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L'Enchanteur 1768—1848
L'Expérience religieuse de Chateaubriand Piete profonde de l'enfant et de l'adolescent voué a la sainte Vierge plancoet, 1768. Une pauvre chrétienne me voua

Piete profonde de l'enfant et de l'adolescent voué a la sainte Vierge plancoet, 1768. Une pauvre chrétienne me voua

L'Expérience religieuse de Chateaubriand · 1 min de lecture · p. 2 · chapitre 5 sur 57

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : P. Lethielleux, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

à Notre-Dame de Nazareth.

Mémoires, I. En sortant du sein de ma mere, je subis mon premier exil; on me relégua à Plancoët, joli village situé entre Dinan, Saint-Malo et Lamballe. L'unique frère de ma mère, le comte de Bedée, avait bâti près de ce village le château de Monchoix. Les biens de mon aïeule maternelle s'étendaient dans les environs jusqu'au bourg de Courseul, les Curiosolites des Commentaires de César. Ma grand'mère, veuve depuis long-temps, habitait avec sa sœur, Mademoiselle de Boisteilleul, un hameau séparé de Plancoët par un pont, et qu'on appelait l'Abbaye, à cause d'une abbaye de Bénédictins, consacrée à Notre-Dame de Nazareth.

Ma nourrice se trouva stérile; une autre pauvre chrétienne me prit à son sein. Elle me voua à la patronne du hameau, Notre-Dame de Nazareth, et lui promit que je porterais en son honneur le bleu et le blanc jusqu'à l'âge de sept ans. Je n'avais vécu que quelques heures, et la pesanteur du temps était déjà marquée sur mon front. Que ne me laissait-on mourir? Il entrait dans les conseils de Dieu d'accorder au vœu de l'obscurité et de l'innocence la conservation des jours qu'une vaine renommée menaçait d'atteindre.

Ce vœu de la paysanne bretonne n'est plus de ce siècle : c'était toutefois une chose touchante que l'intervention d'une Mère divine placée entre l'enfant et le ciel, et partageant les sollicitudes de la mère terrestre.

Mémoires d'Outre-Tombe.