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L'Enchanteur 1768—1848
Le château de Monchoix, à Pluduno, bâti par le comte de Bedée, oncle de Chateaubriand (photographie, 2018)

Lieux

Château de Monchoix

Monchoix, Pluduno (Val-d'Arguenon), Côtes-d'Armor

Château de son oncle le comte de Bedée, à une lieue de Plancoët : la « maison de fêtes » de l’enfance, « un véritable paradis ».

En bref

AdresseChâteau de Monchoix, Pluduno, à une lieue de Plancoët (Côtes-d’Armor) ; depuis le 1er janvier 2025, commune nouvelle de Val-d’Arguenon (Pluduno et Pléven).
ConstructionBâti par le comte de Bedée (Antoine selon Wikipédia), seul frère de la mère de Chateaubriand (Mémoires) ; en 1759 selon Wikipédia et Ouest-France. Une « malouinière » de granit, avec une chapelle à l’étage au-dessus du vestibule, un parc d’environ 6 hectares et un étang (Ouest-France, 2020).
SéjoursVisites d’enfance depuis la maison de sa grand-mère à Plancoët (vers 1775) ; pendant les années du collège de Dinan, il va « tour à tour » à Monchoix et à Combourg.
Avec quiSon oncle et sa tante de Bedée ; leurs enfants Caroline, Marie et Flore, et le comte de La Bouëtardais ; « les cousins du voisinage ».
Sa chambreEn juillet 1844, Charles Du Boishamon lui assure que la chambre qu’il occupait enfant n’a pas changé : son lit et une commode ancienne y sont encore. La famille montre aujourd’hui une chambre « attribuée » à l’écrivain (lit à baldaquin, bureau) : attribution de tradition familiale (Ouest-France, 2020).
PropriétairesLes Bedée, puis, par le mariage de Marie-Antoinette de Bedée de La Bouëtardais avec Henry-Marie de Boishamon (Dinan, 14 mai 1810), la famille Du Boishamon : Mme de Boishamon meurt à Monchoix le 22 janvier 1843, son fils Charles (1814-1885) y meurt aussi (Biré). La famille l’habite toujours, depuis six générations (Ouest-France, 2020) ; propriété privée.
Une citation déplacéeLa phrase « Si j’ai vu le bonheur, c’était certainement dans cette maison », souvent rapportée à Monchoix (Ouest-France) ou à Plancoët en général (Wikipédia), désigne dans les Mémoires la maison de la grand-mère, au hameau de l’Abbaye : elle précède la description de cette maison, non celle de Monchoix.
CertitudeLieu et séjours certains (Mémoires) ; chambre identifiée par la tradition de la famille (Du Boishamon, 1875).

La maison de fêtes

« L’unique frère de ma mère, le comte de Bedée, avait bâti près de ce village le château de Monchoix. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 3. · Lire le passage

« Le château du comte de Bedée était situé à une lieue de Plancouët, dans une position élevée et riante. Tout y respirait la joie ; l’hilarité de mon oncle était inépuisable. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage

« Monchoix était rempli des cousins du voisinage ; on faisait de la musique, on dansait, on chassait, on était en liesse du matin au soir. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage

« […] elle avait toujours un grand chien de chasse hargneux couché dans son giron, et à sa suite un sanglier privé qui remplissait le château de ses grognements. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4 (sa tante, Mme de Bedée). · Lire le passage

« […] passer de Combourg à Monchoix, c’était passer du désert dans le monde, du donjon d’un baron du moyen âge à la villa d’un prince romain. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage

« J’allais tour à tour voir mon onde de Bedée à Monchoix, et ma famille à Combourg. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 2 (années de Dinan). · Lire le passage

Les cousins

Biré précise que le comte de Bedée eut huit enfants, dont quatre morts en bas âge : Chateaubriand n’a connu que les quatre qu’il nomme. Flore-Anne, née en 1766, se marie à Monchoix le 28 octobre 1788 avec Charles-Augustin Locquet de Château-d’Assy et meurt à Dinan en 1851. Le fils, Marie-Joseph-Annibal, comte de La Bouëtardais, conseiller au parlement de Rennes, émigre en 1790 et meurt à Londres le 6 janvier 1809 ; sa fille unique apporte Monchoix aux Boishamon. C’est la « cousine de jadis » des Mémoires (livre XI, chapitre 6), qui assistait au relèvement du vœu, à qui Chateaubriand adresse un adieu ému.

« Monchoix est actuellement habité par M. du Boishamon, arrière-petit-fils du comte de Bedée. »

Edmond Biré, note de son édition des Mémoires, t. I (1898). · Lire le passage

Souvenirs de 1840-1844

Charles Du Boishamon, qui tient Monchoix de sa mère, dîne plusieurs fois chez Chateaubriand de 1840 à 1844. En juillet 1844, l’écrivain l’interroge sur la maison et surtout sur une avenue au sud-ouest :

« Monchoix m’est venu par ma mère […] petite-fille de celui qui l’avait bâti. »

Ch. Du Boishamon, Souvenirs intimes, 1875.

« La Bretagne ! me répondit-il… la Bretagne ! Combourg ! Monchoix ! Je retrouverais partout des souvenirs dont le poids m’écraserait… »

Chateaubriand à Du Boishamon, juillet 1844 (Souvenirs intimes, 1875).

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitres 3 et 4 ; livre III, chapitre 2 ; livre XI, chapitre 6
Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition avec une introduction, des notes et des appendices par Edmond Biré, Paris, Garnier, 6 vol. (1898-1900, rééd. 1910) (lire sur le site · Internet Archive)
Ch. Du Boishamon, Chateaubriand : souvenirs intimes, Dinan, Bazouge, 1875 (Gallica) (lire en ligne)
Anne-Élisabeth Bertucci, « Monchoix, l’autre demeure de Chateaubriand », Ouest-France, 28 juin 2020 (faits seulement) (lire en ligne)
Wikipédia, « Château de Monchoix » (consulté en octobre 2026) (lire en ligne)
Société Chateaubriand, programme du voyage en Bretagne des 19 et 20 septembre (site de la Société, consulté en octobre 2026) (lire en ligne)

Le château de Monchoix sur une carte postale des années 1917-1925 (Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 4473)
Le château de Monchoix sur une carte postale des années 1917-1925 (Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 4473) — à préciser — Wikimedia Commons (Licence Ouverte)

Quand il y vécut ou séjourna

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