Chez la grand-mère maternelle, où l’enfant est mis en nourrice trois ans.
En bref
| Lieux | 1) l’Abbaye, hameau séparé de Plancoët par un pont : maison de sa grand-mère maternelle, Mme de Bedée, et de sa grand-tante, Mlle de Boisteilleul ; 2) Monchoix, « à une lieue de Plancouët », château de son oncle le comte de Bedée ; 3) le sanctuaire de Notre-Dame de Nazareth. |
|---|---|
| Séjours | Nourrice de septembre 1768 à 1771 environ (« premier exil ») ; vers 1775 (« je touchais à ma septième année »), relèvement du vœu ; puis vacances chez sa grand-mère pendant les années de collège (Dinan est « à égale distance de Combourg et de Plancouët »). |
| Avec qui | Sa nourrice ; sa grand-mère et sa grand-tante ; les trois demoiselles Vildéneux, voisines ; son oncle et sa tante de Bedée, leurs enfants. |
| Avant lui | Ses parents ont habité Plancoët quelque temps après leur mariage (1753) : leur premier enfant y est né et mort (Cunat, cité par Biré). |
| Précision | Biré note qu’il n’y eut jamais d’abbaye de bénédictins à Plancoët, contrairement aux Mémoires : le hameau de l’Abbaye tirait son nom d’une maison religieuse. |
| Notre-Dame de Nazareth | La Vierge à l’Enfant de Nazareth, sculptée dans le granit, aurait été trouvée dans une fontaine (catalogue de 1948, n° 24). |
| Monchoix | Bâti en 1759 par le comte de Bedée, oncle de Chateaubriand ; en 1875, propriété de son petit-neveu Charles Du Boishamon. En juillet 1844, la chambre qu’il y occupait enfant « n’avait subi aucun changement » : son lit et une commode ancienne y étaient encore ; une avenue de vieux chênes, au sud-ouest, dont il demande des nouvelles (Du Boishamon, 1875). |
| La rue de l’Abbaye | Les maisons de sa grand-mère et de sa nourrice sont « dans la rue de l’Abbaye » ; la première, encore conservée en 1875, touchait le « Dôme », vieille maison à donjon habitée autrefois par M. de Trémigon, l’« épervier » de la complainte de Mlle de Boisteilleul (Du Boishamon). |
| Certitude | Certain (Mémoires ; Du Boishamon, témoin de la famille) ; dates des séjours approximatives. |
Le lieu
Bourg des Côtes-d’Armor (alors Côtes-du-Nord), à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Saint-Malo, au fond de l’estuaire de l’Arguenon, là où la marée cesse de remonter. Ses sources d’eau minérale sont exploitées depuis le XIXe siècle.
Histoire
La grand-mère maternelle, Mme de Bedée, et sa sœur Mlle de Boisteilleul vivent au hameau de l’Abbaye, tout proche. La nourrice voue l’enfant chétif à Notre-Dame de Nazareth, le sanctuaire du couvent des Dominicains de Plancoët : il porte le bleu et le blanc de la Vierge jusqu’à sept ans. Dès sa naissance, l’enfant y est « relégué » : c’est son « premier exil ». À sept ans, sa mère l’y ramène pour qu’il soit relevé du vœu de sa nourrice, et il y passe de longs séjours chez sa grand-mère et son oncle de Bedée, au château de Monchoix.
Souvenirs de 1844
Charles Du Boishamon, petit-neveu par sa mère du comte de Bedée, dîne chez Chateaubriand, rue du Bac, en juillet 1844 ; l’écrivain l’interroge longuement sur Monchoix, Nazareth et l’Abbaye :
« Je pus affirmer à celui qui s’intéressait si fort aux souvenirs de Monchoix que l’appartement qu’il y occupait autrefois n’avait subi aucun changement, et que son lit y était encore, en compagnie d’une commode antique. »
Ch. Du Boishamon, Souvenirs intimes, 1875.
« La Bretagne ! oui, j’y retournerai, mais, les pieds les premiers ! »
Chateaubriand à Du Boishamon, juillet 1844 (Souvenirs intimes, 1875).
« Des interrogations sur Monchoix il passa à celles sur l’église de Nazareth, sur les maisons de sa grand’mère et de sa nourrice, dans la rue de l’Abbaye, à Plancoët. »
Ch. Du Boishamon, Souvenirs intimes, 1875.
La maison de l’Abbaye
« Ma grand−mère veuve depuis longtemps, habitait avec sa soeur, mademoiselle de Boisteilleul, un hameau séparé de Plancouët par un pont, et qu’on appelait l’Abbaye […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 3. · Lire le passage
« Elle dînait à onze heures du matin, faisait la sieste ; à une heure elle se réveillait ; on la portait au bas des terrasses du jardin, sous les saules de la fontaine […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage
« A dix heures, tout dormait dans la maison, excepté ma grand−mère, qui se faisait faire la lecture par sa femme de chambre jusqu’à une heure du matin. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage
« J’ai vu la mort entrer sous ce toit de paix et de bénédiction, le rendre peu à peu solitaire, fermer une chambre et puis une autre qui ne se rouvrait plus. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage
Ce qu’il en écrit
« En sortant du sein de ma mère, je subis mon premier exil ; on me relégua à Plancouët, joli village situé entre Dinan, Saint-Malo et Lamballe. »
Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 3. · Lire le passage
« Je touchais à ma septième année ; ma mère me conduisit à Plancouët, afin d’être relevé du voeu de ma nourrice […] »
Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage
« Le château du comte de Bedée était situé à une lieue de Plancouët, dans une position élevée et riante. Tout y respirait la joie ; l’hilarité de mon oncle était inépuisable. »
Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage
Ce qu’en ont écrit d’autres
« La grand’mère maternelle du chevalier habitait à l’Abbaye, hameau voisin de Plancoët, avec une vieille sœur non mariée, mademoiselle de Boisteilleul. »
Charles-Augustin Sainte-Beuve, « Chateaubriand. Mémoires », Portraits contemporains, 1834 (Wikisource).
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitres 3 et 4 ; livre III, chapitre 2
Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition avec une introduction, des notes et des appendices par Edmond Biré, Paris, Garnier, 6 vol. (1898-1900, rééd. 1910) (lire sur le site · Internet Archive)
Charles Cunat, Recherches sur plusieurs des circonstances relatives aux origines, à la naissance et à l’enfance de M. de Chateaubriand, Saint-Malo, 1850 (cité par Biré ; non consulté directement)
Ch. Du Boishamon, Chateaubriand : souvenirs intimes, Dinan, Bazouge, 1875 (Gallica) (lire en ligne)
Chateaubriand, 1768-1848. Exposition du centenaire, Paris, Bibliothèque nationale, 1948 (catalogue ; faits seulement) (lire en ligne)


