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L'Enchanteur 1768—1848
Album de Chateaubriand Le Grand esprit poursuivant les Algonquins. N.J. Philippart, Editeur Voyages .I.!)

Le Grand esprit poursuivant les Algonquins. N.J. Philippart, Editeur Voyages .I.!)

Album de Chateaubriand · 1 min de lecture · chapitre 7 sur 8

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : N.-J. Philippart, 1862, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

M. Violet faisant danser les Sauvages.

« Après avoir traversé le Mohawk, nous entrâmes dans les anciens cantons des six nations iroquoises. Le premier sauvage que nous rencontrâmes était un jeune homme qui marchait devant un cheval sur lequel était assise une indienne, parée à la manière de sa tribu. Mon guide leur souhaita le bonjour en passant.

« J'eus le bonheur d'être reçu par un de mes compatriotes sur la frontière de la solitude, par M. Violet, maître de danse chez les sauvages. On lui payait ses leçons en peaux de castor et en jambons d'ours. Au milieu d'une forêt, on voyait une espèce de grange; je trouvai dans cette grange une vingtaine de sauvages, hommes et femmes, barbouillés comme des sorciers, le corps demi-nu, les oreilles découpées, des plumes de corbeau sur la tête, des anneaux passés dans les narines. Un petit Français, poudré et frisé comme autrefois, habit vert-pomme, veste de droguet, jabot et manchettes de mousseline, raclait un violon de poche, et faisait danser Madelon Friquet à ces Iroquois. M. Violet, en me parlant des Indiens, me disait toujours : « Ces messieurs sauvages et ces dames sauvagesses. » Il se louait beaucoup de la légèreté de ses écoliers; en effet, je n'ai jamais vu faire de telles gambades. M. Violet, tenant son petit violon entre son menton et sa poitrine, accordait l'instrument; il criait en iroquois : A vos places! et toute la troupe sautait comme une bande de démons.

« C'était une chose assez étrange pour un disciple de Rousseau que cette introduction à la vie sauvage par un bal que donnait à des Iroquois un ancien marmiton du général Rochambeau, qui avait commandé en chef l'armée française, envoyée en Amérique en 1776 au secours de Washington. »

Staal del

Geoffroy.so