Château de son oncle le comte de Bedée, à une lieue de Plancoët : la « maison de fêtes » de l’enfance, « un véritable paradis ».
En bref
| Adresse | Château de Monchoix, Pluduno, à une lieue de Plancoët (Côtes-d’Armor) ; depuis le 1er janvier 2025, commune nouvelle de Val-d’Arguenon (Pluduno et Pléven). |
|---|---|
| Construction | Bâti par le comte de Bedée (Antoine selon Wikipédia), seul frère de la mère de Chateaubriand (Mémoires) ; en 1759 selon Wikipédia et Ouest-France. Une « malouinière » de granit, avec une chapelle à l’étage au-dessus du vestibule, un parc d’environ 6 hectares et un étang (Ouest-France, 2020). |
| Séjours | Visites d’enfance depuis la maison de sa grand-mère à Plancoët (vers 1775) ; pendant les années du collège de Dinan, il va « tour à tour » à Monchoix et à Combourg. |
| Avec qui | Son oncle et sa tante de Bedée ; leurs enfants Caroline, Marie et Flore, et le comte de La Bouëtardais ; « les cousins du voisinage ». |
| Sa chambre | En juillet 1844, Charles Du Boishamon lui assure que la chambre qu’il occupait enfant n’a pas changé : son lit et une commode ancienne y sont encore. La famille montre aujourd’hui une chambre « attribuée » à l’écrivain (lit à baldaquin, bureau) : attribution de tradition familiale (Ouest-France, 2020). |
| Propriétaires | Les Bedée, puis, par le mariage de Marie-Antoinette de Bedée de La Bouëtardais avec Henry-Marie de Boishamon (Dinan, 14 mai 1810), la famille Du Boishamon : Mme de Boishamon meurt à Monchoix le 22 janvier 1843, son fils Charles (1814-1885) y meurt aussi (Biré). La famille l’habite toujours, depuis six générations (Ouest-France, 2020) ; propriété privée. |
| Une citation déplacée | La phrase « Si j’ai vu le bonheur, c’était certainement dans cette maison », souvent rapportée à Monchoix (Ouest-France) ou à Plancoët en général (Wikipédia), désigne dans les Mémoires la maison de la grand-mère, au hameau de l’Abbaye : elle précède la description de cette maison, non celle de Monchoix. |
| Certitude | Lieu et séjours certains (Mémoires) ; chambre identifiée par la tradition de la famille (Du Boishamon, 1875). |
La maison de fêtes
« L’unique frère de ma mère, le comte de Bedée, avait bâti près de ce village le château de Monchoix. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 3. · Lire le passage
« Le château du comte de Bedée était situé à une lieue de Plancouët, dans une position élevée et riante. Tout y respirait la joie ; l’hilarité de mon oncle était inépuisable. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage
« Monchoix était rempli des cousins du voisinage ; on faisait de la musique, on dansait, on chassait, on était en liesse du matin au soir. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage
« […] elle avait toujours un grand chien de chasse hargneux couché dans son giron, et à sa suite un sanglier privé qui remplissait le château de ses grognements. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4 (sa tante, Mme de Bedée). · Lire le passage
« […] passer de Combourg à Monchoix, c’était passer du désert dans le monde, du donjon d’un baron du moyen âge à la villa d’un prince romain. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage
« J’allais tour à tour voir mon onde de Bedée à Monchoix, et ma famille à Combourg. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 2 (années de Dinan). · Lire le passage
Les cousins
Biré précise que le comte de Bedée eut huit enfants, dont quatre morts en bas âge : Chateaubriand n’a connu que les quatre qu’il nomme. Flore-Anne, née en 1766, se marie à Monchoix le 28 octobre 1788 avec Charles-Augustin Locquet de Château-d’Assy et meurt à Dinan en 1851. Le fils, Marie-Joseph-Annibal, comte de La Bouëtardais, conseiller au parlement de Rennes, émigre en 1790 et meurt à Londres le 6 janvier 1809 ; sa fille unique apporte Monchoix aux Boishamon. C’est la « cousine de jadis » des Mémoires (livre XI, chapitre 6), qui assistait au relèvement du vœu, à qui Chateaubriand adresse un adieu ému.
« Monchoix est actuellement habité par M. du Boishamon, arrière-petit-fils du comte de Bedée. »
Edmond Biré, note de son édition des Mémoires, t. I (1898). · Lire le passage
Souvenirs de 1840-1844
Charles Du Boishamon, qui tient Monchoix de sa mère, dîne plusieurs fois chez Chateaubriand de 1840 à 1844. En juillet 1844, l’écrivain l’interroge sur la maison et surtout sur une avenue au sud-ouest :
« Monchoix m’est venu par ma mère […] petite-fille de celui qui l’avait bâti. »
Ch. Du Boishamon, Souvenirs intimes, 1875.
« La Bretagne ! me répondit-il… la Bretagne ! Combourg ! Monchoix ! Je retrouverais partout des souvenirs dont le poids m’écraserait… »
Chateaubriand à Du Boishamon, juillet 1844 (Souvenirs intimes, 1875).
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitres 3 et 4 ; livre III, chapitre 2 ; livre XI, chapitre 6
Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition avec une introduction, des notes et des appendices par Edmond Biré, Paris, Garnier, 6 vol. (1898-1900, rééd. 1910) (lire sur le site · Internet Archive)
Ch. Du Boishamon, Chateaubriand : souvenirs intimes, Dinan, Bazouge, 1875 (Gallica) (lire en ligne)
Anne-Élisabeth Bertucci, « Monchoix, l’autre demeure de Chateaubriand », Ouest-France, 28 juin 2020 (faits seulement) (lire en ligne)
Wikipédia, « Château de Monchoix » (consulté en octobre 2026) (lire en ligne)
Société Chateaubriand, programme du voyage en Bretagne des 19 et 20 septembre (site de la Société, consulté en octobre 2026) (lire en ligne)


