise est supprimée en février 1815 (Roger). |
| Autographes | Lettres de Chateaubriand à Fontanes : 25 lettres autographes, du 15 août 1798 au 15 juillet 1819, Bibliothèque de Genève, Ms. fr. 208, f. 1-53 (notice du catalogue) ; Pailhès en publie les lettres de 1798 à 1804 d’après ces originaux, avec trois lettres de Fontanes (28 juillet 1798, 3 octobre 1803, novembre 1803), dont deux sont aussi dans les Mémoires (livre XI, chapitre 3 ; livre XV, chapitre 6). |
| Surnoms | Chateaubriand signe « La Sagne » ses lettres de 1800, du nom d’emprunt de son retour ; il appelle Fontanes « mon cher enfant ». Fontanes rebaptise la Vallée-aux-Loups « Val-de-Loup » (Cahier rouge de Céleste) ; c’est l’adresse des lettres de Chateaubriand de 1808 à 1812. |
| Après 1821 | Chateaubriand se dit « l’éditeur et l’historien » de son ami (31 mars 1821) ; il ne rédigera pas la notice, mais ouvre les Œuvres de 1839 par une lettre à Christine de Fontanes, « la fille de mon meilleur ami », dont il avait signé l’acte de naissance. |
| Dans les Mémoires | 91 mentions (relevé automatique) : livres III (7) ; IV (11, 12) ; V (14) ; VII (2) ; IX (6) ; X (11) ; XI (3, 4, 5) ; XII (6) ; XIII (3, 6, 7, 9, 11) ; XIV (3, 5, 8) ; XV (6, 7) ; XVI (1) ; XVII (4) ; XVIII (1, 5, 6, 8, 9) ; XXII (10) ; XXIII (9) ; XXVI (3) ; XXVII (3) ; XXVIII (18) ; XXIX (7, 9, 14) ; livre « Madame Récamier ». |
| Référence | Wikidata Q1296217 |
| Correspondance | 69 lettres dans la Correspondance (36 écrites, 33 reçues). |
Sa vie
Né à Niort le 6 mars 1757, poète élégant et néoclassique, Louis de Fontanes traverse la Révolution, s’exile à Londres après le 18 Fructidor, puis rallie Bonaparte, dont il devient l’orateur officiel. Président du Corps législatif, grand maître de l’Université impériale à partir de 1808, sénateur, il se rallie aux Bourbons en 1814. Il meurt en mars 1821.
Proscrit au 18 fructidor (1797), il passe par l’Allemagne en Angleterre, où il retrouve l’émigré. Rentré en France, il devient président du Corps législatif (1804-1810), grand maître de l’Université impériale (nommé en 1808, jusqu’à la suppression de la charge en février 1815) et sénateur (1810). Pair de France en 1814, il quitte Paris pendant les Cent-Jours, puis est nommé ministre d’État (notice de Roger). Son œuvre, dispersée, est réunie en 1839 par sa fille Christine, avec une notice de Roger et une étude de Sainte-Beuve.
Avec Chateaubriand
Ils se connaissent à Paris vers 1789 et se retrouvent à Londres en 1798 : Fontanes fait de l’émigré un écrivain, lui ouvre le Mercure, le ramène en France en 1800 et le protège ensuite auprès du pouvoir impérial. La lettre de 1799 sur la conversion lui est adressée.
À Londres, il entend les Natchez, Atala et René ; il encourage le Génie du christianisme, dont il fait, selon Sainte-Beuve, retarder la publication pour une « entière retouche ». En 1800, il guide l’émigré dans Paris et le présente à Élisa Bacciochi ; sous l’Empire, sa position protège l’écrivain opposant. Sous la Restauration, Chateaubriand s’éloigne un moment de lui (Pailhès), mais il lui rend hommage à sa mort, en mars 1821, et dit lui devoir « ce qu’il y a de correct dans mon style ».
1789 : la rencontre par Flins
En 1789, Chateaubriand fréquente à Paris le cercle de Delisle de Sales. Il y rencontre Carbon Flins des Oliviers, qui lui présente son ami :
« Flins me fit connaître Fontanes, son ami, qui est devenu le mien. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 11. · Lire le passage
Fontanes a alors trente-deux ans ; poète remarqué de La Harpe, il rédige le Modérateur des monarchiens (Mémoires, livre V, chapitre 14). Une note de Chateaubriand en marge de l’Essai sur les révolutions, citée par Sainte-Beuve puis par Pailhès, garde le souvenir d’une soirée :
« Fontanes m’a fait faire un dîner fort gai dans ma vie (1789). Nous étions pour convives, moi, Ginguené, Flins, le chevalier de Parny […] »
Chateaubriand, note sur l’Essai, citée par Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
L’amitié véritable ne commence pourtant qu’en exil, comme Chateaubriand le précise lui-même :
« […] bien que mes relations avec cet excellent homme prissent naissance en 1789, ce ne fut qu’en Angleterre que je me liai avec lui d’une amitié toujours accrue par la mauvaise fortune jamais diminuée par la bonne […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 12. · Lire le passage
En 1792, avant l’émigration, il note encore que « Fontanes courait des dangers par ses anciennes liaisons avec la Société monarchique » (livre IX, chapitre 6).
Londres, 1797-1798 : « nous ne nous quittions plus »
Après le coup d’État du 18 fructidor (4 septembre 1797), Fontanes, journaliste du Mémorial, est condamné à la déportation. Il laisse sa femme à Paris, passe par l’Allemagne et gagne l’Angleterre (Sainte-Beuve). Les Mémoires racontent les retrouvailles :
« Ce me fut un grand bonheur de le revoir à Londres, fêté de l’émigration ; on lui demandait des chants de la Grèce sauvée ; on se pressait pour l’entendre. Il se logea auprès de moi ; nous ne nous quittions plus. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
Ils entendent ensemble Cléry lire ses Mémoires manuscrits sur la captivité de Louis XVI ; Chateaubriand conduit Fontanes chez M. du Theil, l’agent du comte d’Artois, qui promet d’aider la publication de ses ouvrages : « Fontanes ne pensait qu’à moi ». Le portrait est sans complaisance :
« Il n’était pas possible d’être meilleur homme : timide en ce qui le regardait, il devenait tout courage pour l’amitié […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
« En politique, il déraisonnait ; les crimes conventionnels lui avaient donné l’horreur de la liberté. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
« Nous dînions souvent dans quelque taverne solitaire à Chelsea, sur la Tamise, en parlant de Milton et de Shakespeare […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
Un jour d’orage, réfugiés dans l’allée d’une pauvre maison, ils y trouvent le duc de Bourbon, proscrit comme eux. Surtout, Chateaubriand lit à son ami ses manuscrits :
« Je voyais bien de l’ébahissement sur son visage quand je lui lisais des fragments des Natchez, d’Atala, de René ; il ne pouvait ramener ces productions aux règles communes de la critique, mais il sentait qu’il entrait dans un monde nouveau […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
« Je reçus de lui d’excellents conseils ; je lui dois ce qu’il y a de correct dans mon style ; il m’apprit à respecter l’oreille […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
Sainte-Beuve rapporte sa réponse aux émigrés qui doutaient du jeune officier :
« Laissez, messieurs, patience ! il nous passera tous. »
Sainte-Beuve, « M. de Fontanes », en tête des Œuvres de M. de Fontanes, 1839. · Lire le passage dans François-Zénon Collombet, Châteaubriand
Les lettres de l’exil (1798-1800)
« Fontanes fut rappelé en France » : les Mémoires reproduisent sa première lettre, écrite d’Allemagne :
« Vous êtes la seconde personne à qui, dans le cours de ma vie, j’aie trouvé une imagination et un coeur à ma façon. »
Fontanes à Chateaubriand, 28 juillet 1798, Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
« Travaillez, travaillez, mon cher ami, devenez illustre. Vous le pouvez : l’avenir est à vous. »
Fontanes à Chateaubriand, 28 juillet 1798, Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
La réponse, du 15 août, est la première des lettres de Chateaubriand à Fontanes gardées à Genève et publiées par Pailhès (1896). Elle nomme Joubert sans l’avoir encore vu (voir la fiche de Joseph Joubert, qui en cite un autre passage) :
« […] vous êtes la première qui ayez rempli toutes les conditions que je cherchais dans un homme : tête, cœur, caractère, j’ai tout trouvé en vous à ma guise, et je sens que désormais je vous suis attaché pour la vie. »
Chateaubriand à Fontanes, 15 août 1798, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
« Vous possédez, sans aucun doute, le plus beau talent de la France, et il est bien malheureux que votre paresse soit un obstacle qui retarde la gloire dont nous vous verrons briller un jour. »
Chateaubriand à Fontanes, 15 août 1798, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
« Cela ressemble beaucoup à celle de René et d’Outougamiz : nous avons juré dans un désert et sur des tombeaux. »
Chateaubriand à Fontanes, 15 août 1798, post-scriptum, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Peu après arrive la lettre de Julie de Farcy (Saint-Servan, 1er juillet 1798) qui annonce la mort de leur mère :
« Fontanes m’invitait à travailler, à devenir illustre ; ma soeur m’engageait à renoncer à écrire : l’un me proposait la gloire, l’autre l’oubli. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 4. · Lire le passage
Le livre qui naît de ce deuil, le futur Génie du christianisme, s’imprime à Londres chez Dulau. Le 19 août 1799, Chateaubriand écrit à la « citoyenne » Fontanes pour en vendre les feuilles à un libraire de Paris :
« On cherche à vendre pour cent soixante pièces de vingt-quatre livres, à Paris, les feuilles d’un ouvrage qui s’imprime chez l’étranger […] »
Chateaubriand à Mme de Fontanes, 19 août 1799, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Julie meurt à son tour. La lettre à Fontanes qui le dit est celle de son retour à la foi ; Sainte-Beuve l’a publiée sous la date du 25 octobre 1799, Pailhès la date du 27, d’après l’original :
« Il savait que j’aimais mes parents et que là était ma vanité : il m’en a privé afin que j’élevasse les yeux vers lui. »
Chateaubriand à Fontanes, Londres, 27 octobre 1799, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
« Des beautés poétiques et morales de la religion chrétienne et de sa supériorité sur tous les autres cultes de la terre. »
Chateaubriand à Fontanes, 27 octobre 1799 (titre du livre en préparation), Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Le 19 février 1800, il prépare son retour et charge son ami de deux affaires : un libraire, et sa radiation de la liste des émigrés.
« Je désire bien, mon cher ami, que vous prépariez les voies auprès d’un libraire. C’est là mon unique espérance. Si je réussis, je suis tiré d’affaire pour longtemps ; si je tombe, je suis un homme noyé sans retour. »
Chateaubriand à Fontanes, 19 février 1800, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Mai 1800 : le retour
Le 8 mai 1800, de Calais, Chateaubriand, qui voyage sous le nom de La Sagne, annonce son arrivée :
« J’arrive, mon cher et aimable ami. […] Je descendrai chez vous, et je vous prie de me chercher un logement tout près du vôtre. »
Chateaubriand à Fontanes, Calais, 18 floréal an VIII (8 mai 1800), Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
« J’ai bien changé, mon cher ami, depuis que j’ai quitté la Suisse, pour voyager chez les Natchez, et vous aurez peine à me reconnaître. »
Même lettre. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe
À Paris, il descend d’abord chez Mme Lindsay :
« Elle fit prévenir M. de Fontanes de mon arrivée ; au bout de quarante-huit heures, il me vint chercher au fond d’une petite chambre que madame Lindsay m’avait louée dans une auberge, presque à sa porte. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 3. · Lire le passage
« M’avançant sous mon faux nom, et persuadé que je compromettais mon ami Fontanes […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 3. · Lire le passage
Fontanes le mène chez lui, rue Saint-Honoré, le présente à sa femme, puis le conduit chez Joubert (voir la fiche de Joseph Joubert). L’argent manque. Le 30 juillet, le futur auteur du Génie demande à son ami d’emprunter pour lui :
« Tâchez ensuite de m’emprunter vingt-cinq louis. »
Chateaubriand à Fontanes, 11 thermidor an VIII (30 juillet 1800), Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
« Me voilà comme au sortir du ventre de ma mère, car mes chemises même ne sont pas françaises. »
Même lettre. · Lire le passage dans Albert Cassagne, La vie politique de François de Chateaubriand
Le Mercure, Atala et le Génie (1800-1802)
« M. de Fontanes rédigeait alors le Mercure de France : il me proposa d’écrire dans ce journal. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 6. · Lire le passage
Le premier texte est une lettre ouverte « au citoyen Fontanes » sur la seconde édition de De la littérature de Mme de Staël (Mercure, 1er nivôse an IX, décembre 1800), que Pailhès reproduit. Chateaubriand y parle de l’amitié en pensant à son destinataire :
« Pour que deux hommes soient parfaits amis, ils doivent s’attirer et se repousser sans cesse par quelque endroit […] »
Chateaubriand, « Au citoyen Fontanes », Mercure de France, décembre 1800, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Avant de publier Atala, il lit le manuscrit à Fontanes, qui en avait entendu des fragments à Londres :
« Ce n’est pas cela ; c’est mauvais ; refaites cela ! »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 6. · Lire le passage
Il réécrit dans la nuit le discours du père Aubry, « sans une seule interligne » :
« Le coeur palpitant, je le portai le matin à Fontanes, qui s’écria : « C’est cela ! c’est cela ! je vous l’avais bien dit, que vous feriez mieux ! » […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 6. · Lire le passage
Fontanes le présente aussi à Élisa Bacciochi, la sœur de Bonaparte, sa « grande puissance » et sa « protectrice » dans les lettres de ces années :
« M. de Fontanes était lié avec madame Bacciocchi ; il me présenta à la soeur de Bonaparte, et bientôt au frère du premier consul, Lucien. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 7. · Lire le passage
Pour le Génie, Sainte-Beuve juge que les conseils de Fontanes « retardèrent l’apparition de tout l’ouvrage et déterminèrent le courageux auteur à une entière retouche ». En octobre 1801, de Savigny, c’est Chateaubriand qui rassure son ami devant les attaques :
« Le grand moment approche; du courage, du courage, vous me paraissez fort abattu. Eh ! mordieu, réveillez-vous ; montrez les dents. La race est lâche; on en a bon marché, quand on ose la regarder en face. »
Chateaubriand à Fontanes, Savigny, 10 vendémiaire an X (2 octobre 1801), Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Le livre paraît en 1802 ; Fontanes l’annonce au Mercure. Deux billets sans date, que Pailhès place à ce moment, disent l’effet :
« Votre article réussit au delà de toute espérance; tout le monde vous adore. »
Chateaubriand à Fontanes, « mardi matin », Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
« Dans la seule journée d’hier, Migneret a vendu pour mille écus. »
Chateaubriand à Fontanes, billet sans date, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
« Protégez-moi donc hardiment, mon cher enfant. Songez que vous pouvez m’envoyer à Rome. »
Même billet. · Lire le passage dans Albert Cassagne, La vie politique de François de Chateaubriand
En septembre 1802, Ginguené réunit en brochure ses articles contre le livre ; Fontanes le défend par deux « extraits critiques » au Mercure, que Chateaubriand fait réimprimer à part (Pailhès). La Harpe, rapporte-t-il, est conquis :
« Il dit que vous finissez l’antique école et que j’en commence une nouvelle. »
Chateaubriand à Fontanes, 1er vendémiaire an XI (23 septembre 1802), Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
« […] ce fut M. de Fontanes qui couva ces oiseaux d’une autre espèce que lui, parce que, remontant au dix-septième siècle, il avait pris la puissance de ce temps fécond et perdu la stérilité du dix-huitième. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 11. · Lire le passage
Rue Neuve-du-Luxembourg : le portrait des Mémoires
Chaque soir de 1801, chez Pauline de Beaumont, Fontanes retrouve Joubert, Bonald, Molé, Pasquier et Chênedollé. Les Mémoires y placent son portrait, et ses disputes avec Joubert (voir la fiche de Joseph Joubert) :
« Nous riions des ennemis de M. de Fontanes, qui le voulaient faire passer pour un politique profond et dissimulé : c’était tout simplement un poète irascible, franc jusqu’à la colère, un esprit que la contrariété poussait à bout, et qui ne pouvait pas plus cacher son opinion qu’il ne pouvait prendre celle d’autrui. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 7. · Lire le passage
« Fontanes remonta mes quatre-vingt-quatre marches pour venir furieux, en frappant du bout de sa canne, achever un argument qu’il avait laissé interrompu : il s’agissait de Picard, qu’il mettait, dans ce moment-là fort au-dessus de Molière […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 7. · Lire le passage
« Fontanes parlant et Fontanes la plume à la main, étaient deux hommes. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 7. · Lire le passage
« C’est M. de Fontanes, j’aime à le redire, qui encouragea mes premiers essais ; c’est lui qui annonça le Génie du Christianisme ; c’est sa muse qui, pleine d’un dévouement étonné, dirigea la mienne dans les voies nouvelles où elle s’était précipitée […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIII, chapitre 7. · Lire le passage
Céleste, dans son Cahier rouge, confirme le trait de Picard : « Je l’ai vu, par exemple, mettre Picard fort au-dessus de Molière. »
Rome, 1803 : les lettres du secrétaire de légation
Après une audience où il n’a pas ouvert la bouche, Fontanes et Mme Bacciochi lui rapportent la satisfaction du Consul : « Ils me pressèrent de profiter de la fortune » (livre XIV, chapitre 5). Nommé secrétaire de légation auprès du cardinal Fesch, Chateaubriand compte sur Fontanes pour ses frais et ses intérêts. De Rome, les lettres deviennent des plaintes :
« Mais il faut absolument, mon cher ami, que vous songiez à me laisser à Rome le moins de temps possible. »
Chateaubriand à Fontanes, Rome, 28 thermidor an XI (16 août 1803), Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Fontanes, qui voit Talleyrand pour lui, répond le 3 octobre par des conseils de prudence :
« La franchise d’un ancien gentilhomme breton ne vaut rien au Vatican. Les cardinaux ne ressemblent point au Père Aubry. »
Fontanes à Chateaubriand, 10 vendémiaire an XII (3 octobre 1803), Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Le 26 octobre, Chateaubriand renonce aux places et annonce que Pauline de Beaumont est mourante :
« Quelque grenier obscur, dans un coin de Paris, fera parfaitement mon affaire, et pourvu que je vous voie quelquefois, je serai content. »
Chateaubriand à Fontanes, Rome, 3 brumaire an XII (26 octobre 1803), Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Elle meurt le 4 novembre. La lettre de condoléances de Fontanes est reprise dans les Mémoires, avec une note de l’auteur sur l’héritage que son ami aurait voulu pour lui :
« Je partage tous vos regrets, mon cher ami : je sens la douleur de votre situation. Mourir si jeune et après avoir survécu à toute sa famille ! »
Fontanes à Chateaubriand, novembre 1803, Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XV, chapitre 6. · Lire le passage
« L’amitié de M. de Fontanes va beaucoup trop loin : madame de Beaumont m’avait mieux jugé […] »
Chateaubriand, note, Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XV, chapitre 6. · Lire le passage
Fontanes lui donne aussi son avis sur Céleste. Le 21 décembre, Chateaubriand répond :
« Votre avis sur une personne qui m’est unie est bon. Je l’ai apprécié et il y a longtemps que j’y pense. »
Chateaubriand à Fontanes, 21 décembre 1803, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
La même lettre répond à l’annonce d’une place en Suisse ; selon les Mémoires, « madame Bacciocchi me faisait mander par Fontanes que la première grande ambassade disponible m’était réservée » (livre XV, chapitre 7). Le 10 janvier 1804, il lui adresse sa lettre sur Rome :
« Quiconque s’occupe uniquement de l’étude de l’antiquité et des arts, ou quiconque n’a plus de liens dans la vie, doit venir demeurer à Rome. »
Chateaubriand à Fontanes, Rome, 10 janvier 1804, Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
La lettre est datée du 10 janvier 1804 dans l’édition de Pailhès ; les Mémoires la disent « imprimée dans le Mercure vers la fin de l’année 1803 » (livre XXIX, chapitre 9). En 1829, Chateaubriand la relit à Rome :
« J’ai relu ma lettre à M. de Fontanes sur Rome, écrite il y a vingt-cinq ans, et j’avoue que je l’ai trouvée d’une telle exactitude qu’il me serait impossible d’y retrancher ou d’y ajouter un mot. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIX, chapitre 9. · Lire le passage
1804 : la démission
Le 21 mars 1804, à l’aube, Bonaparte apprend lui-même à Fontanes, président du Corps législatif, l’exécution du duc d’Enghien (Sainte-Beuve). Chateaubriand donne sa démission. La première réaction de son ami est la peur :
« M. de Fontanes qui agit ensuite avec une amitié intrépide, devint presque fou de peur, au premier moment : il me réputait fusillé avec toutes les personnes qui m’étaient attachées. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 1. · Lire le passage
« Pour Fontanes, il devint fou de peur ; il se voyait déjà fusillé de compagnie avec M. de Chateaubriand et, à leur suite, tous nos amis. »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge. · Lire le passage dans Albert Cassagne, La vie politique de François de Chateaubriand
L’éditeur des Cahiers, Ladreit de Lacharrière, juge qu’« il y a là, ce semble, une exagération ». Chateaubriand, en 1838, retient l’autre visage :
« […] ce fut à l’occasion de cette mort qu’il fit un jour cette réponse courageuse : « Vous pensez toujours à votre duc d’Enghien ? — Il me semble que l’empereur y pense autant que moi. » […] »
Chateaubriand à Christine de Fontanes, en tête des Œuvres de M. de Fontanes, 1839. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert
« Longtemps après, en causant avec M. de Fontanes, il lui avoua que ma démission était une des choses qui l’avaient le plus frappé. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 1. · Lire le passage
Sous l’Empire : le grand maître (1804-1814)
Fontanes préside le Corps législatif, y prononce les discours officiels, devient grand maître de l’Université. Il reste de toutes les soirées de Chateaubriand (voir la fiche de Joseph Joubert). Pendant le voyage d’Orient, il s’inquiète pour lui ; Clausel le raconte dans une lettre reprise par les Mémoires :
« M. de Fontanes me dit : – Peut-être dans ce moment-ci, un coup de cette horrible tempête va le faire naufrager. »
Clausel de Coussergues, lettre citée dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 5. · Lire le passage
En 1807, après l’article du Mercure qui irrite Napoléon, « l’orage qui menaçait l’écrivain s’était peu à peu dissipé grâce à l’extrême serviabilité de Fontanes », écrit l’éditeur des Cahiers de Céleste. En 1809, Les Martyrs sont éreintés :
« M. de Fontanes surtout était ferme : je n’étais pas Racine, mais il pouvait être Boileau, et il ne cessait de me dire : « Ils y reviendront. » […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 6. · Lire le passage
Il lui adresse des stances, « Le Tasse, errant de ville en ville… », que Roger date de 1810 :
« Les stances, adressées au chantre des Martyrs (en 1810), alors persécuté par les plus injustes critiques […] »
Roger, notice des Œuvres de M. de Fontanes, 1839 (d’après la Biographie universelle, 1837).
Lors des prix décennaux, Napoléon fait passer par lui une offre singulière :
« […] il déclare à Fontanes que, puisque l’Institut ne me trouve pas digne de concourir pour le prix, il m’en donnera un, qu’il me nommera surintendant général de toutes les bibliothèques de France […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 9. · Lire le passage
En 1811, lorsque Chateaubriand, élu à l’Académie, ne peut prononcer son discours, « la contenance de Fontanes fut d’un ami ferme et fidèle » (Sainte-Beuve). Céleste le revoit l’hiver de 1813, rue de Rivoli, parmi les plus fidèles habitués :
« […] pour Fontanes, rien n’était plus amusant que son amour (sincère) pour l’Empereur, combattu par ses bons sentiments pour les Bourbons; son envie d’être courtisan et son impossibilité de l’être. »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis
La Restauration : l’éloignement et le retour (1814-1821)
Fontanes, pair de France en 1814, perd la grande maîtrise en février 1815 et s’éloigne de Paris pendant les Cent-Jours (Roger). Chateaubriand, lui, entre dans la politique. Pailhès note :
« […] un moment même il se détourne de Fontanes. Hâtons-nous d’ajouter que l’infidélité fut de très courte durée et que l’oubli n’était qu’apparent. »
Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Un billet de l’hiver 1818-1819, que Pailhès rattache aux soirées de la duchesse de Duras, montre Fontanes invité à y lire ses vers :
« […] mais vous vous exagérez les choses. Si vous êtes forcé de dire quelques vers, dites en peu. Une ode ou deux sur un sujet général, cela aura moins d’inconvénient. »
Chateaubriand à Fontanes, « mardi » [1819], Gabriel Pailhès, La duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910. · Lire le passage
En 1819, Saint-Marcellin, que les Mémoires appellent son fils, est tué en duel :
« En 1819, une grande douleur le frappa. »
Sainte-Beuve, « M. de Fontanes », en tête des Œuvres de M. de Fontanes, 1839. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert
Sainte-Beuve lui donne « à peine » vingt-huit ans, et l’aquarelle de Perrot le dit né à Paris en 1791. Raynal place sa mort « à cette époque », près de celle de son père (1884). Avant l’ambassade de Berlin, Chateaubriand voulut rendre à son ami ce qu’il avait perdu :
« M. de Châteaubriand, à l’époque où il forma, avec le duc le Richelieu, le premier ministère Villèle, avait voulu rétablir la grande-maîtrise de l’Université, en faveur de M. de Fontanes. »
Sainte-Beuve, « M. de Fontanes », en tête des Œuvres de M. de Fontanes, 1839.
Au moment du départ pour Berlin, il reçoit son dernier billet :
« Je vous le répète : je n’ai rien espéré, ni rien désiré, ainsi je n’éprouve aucun désappointement. »
Fontanes à Chateaubriand, cité par Sainte-Beuve, « M. de Fontanes », en tête des Œuvres de M. de Fontanes, 1839. · Lire le passage dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier
« Les deux amis s’embrassèrent une dernière fois, et ne se revirent plus. »
Sainte-Beuve, « M. de Fontanes », en tête des Œuvres de M. de Fontanes, 1839.
Mars 1821 : la mort de Fontanes
Selon Sainte-Beuve, Fontanes est frappé dans la nuit du samedi 10 au dimanche 11 mars 1821, puis d’apoplexie le mercredi soir ; il demande un prêtre.
« Il expira le samedi 17 mars, à sept heures sonnantes du matin. »
Sainte-Beuve, « M. de Fontanes », en tête des Œuvres de M. de Fontanes, 1839. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert
Pailhès, dans son livre sur Mme de Duras (1910), parle d’une apoplexie « en février 1821 » et cite la lettre où elle prévient Chateaubriand, à Berlin :
« Je serai bien affligée si nous perdons M. de Fontanes. Je l’aime. Il vous a été si fidèle. »
Mme de Duras à Chateaubriand, 1821, citée par Gabriel Pailhès, La duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910. · Lire le passage
Chateaubriand écrit à Mme de Fontanes sans savoir que son ami est mort depuis dix jours :
« J’ose à peine vous écrire, Madame, et vous demander des nouvelles. »
Chateaubriand à Mme de Fontanes, Berlin, 27 mars 1821, Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert, 1900. · Lire le passage
« Je ne sais que vous dire. Je suis aussi malheureux que vous. »
Même lettre. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert
« J’ai autant besoin d’être consolé que vous. »
Chateaubriand à Mme de Fontanes, Berlin, 31 mars 1821, Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert, 1900. · Lire le passage
« Je demande à être l’éditeur et l’historien, s’il y a lieu. »
Même lettre. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert
Sur le conseil de Mme de Duras, il donne un article sur son ami : « L’article parut dans les Débats du 10 avril 1821 » (Pailhès, 1910). En 1822, à Londres, il écrit le portrait du livre XI :
« Cette première et affectueuse lettre du premier ami que j’aie compté dans ma vie, et qui depuis la date de cette lettre a marché vingt-trois ans à mes côtés, m’avertit douloureusement de mon isolement progressif. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
« Fontanes ! vous m’avez écrit : Que nos muses soient toujours amies ; vous ne m’avez pas écrit en vain. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
Fontanes est enterré au Père-Lachaise. Les Mémoires le rappellent à propos de la duchesse de Lévis, enterrée au-dessus de lui :
« […] elle est placée au-dessus de M. de Fontanes, et celui-ci dort auprès de son fils Saint-Marcellin, tué en duel. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 9. · Lire le passage


Après 1821 : Christine et les Œuvres de 1839
La fille de Fontanes, Christine, veut publier les œuvres de son père avec une notice de Chateaubriand (Pailhès, 1900). Ministre, il place pour elle le frère d’une amie, et lui écrit :
« […] mais à la fille de mon meilleur ami […] »
Chateaubriand à Christine de Fontanes, 21 juillet 1823, Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert, 1900. · Lire le passage
« La chose dont je veux m’occuper aussitôt que j’aurai un moment à moi, c’est de la notice de sa vie. »
Chateaubriand à Mme de Fontanes, 7 novembre 1823, Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert, 1900. · Lire le passage
La notice ne vient pas. De Rome, le 15 décembre 1828 :
« Sans matériaux, sans renseignements, il me seroit impossible de tracer ici quelques lignes qui fussent dignes de la mémoire de mon ami. »
Chateaubriand à Mme de Fontanes, Rome, 15 décembre 1828, Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert, 1900. · Lire le passage
« […] tout ce que je pourrai faire pour la gloire de Fontanes me semblera fait pour la mienne. »
Même lettre. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert
En 1829, dans une lettre de Rome reprise par les Mémoires, il cite une ode inédite de son ami :
« Ces vers sont d’une ode inédite faite par un homme qui n’est plus, par mon bon et ancien ami Fontanes. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIX, chapitre 14. · Lire le passage
Les Œuvres de M. de Fontanes paraissent en 1839 chez Hachette, avec la notice de Roger (Biographie universelle, 1837) et une étude de Sainte-Beuve, qui l’a lue d’abord chez Mme Récamier, devant Chateaubriand :
« Il a paru très content; et, en entendant l’usage assez abondant que j’ai fait à un endroit de ses lettres et de ses propres paroles, il a bien voulu se reconnaître sans s’inquiéter de la source. »
Sainte-Beuve à Christine de Fontanes, cité par Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, 1896. · Lire le passage
Chateaubriand ouvre le volume par une lettre à Christine. Lié par contrat à la société propriétaire de ses Mémoires, il explique pourquoi il n’écrit pas la notice :
« Je me trouve donc dans l’impossibilité de rédiger la notice de l’édition des œuvres de M. de Fontanes. »
Chateaubriand à Christine de Fontanes, en tête des Œuvres de M. de Fontanes, 1839. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert
« Resté le dernier, je m’occupe à tout arranger dans la maison vide, à fermer les portes et les fenêtres. »
Même lettre. · Lire le passage dans Paul de Raynal, Les correspondants de J. Joubert 1785-1822
« […] je suis heureux du moins en m’en allant, de signer mon nom au bas de sa gloire, comme j’ai signé l’acte de votre naissance. »
Même lettre. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert

Dans les Mémoires, une note de 1839 salue le recueil :
« Il vient d’être élevé par la piété filiale de madame Christine de Fontanes ; M. de Sainte-Beuve a orné de son ingénieuse notice le fronton du monument. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 3. · Lire le passage
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres IV, IX, XI, XIII, XIV, XV, XVI, XVIII, XXIII, XXVIII et XXIX
Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis, Bordeaux, 1896 (lettres de Chateaubriand à Fontanes, 1798-1804, d’après les originaux de la Bibliothèque de Genève) (lire sur le site · Internet Archive)
Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert, 1900 (lettres de Chateaubriand à Mme et à Christine de Fontanes, 1821-1829) (lire sur le site · Internet Archive)
Gabriel Pailhès, La duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910 (lire sur le site · Internet Archive)
Œuvres de M. de Fontanes, Paris, L. Hachette, 1839, t. I : lettre de Chateaubriand à Christine de Fontanes, notice de Roger, étude de Sainte-Beuve (Wikisource) (lire en ligne)
Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. J. Ladreit de Lacharrière, 1909 (texte de Céleste) (lire en ligne)
Paul de Raynal, Les Correspondants de J. Joubert, Paris, Calmann Lévy, 1884 (lire sur le site · Internet Archive)
Bibliothèque de Genève, Ms. fr. 208, f. 1-53 : lettres autographes de Chateaubriand à Fontanes (notice du catalogue) (lire en ligne)




