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L'Enchanteur 1768—1848
Trois idées politiques Sainte-Beuve ou l'empirisme organisateur

Sainte-Beuve ou l'empirisme organisateur

Trois idées politiques · 14 min de lecture · p. 33–45 · chapitre 5 sur 17

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Champion, 1912, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Michelet figurant l'inverse du progrès et Chateaubriand le contraire de la tradition, cette double méprise de la vieille France et de la France moderne se complique, ai-je dit, d'une double négligence envers Sainte-. Beuve. J'aurai le courage de répéter et de montrer que Sainte-Beuve leur servirait à l'une et à l'autre.

A la vérité, ce grand homme ne brille point par le caractère. Il laisse assez vite entrevoir les basses parties de son âme. Ceux mêmes qui se plaisent infiniment auprès de lui ne l'aiment qu'avec précaution. Mais qu'est-il nécessaire que son personnage nous plaise! En oubliant le peu que fut cette personne. il faut considérer l'essence impersonnelle de l'esprit pur.

La devise qu'on a inscrite au monument du Luxembourg : Le vrai, le vrai seul, serait, pour tout autre, ambitieuse. Elle devint juste pour lui. Sur ses derniers jours, Sainte-Beuve ne tenait à peu près qu'à la vérité. Cette vérité fut particulièrement cachée aux hommes de son âge, enfants névropathiques des révolutions et des guerres. Une singulière démence, née des entreprises de la sensibilité sur la fantaisie et de la fantaisie sur la raison, les empêchait tout à la fois de voir juste, de bien juger et d'argumenter avec rigueur et solidité. Manque d'observation, arrêt du sens critique, lésion profonde de la faculté logique, c'est proprement la triple tare du romantisme. Joignez que la rupture des hautes traditions intellectuelles, dont j'ai traité pour Michelet, rendait plus cruelle et plus difficile la guérison de cette maladie de l'intelligence.

En philosophie et en poésie comme en histoire et en religion, les écoles les plus brillantes s'attachaient à développer soit des vérités fort banales en termes ambitieux, soit des vues neuves et curieuses, mais démesurément amplifiées par le langage. Une foule de maîtres s'improvisaient ainsi et chacun avait ses disciples; ceux-ci ramassaient et embauchaient les passants. Infatigable dans la curiosité, Sainte-Beuve visita un par un les cénacles contemporains. Il s'en mettait. On l'accueillait, on l'initiait sur-le-champ, tant il montrait de timide ferveur, de disposition à l'étude et de fine compréhension. Toujours intéressé, il paraissait conquis. Catéchumène ou néophyte, nul ne s'entendait comme lui à déraisonner dans le chœur. Puis, soudainement, sur le signe de quelque puissance invisible, il prenait un air mécontent; son visage se refermait, il saluait, fuyait, et les plus douces habitudes ne le ramenaient point.

Ainsi répandit-il sa fine et discrète lueur chez les saint-simoniens du Globe, dans la société de Victor Hugo, le monde de Chateaubriand, l'école menaisienne, le cercle de Vinet... Chaque départ indignait l'hôte, qui criait à la trahison. Je conviens que l'allure de Sainte-Beuve, un peu gauche et oblique, jointe à tout ce que l'on savait de son naturel, donnait une prise au reproche. Et cependant il n'avait trahi personne, ni rien livré. Le trahi, c'était lui : au lieu des vérités capitales promises, on lui avait fourni le faux ; mais ce contact du faux suffisait à l'émanciper.

Émancipé des autres, il se libéra de lui-même. Un jour arriva promptement que Charles-Augustin Sainte-Beuve sut préférer la vérité à son cœur. Tout au moins, quand il s'occupa des écrivains d'un autre siècle que le sien, il cessa de chercher, comme il avait fait au début, sa propre ressemblance au fond de leurs œuvres; il les lut, les approfondit pour elles-mêmes. Dans les vingt-cinq ou trente années dernières de sa vie, l'admirable vieillard entre, pénètre, s'insinue, agile et puissant comme un dieu, dans chaque repli des idées et des affaires ; il s'égale au moindre détail; il en dresse des états aussi minutieux que brefs; il se renseigne exactement, nous renseigne avec abondance; il éclaire mille difficultés d'histoire par des chefs-d'œuvre de biographie. Peu à peu se dispose dans son esprit comme un Musée de la vérité partielle. Sans étiquette de politique ou de religion, il note ce qui est, tout ce qui est, comme il le perçoit, de son style paisible, honnêtement gracieux, mais substantiel et vivant, ou tout conspire à peindre et à faire sentir.

L'exercice, ajouté à ses dons naturels, lui avait formé peu à peu ce jugement, ce sentiment, ce don de voir, de classer, de proportionner dont il n'était aucun exemple autour de lui. L'étude des siècles antérieurs aux nôtres, sa grande Histoire de Port-Royal, qui l'avait fait le contemporain et le condisciple de Blaise Pascal et de Jean Racine, avaient achevé de l'instruire et de le délivrer. Sans se vanter, mais infatigablement (bien plus qu'un Nisard, à vrai dire) il s'imprègne de la vraie moelle nationale : vivacité du xvI°, doctrine du xvII°. Quand d'autres de son âge descendent à la mort sans avoir quitté le berceau, ce fin et large esprit ne s'arrête de croître, de mûrir, de fructifier. Il meurt et, à défaut d'une doctrine formulée, laisse au monde son répertoire de réalités bien décrites, ses leçons d'analyse et l'idée de traiter des œuvres de l'esprit en naturaliste et en médecin.

Un esprit d'une rare pénétration1 a nommé l'auteur des Lundis notre Thomas d'Aquin. Le mot, qui peut surprendre, a sa profonde vérité. Chaque âge possède le Thomas d'Aquin qu'il mérite, et n'a rien de meilleur.

1. M. Anatole France, dans La Vie littéraire. ↩

Le nôtre est sans doute plus critique que généralisateur et plus douteur qu'affirmatif. Pourtant, sachons tout ce que vaut cette Somme naturaliste, rédigée par le plus analyste des hommes. Il ne faut pas croire qu'on n'y trouvera que des faits à côté d'autres faits, privés de vie et de vertu, comme des fleurs d'herbier. C'est là un ancien préjugé, né de nos préventions, non contre Sainte-Beuve mais contre l'analyse. L'analyse passe aujourd'hui pour impuissante à donner autre chose que cette poussière de renseignements desséchés. Je ne sais pas d'erreur plus grande. S'il est très vrai que l'analyse décompose pour découvrir l'ordre de la composition, il n'est point vrai que cette décomposition, cette anatomie soient stériles pour la vie active et ne fassent que nous montrer l'ordre de ce qui est ou le mécanisme des composants. L'analyse fournit les éléments d'une recomposition : les personnes qui n'ont jamais usé de ce procédé sont les seules à l'ignorer.

En effet, l'analyse ne démembre point indistinctement tous les produits de la nature. Chez Sainte-Beuve comme ailleurs, l'analyse choisit plutôt, entre les ouvrages dont on peut observer l'arrangement et le travail, les plus heureux et les mieux faits, ceux qui témoignent d'une perfection de leur genre et, pour ainsi dire appartiennent à la Nature triomphante, à la Nature qui achève et réussit. En ce cas, l'analyse fait donc voir quelles sont les conditions communes et les lois empiriques de ces coups de bonheur; elle montre comment la Nature s'y prend pour ne point manquer sa besogne et atteindre de bonnes fins.

De l'étude de ces succès particuliers, l'analyste peut se former une espèce de Science de la bonne fortune. Il en dresse le coutumier, sinon le code. De ce qui est le mieux, il infère des types qui y soient conformes dans l'avenir. Cette élite des faits lui propose ainsi la substance des intérêts supérieurs que l'on nomme, suivant les cas, le droit ou le devoir. Sainte-Beuve n'était ni si croyant ni si crédule qu'il se pût flatter d'avoir lu, comme un aruspice, aux entrailles des choses, soit les grandes lois de l'histoire, soit la clef de nos destinées particulières et le guide précis de la moralité : mais, aussi souvent qu'il pouvait ajouter au renseignement de fait une vue de droit naturel et, comme on peut dire en tudesque, une échappée sur l'idéal, qui n'eussent rien d'imaginaire, il le faisait hardiment et modestement.

Qu'il s'agisse de la correspondance d'un préfet, des écrits de Napoléon ou des recherches de Le Play sur la condition du travail et de la famille en Europe (ce Le Play, qu'il appelle un « Bonald rajeuni, progressif et scientifique »), une diligente induction permet à Sainte-Beuve d'entrevoir et de dessiner, entre deux purs constats de faits, la figure d'une vérité générale. Cette vérité contredit souvent les idées reçues de son temps.

Elle contredit même, cette vérité aperçue par la raison de Sainte-Beuve, les goûts qui lui sont personnels, ceux qui lui viennent de naissance et de complexion. Il ne faut pas perdre de vue, quand nous parlons de lui, les différences capitales entre l'homme et l'esprit. Le premier a été jugé avec dureté, mais justice, par Frédéric Nietzsche1. « Il n'a rien qui soit de l'homme, il est plein de petites haines contre tous les esprits virils... Il erre ça et là, raffiné, curieux, aux écoutes. Un être féminin au fond... Ses instincts inférieurs sont plébéiens. - Révolutionnaire, mais passablement contenu par la crainte. »

1. Flâneries inactuelles, traduites par M. Henri Albert au Mercure de France. ↩

C'est bien cela, mais à cette sensibilité anarchique s'alliait l'esprit le plus droit, le plus sain, le plus organique. Parlons mieux; c'était un esprit, c'était une raison : il n'y a point d'esprit, ni de raison qu'on puisse appeler révolutionnaires. La révolution est toujours un soulèvement de l'humeur. Toutes les fois qu'intervint son intelligence, Sainte-Beuve étouffa ce soulèvement : si bien que c'est peut-être dans la suite de ses études que se rencontreraient les premiers indices de la résistance aux idées de 1789 qui, plus tard, honora les Taine et les Renan. Un effort continué de simple analyse lui avait fait sentir l'infirmité de ces ambitieuses idées que la nature même juge et condamne chaque jour, par l'échec qu'elle leur inflige.

En ce cas, l'analyse fit donc ouvrage créateur. Elle fournit un conseil pratique, une direction pour agir. Si les romans de philosophie cousinesque consacrés au Bon et au Beau faisaient sourire Sainte-Beuve, c'est justement qu'il aidait, d'un autre côté, à la science positive du beau et du bon. Une Hygiène, une Morale, une Politique, une Esthétique même et même une Religion peuvent naître, en effet, par la suite des lents progrès de ce qu'il nommait finement son, « Histoire naturelle des esprits »

Examiner chacune des sciences que cette Histoire naturelle rendit possibles serait bien mal proportionné au sujet de cet examen; mais il faut dire un mot de la première de toutes, celle qui régit la pensée et, de là, domine le reste.

Si le goût de la vérité n'est, à son origine, qu'une passion comme les autres, cette passion acquiert, en s'exerçant, tous les éléments de sa règle. Elle sait s'y plier, à la condition d'être pure, d'être un vrai désir de savoir, aussitôt qu'elle observe qu'on ne trouve et qu'on ne transmet la vérité que sous certaines conditions, dans un certain ordre et moyennant certains sacrifices. Chef-d'œuvre initial de sagesse empirique : l'intelligence, mue par la passion qui lui est propre, prend garde de ne pas se laisser conduire par son moteur. Pour rester elle-même, elle se tient au sentiment de ses sources et de ses limites; cette raison tempère ou mesure l'essor de sa curiosité, et celle-ci, gardant son ancien rang de principe de la science, échappe ainsi au risque de devenir principe d'anarchie et de barbarie.

Tout cela peut paraître abstrait; mais traduisons-le. Plutôt que de fonder certaines inférences sur des renseignements imparfaits et insuffisants, l'esprit maître de soi et capable de se régir différera d'en rien connaître, et, loin de se cacher de cette abstention, il en tirera de l'honneur. Dans l'intérêt de la science générale, il saura même ajourner beaucoup de curiosités, et la vertu de discrétion recevra, dans ce cas, un sens scientifique : on outre à peine cette discrétion généreuse quand, à l'exemple de certains positivistes, on hésite à se réjouir de la perfection des microscopes ou qu'on se fait scrupule d'observer les constellations1.

1. Voir la note IX. ↩

Enfin l'appétit de savoir se peut même aussi refréner et tenir en respect par la considération de l'ordre public. Bien que fort jaloux des libertés de la plume, Sainte-Beuve se sépara des hommes de la seconde République pour se ranger à la contrainte impériale et, si la peur dont parle Nietzsche ne fut pas étrangère à sa résolution, celle-ci fut du moins approuvée sans réserves par sa raison. Puisque, en effet, l'ordre public est la condition même des progrès et de la durée de la science (il n'y eut guère de science quand l'anarchie chrétienne eut énervé l'Etat romain devant les barbares, entre le vi° et le xᵉ siècle2!) comment la science pourrait-elle hésiter à céder à l'ordre public? On ne scie point la branche sur laquelle on se trouve assis.

2. Si ce n'est dans les monastères catholiques. ↩

Il existe aujourd'hui un genre de fanatisme scientifique qui menace d'être funeste à la science : il ferait tout sauter pour éprouver un explosif, il perdrait un Etat pour tirer des archives et mettre en lumière un document « intéressant ». Ce système anarchique et révolutionnaire est de source métaphysique. Il n'a rien de rationnel. Proprement il consiste à remplacer le dieu des Juifs par la Curiosité, dite improprement la Science, mise sur un autel, faite centre du monde et revêtue des mêmes honneurs que Jéhovah. Cette superstition ne mérite pas plus de respect que les autres. Bien qu'elle soit fort à la mode parmi les savants, Sainte-Beuve ou l'empirisme organisateur lui donne son nom véritable : tantôt passion féconde, tantôt pure monomanie.

Ou ces mots aimés de progrès, d'émancipation et d'autonomie intellectuelle, de raison libre et de religion de la science, ont perdu leur sens défini, ou cet Empirisme organisateur que j'ai rapidement déduit de l'Histoire naturelle des esprits constitue le système religieux et moral, parfaitement laïc, strictement rationnel, pur de toute mysticité, auquel semble aspirer la France moderne.

Mais observons qu'en même temps la vieille France n'y répugne pas autant qu'elle répugne à Michelet et à Rousseau. Elle y est attirée d'abord par l'aspect ordonné et conservateur (au beau et ferme sens du mot) de tout le système. Elle y est retenue par un certain mépris que témoigne cet Empirisme pour le verbiage des courtisans du peuple. Cet Empirisme enseigne et professe en effet que l'ordre des sociétés, de quelque façon qu'on l'obtienne, importe plus que la liberté des personnes, puisque cela est le fondement de ceci; au lieu de célébrer l'égalité, même devant la loi, son attention se porte, instinctivement mais aussi méthodiquement, sur le compte des différences naturelles qui ne peuvent manquer de frapper un œil d'analyste; enfin, quand tant d'instituteurs publics fatiguent les oreilles de cette vieille France avec l'éloge de la plus molle sensiblerie dans les lois et les mœurs, l'Empirisme loue, au contraire, comme normale, une saine mesure d'insensibilité morale et physique.

Qu'est-ce que tout cela au regard de la vieille France, si ce n'est une réaction contre les idées de Jean-Jacques? Elle y reconnaît les principes de morale classique et de politique païenne qu'avait gardés si précieusement le catholicisme; et peut-être nos contemporains sont-ils mieux éclairés sur cet ordre d'idées que ne le furent les jésuites de 1857, lorsqu'un ami d'Auguste Comte vint leur offrir l'alliance positiviste '. De ce qui est traditionnel ou « vieille France », l'Empirisme organisateur n'exclut à peu près rien, sinon peut-être les abus du sentiment chrétien. Mais ces grands abus, l'on peut dire que l'Église elle-même les neutralise ou les combat, puisqu'elle n'a jamais cessé de renier les sectes ignorantines ou iconoclastes qui sont nées de la lecture des livres juifs. Enfin cet Empirisme n'offre rien de sectaire. Il ne force personne. A peu près comme à l'Hygiène, il lui suffit que dépérissent tous ceux qui le négligent, personnes ou sociétés.

Ces remarques, qui nous éloignent de Sainte-Beuve autant qu'il s'est lui-même éloigné quelquefois de son type supérieur, ont du moins l'avantage de nous mêler aux plus nobles intelligences de sa famille. J'y trouve des naturalistes comme [Taine et Renan, nommés réactionnaires, de ce que, ayant essuyé les maladies de leur époque, ils ont rétrogradé, en effet, jusqu'à la santé; des historiens comme Fustel de Coulanges qui

I. Voir la note X.

rapatria dans son art la raison qu'en avait chassée le procédé de Michelet; les élèves de cet Auguste Comte, dont l'influence, parallèle à celle de Sainte-Beuve, eût mérité d'être honorée et soutenue par tous les pays de culture classique, mais dont on n'a même point célébré décemment le centenaire qui tombait en janvier dernier... J'y reconnais pareillement les économistes du groupe de Le Play, certains Balzaciens réfléchis et, sans nulle surprise, ceux des catholiques modernes qui n'ont point perdu les leçons de Maistre et de Bonald.

La compagnie de Sainte-Beuve réunit, comme on voit, tout notre fonds solide et sain. Elle enferme à peu près tous ceux des écrivains de notre siècle qui ne vont point à quatre pattes. La littérature contemporaine laisse voir ici autre chose qu'une brutalité vivace ou moribonde, et redevient intelligente, raisonnable, humaine, française. Il ne serait point surprenant que la France choisît un jour cette maison étroite, ce nom modeste et ce génie supérieur pour célébrer la fête de ses qualités distinctives. Tout compté, une fête nationale de Sainte-Beuve ne me semble pas une pure imagination.

Si les partis de droite pouvaient oublier ses passades d'anticléricalisme; si, à gauche, on savait ce que parler veut dire et qu'on y cherchât où elle est la liberté de la pensée; si les radicaux prenaient garde que Sainte-Beuve ne fut jamais sacristain et si les catholiques observaient que non plus il ne se fit pas calviniste, bien qu'il ait fleureté du côté de Lausanne : eh bien! l'œuvre, le nom, la moyenne des idées de ce grand esprit, sans oublier ce prolongement naturel, leurs conséquences politiques, feraient le plus beau lieu du monde où se grouper dans une journée de réconciliation générale. On y saluerait l'espérance du Progrès véritable, qui, pour le moment, ne consiste qu'à réagir; et, d'entre les ruines du vieux mysticisme anarchique et libéral, se relèveraient les couronnes, les festons, les autels et la statue intacte de cette déesse Raison, armée de la pique et du glaive, ceinte d'olivier clair, ancienne présidente de nos destinées nationales.