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L'Enchanteur 1768—1848
Album de Chateaubriand Mort-de celuta et de Mila. N.J. Philippart. Éditeur. Les Natchez .T.II

Mort-de celuta et de Mila. N.J. Philippart. Éditeur. Les Natchez .T.II

Album de Chateaubriand · 1 min de lecture · chapitre 6 sur 8

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris : N.-J. Philippart, 1862, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Le Grand-Esprit poursuivant les Algonquins.

Au soleil couchant du lac supérieur (près des Montagnes-Rocheuses) sont des montagnes formées de pierres qui brillent comme la glace des cataractes en hiver. Derrière ces montagnes s'étend un lac bien plus grand que le lac supérieur (sans doute l'Océan Pacifique). Michabou aime particulièrement ce lac et ces montagnes, mais c'est au lac supérieur que le Grand-Esprit a fixé sa résidence ; on l'y voit se promener au clair de la lune ; il se plaît aussi à cueillir le fruit d'un groseillier qui couvre la rive méridionale du lac. Souvent, assis sur la pointe d'un rocher, il déchaîne les tempêtes ; il habite dans le lac une île qui porte son nom, c'est là que les âmes des guerriers, tombés sur le champ de bataille, se rendent pour jouir du plaisir de la chasse.

Autrefois, du milieu du lac sacré, émergeait une montagne de cuivre que le Grand Esprit a enlevée et transportée ailleurs depuis longtemps; mais il a semé sur le rivage des pierres du même métal qui ont une vertu singulière, elles rendent invisibles ceux qui les portent. Le Grand-Esprit ne veut pas qu'on touche à ces pierres. Un jour, des Algonquins, tribus sauvages qui habitaient autrefois entre les sources du Missouri, le baie d'Hudson et l'Atlantique, furent assez téméraires pour enlever une de ces pierres ; à peine étaient-ils entrés dans leurs canots qu'un manitou, de plus de soixante coudées de hauteur, sortant du fond d'une forêt les poursuivit, les vagues lui allaient à peine à la ceinture ; il obligea les Algonquins de jeter dans les flots le trésor qu'ils avaient ravi.

Geofroy. sa