Note sur ce texte
Ce manuscrit sans titre raconte la bataille de Poitiers (19 septembre 1356) et la prise du roi Jean. C'est une autre rédaction d'un passage de l'Analyse raisonnée de l'histoire de France, dans les Études historiques de Chateaubriand, publiées en 1831 (passage imprimé, p. 130 à 161 de l'édition de la liseuse). Il est relié dans les Papiers de Mme Récamier, XXIII (BnF, NAF 14089, f. 222-286, Gallica), et paginé de 1 à 65.
Une note de Maurice Levaillant reliée en tête (10 mai 1934, f. 221) dit que c'est le texte inédit d'une première rédaction, recopié, vraisemblablement en 1825-1826, par Mme Récamier ; qu'il a été présenté à la Société Chateaubriand le 21 mai 1931 ; et que la comparaison avec le texte imprimé restait à faire. L'attribution et la date sont les siennes. Le site n'a pas vu ce compte rendu. L'écriture ressemble à celle de la principale main de la copie de 1826 des Mémoires de ma vie (comparaison à l'œil, non une expertise).
Comment ce texte a été établi
Lu à l'œil, feuillet par feuillet, sur les images de Gallica (novembre 2026), sans s'aider du texte imprimé ; puis comparé mot à mot à celui-ci, et les lectures fautives ainsi repérées corrigées. Orthographe, graphie des noms et ponctuation gardées autant qu'on a pu les lire. Entre crochets, en gris : [?] lecture douteuse, [blanc] espace laissé vide, [mot biffé]. Il n'y a pas eu de second lecteur. Les noms propres sont les moins sûrs. Les coupes de la table sont celles du site.
Le manuscrit et le texte imprimé
La comparaison porte sur environ 7 500 mots dans le manuscrit et 6 400 dans l'imprimé : plus longue, cette rédaction n'en est pas une simple variante. Le récit, l'ordre et beaucoup de phrases sont les mêmes, mais l'imprimé resserre, et précise la langue des chroniques. Voici quelques écarts ; le relevé n'est pas complet, et le texte imprimé est celui de la liseuse (OCR).
| F. | Manuscrit | Imprimé |
|---|---|---|
| 222 | « aussitot toute la noblesse de france monte à cheval et accourt au rendez-vous » | « On s'assemble » (p. 131) |
| 223 | le Roi de france rassembloit des forces | Philippe réunissoit (l'imprimé nomme ici Philippe, pour Jean) (p. 131) |
| 225 | donna à Jean le temps d'atteindre l'armée anglaise | ajoute : n'eut été ce siége imprudent (p. 132) |
| 241 | huit à neuf mille hommes | sept à huit mille hommes (p. 138) |
| 244 | les comtes de Nydo, de Nosto et de Saltzbourg | de Nidau, de Nassau, de Saarbruck (p. 140) |
| 277 | Renaud de Gobengham | Cobham (p. 156) |
| 280 | Neuf siècles auparavant le premier Roi de france triompha des goths | Huit siècles… le premier roi frank… des Visigoths (p. 158) |
| 280 | où six cents ans après lui la Roche Jacquelin | où, quatre cents ans après lui (p. 158) |
| 285 | lutta quinze jours contre la mort | lutta plusieurs jours (p. 160) |
Passages du manuscrit absents de l'imprimé, entre autres :
- f. 224 : « on trouvoit honteux de se servir contre des hommes foibles des mêmes moyens qu'on employoit pour abattre des pierres et renverser des remparts » (Bayard qui ne fait pas de quartier au soldat porteur d'un mousquet)
- f. 230 : « le monarque intrépide prêt à livrer la bataille prosterné dans un camp à la tête de ses enfans » (le roi comparé aux anciens qui sacrifient aux dieux)
- f. 250 : « les mœurs de ce siècle permettoient encore aux prélats de porter les armes » (l'évêque de Chalon en armes)
- f. 270 : « ce n'étoit plus qu'une horrible mêlée où chaque chevalier français se défendoit seul contre quatre ou cinq ennemis » (la mêlée)
- f. 286 : « les débris d'un village » (à Maupertuis, l'imprimé ne garde que le puits)