Blessé en duel par Émile de Girardin ; le légitimiste suit le convoi du républicain.
Le rédacteur du National, républicain, était devenu son ami : Chateaubriand lui rendait visite deux ou trois fois par semaine à Sainte-Pélagie, où Carrel purgeait en 1834-1835 une peine pour délit de presse.
« […] le serviteur de Henri V se promenait avec l’ennemi des rois dans une cour humide, sombre étroite, encerclée de hauts murs comme un puits. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage
Le duel contre Émile de Girardin, directeur de La Presse, a lieu le 22 juillet 1836 au matin, à Saint-Mandé, à la lisière du bois de Vincennes.
« Carrel tomba dans le bois qui vit tomber le duc d’Enghien […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage
« Blessé à mort et soutenu sur les bras de ses amis, comme il passait devant son adversaire lui-même blessé, il lui dit : » Souffrez-vous beaucoup, monsieur ? » […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage
Chateaubriand, refoulé par le chirurgien le 23, apprend la mort le 24 (et non le 25) :
« Le lendemain 24, lorsque je me disposais à retourner à Saint-Mandé, Hyacinthe, que j’avais envoyé devant moi, vint m’apprendre que l’infortuné jeune homme avait expiré à cinq heures et demie […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 4. · Lire le passage
Il suit les funérailles le mardi 26, puis paie l’entretien de la tombe au cimetière de Saint-Mandé et y retourne à chaque saison ; les reçus du fossoyeur (1838, 1839) sont reproduits en note des Mémoires. Le 8 août, il écrit à Juliette Récamier :
« Voyez comme tout passe. Qui pense aujourd’hui à ce pauvre Carrel? Et il y a à peine quinze à seize jours qu’il était tout vivant au milieu de nous! »
Chateaubriand à Juliette Récamier, Paris, 8 août 1836, dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, t. II, 1859 (lire sur le site). · Lire le passage