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L'Enchanteur 1768—1848
Chateaubriand Avant-propos

Avant-propos

Chateaubriand · 2 min de lecture · chapitre 1 sur 14

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : A. Fontemoing, 1905, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Pendant quarante-cinq ans (1803-1848) le nom de Chateaubriand a figuré sur la liste des membres correspondants de l'Académie de Lyon. N'est-ce là qu'un souvenir propre à flatter l'orgueil des Lyonnais? ou ceux-ci auraient-ils quelques droits, après Saint-Malo, ville natale du puissant écrivain, après la France, sa patrie, de penser qu'ils ont tenu dans la pensée et dans l'œuvre de Chateaubriand une place de choix? La question nous a paru devoir être élucidée, moins pour apporter une contribution à l'histoire littéraire proprement dite que pour mettre en lumière quelques épisodes de la vie intellectuelle, politique, morale de Lyon au xIxe siècle.

A aucune époque Chateaubriand n'a habité Lyon, mais il a fait dans cette ville de très nombreux séjours ; quelques Lyonnais ont compté parmi ses amis les plus chers, son œuvre a été lue à Lyon, elle y a déterminé des mouvements d'opinion qui peuvent servir à préciser l influence exercée par Chateaubriand sur les idées et les croyances.

Cette histoire des rapports de Chateaubriand et de Lyon est riche en faits de tout ordre ; nous nous bornerons aux plus significatifs ; et surtout nous tâcherons de leur conserver la valeur épisodique que seule ils comportent.

Par exemple, si grande qu'ait été la part de Chateaubriand dans la renaissance du sentiment religieux en France, nous nous abstiendrons de soutenir que la foi des Lyonnais découle du Génie du Christianisme : il suffit que les Lyonnais aient ressenti les heureux effets de ce livre, et nous en apporterons des témoignages convaincants.

Nous verrons aussi les Lyonnais admirer les talents d'homme d'Etat déployés par Chateaubriand ; la vive opposition que l'un d'eux crut devoir lui faire sur la question de la liberté de la presse prouve en quelle estime était tenu le leader de l'opposition contre Villèle.

En effet, les liens qui unirent Chateaubriand à Lyon étaient de ceux qui résistent à l'épreuve des années et aux divergences éphémères ; l'Académie de Lyon semble veiller avec un soin jaloux sur la renommée de celui qu'elle s'était associé presque à l'aurore du siècle ; et souvent, dans la littérature, dans la vie politique et sociale, nous trouverons le nom de Chateaubriand mêlé aux destinées lyonnaises.

Saint-Malo eut le privilège de donner le jour à cet homme de génie, et c'est une gloire sans égale ; Lyon accepta et revendiqua la mission, glorieuse encore, d'honorer et d'aimer ce fils d'adoption.

Lyon, juillet 1903.

Le romantisme a Lyon Chateaubriand

Études biographiques et littéraires