III manuscrit de Lucile
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Dans les premiers enchantements de l'inspiration, j'invitai Lucile à m'imiter. Nous passions des jours à nous consulter mutuellement, à nous communiquer ce que nous avions fait, ce que nous comptions faire. Nous entreprenions des ouvrages en commun; guidés par notre instinct, nous traduisîmes les plus beaux et les plus tristes passages de Job et de Lucrèce sur la vie : le Tœdet animam meam vitæ meæ, l'homo natus de muliere, le Tum porro puer, ut sovis projectis ab undis novita, etc.
Les pensées de Lucile n'étaient que des sentiments; elles sortaient avec difficulté de son âme; mais, quand elle parvenait à les exprimer, il n'y avait rien au-dessus.
Elle a laissé une trentaine de pages manuscrites; il est impossible de les lire sans être profondément ému.
L'élégance, la suavité, la rêverie, la sensibilité passionnée de ces pages offrent un mélange du génie grec et du génie germanique.
IV