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L'Enchanteur 1768—1848
Napoléon Bonaparte, portrait par Jacques-Louis David

Personnes

Napoléon Bonaparte

15 août 1769 – 5 mai 1821 ·

L’exact contemporain, né un an après lui, et l’obsession de sa vie. Le Premier consul le nomme à Rome en 1803 ; l’exécution du duc d’Enghien provoque la rupture de 1804, puis l’article du Mercure de 1807 et le discours académique censuré de 1811.

Les Mémoires d’outre-tombe consacrent à l’Empereur plusieurs livres, mêlant admiration et réquisitoire.

En bref

Naissance15 août 1769 — Ajaccio
Mort5 mai 1821 — Longwood House
Sépulturecathédrale Saint-Louis-des-Invalides, Vallée du Tombeau
Rencontres1) 1802, chez Lucien Bonaparte : le Premier Consul « m’aperçut et me reconnut » et lui parle (Mémoires, livre XIV, chapitre 4) ; 2) mars 1804, aux Tuileries, « deux jours avant le 20 mars », pour prendre congé avant le Valais : il ne l’avait « pas revu depuis le moment où il m’avait parlé chez Lucien » (livre XVI, chapitre 1). Ce sont les deux seules entrevues que rapportent les Mémoires.
Rupture21 mars 1804 : démission après l’exécution du duc d’Enghien ; 1807 : article du Mercure et exil de Paris ; 1814 : De Buonaparte et des Bourbons.
Dans les MémoiresLes livres XIX à XXIV forment une histoire de Napoléon.
Dans les Mémoires1760 mentions (relevé automatique, approximatif) : livres I (1, 2) ; II (5, 8) ; III (1) ; IV (2, 3, 12, 13) ; V (12, 15) ; VI (8) ; VII (2) ; IX (16) ; XI (3, 5) ; XII (5, 6) ; XIII (8 chapitres) ; XIV (2, 4, 5, 8) ; XV (7) ; XVI (10 chapitres) ; XVII (1, 2, 5) ; XVIII (5, 6, 7, 8, 9) ; XIX (18 chapitres) ; XX (13 chapitres) ; XXI (8 chapitres) ; XXII (25 chapitres) ; XXIII (18 chapitres) ; XXIV (17 chapitres) ; XXV (1, 2, 3, 5, 10) ; XXVI (3, 6, 8, 9) ; XXVII (3, 11) ; XXVIII (4, 5, 17, 18, 20, 21) ; XXIX (8 chapitres) ; XXX (6, 8, 9, 11, 12) ; XXXI (4, 5, 8) ; XXXII (3, 5, 6, 9) ; XXXIII (7 chapitres) ; XXXIV (7, 11, 13, 15) ; XXXV (8 chapitres) ; XXXVII (9, 12, 13, 14) ; XXXVIII (5) ; XXXIX (1, 3, 5, 8, 11) ; XL (2, 3) ; XLI (1) ; XLII (1, 2, 3, 8, 9) ; XLIII (1, 2, 8) ; textes retranchés ; livre « Madame Récamier ».
RéférenceWikidata Q517

Deux hommes du même âge

Napoléon Bonaparte, portrait par Jacques-Louis David
Napoléon Bonaparte, portrait par Jacques-Louis David — Jacques-Louis David — Wikimedia Commons (Public domain)

Chateaubriand naît à Saint-Malo le 4 septembre 1768 ; Napoléon à Ajaccio le 15 août 1769, selon l’état civil et selon lui-même. Les Mémoires rapportent pourtant une autre date, qui le ferait naître avant Chateaubriand :

« Il en résulte que Bonaparte est né le 5 février 1768, et non pas le 15 août 1769, malgré l’assertion positive de M. Bourrienne. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIX, chapitre 4. · Lire le passage

« […] les papiers que m’avait prêtés M. Libri démontraient que Bonaparte lui-même se regardait comme étant né le 15 août 1769 à une époque où il ne pouvait avoir aucune raison pour désirer se rajeunir. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIX, chapitre 4. · Lire le passage

Chateaubriand ne cessera de se mesurer à lui ; il lui consacre six livres des Mémoires (XIX à XXIV) :

« Je deviens maintenant historien sans cesser d’être écrivain de mémoires […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIX, chapitre 1. · Lire le passage

La rencontre chez Lucien (1802)

Le Génie du christianisme paraît au moment du Concordat, adopté par le Corps législatif le 8 avril 1802 (Biré) :

Antoine-Jean Gros, Bonaparte, Premier consul, 1802 (Paris, musée de la Légion d'honneur) : le Bonaparte que Chateaubriand rencontre cette année-là chez Lucien
Antoine-Jean Gros, Bonaparte, Premier consul, 1802 (Paris, musée de la Légion d'honneur) : le Bonaparte que Chateaubriand rencontre cette année-là chez Lucien — Antoine-Jean Gros — Wikimedia Commons (domaine public)
Lucien Bonaparte, portrait par François-Xavier Fabre
Lucien Bonaparte, portrait par François-Xavier Fabre — François-Xavier Fabre — Wikimedia Commons (Public domain)

« Après l’adoption du Concordat par le Corps législatif en 1802, Lucien, ministre de l’intérieur, donna une fête à son frère ; j’y fus invité, comme ayant rallié les forces chrétiennes et les ayant ramenées à la charge. J’étais dans la galerie, lorsque Napoléon entra : il me frappa agréablement ; je ne l’avais jamais aperçu que de loin. Son sourire était caressant et beau ; son oeil admirable, surtout par la manière dont il était placé sous son front et encadré dans ses sourcils. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 4. · Lire le passage

« Je m’enfonçais derrière mes voisins ; Bonaparte éleva tout à coup la voix et me dit : « Monsieur de Chateaubriand ! » Je restai seul alors en avant, car la foule se retira et bientôt se reforma en cercle autour des interlocuteurs. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 4. · Lire le passage

« Si le christianisme est l’allégorie du mouvement des sphères, la géométrie des astres, les esprits forts ont beau faire, malgré eux ils ont encore laissé assez de grandeur à l’infâme. »

Bonaparte à Chateaubriand, cité dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 4. · Lire le passage

« J’ai rencontré une seule fois sur le rivage des deux mondes l’homme du dernier siècle et l’homme du nouveau, Washington et Napoléon. Je m’entretins un moment avec l’un et l’autre ; tous deux me renvoyèrent à la solitude, le premier par un souhait bienveillant, le second par un crime. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chapitre 4. · Lire le passage

Au service du Premier consul (1803-1804)

Le Premier consul le nomme secrétaire de la légation de Rome, auprès de son oncle le cardinal Fesch, avec qui il ne s’entend pas ; il quitte Rome le 21 janvier 1804 selon les Mémoires et Mayer, le 2 selon l’éditeur des Cahiers :

Cardinal Fesch, portrait par Charles Meynier
Cardinal Fesch, portrait par Charles Meynier — Charles Meynier — Wikimedia Commons (Public domain)

« A la suite de la publication du Génie du Christianisme, Chateaubriand avait été nommé, par le Premier Consul, secrétaire de la Légation de la République à Rome. »

J. Ladreit de Lacharrière, note des Cahiers de Madame de Chateaubriand, 1909. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe

Bonaparte le nomme ensuite ministre de France auprès de la république du Valais ; la ville de Sion lui écrit le 20 février 1804 :

« Nous voyons dans cette nomination un précieux gage de la bienveillance du Premier Consul envers notre République […] »

le conseil de la ville de Sion à Chateaubriand, 20 février 1804, cité dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 1. · Lire le passage

Mars 1804 : les Tuileries et le duc d’Enghien

« Deux jours avant le 20 mars, je m’habillai pour aller prendre congé de Bonaparte aux Tuileries ; je ne l’avais pas revu depuis le moment où il m’avait parlé chez Lucien. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 1. · Lire le passage

« A mesure qu’il approcha de moi, je fus frappé de l’altération de son visage : ses joues étaient dévalées et livides, ses yeux âpres, son teint pâli et brouillé, son air sombre et terrible. L’attrait qui m’avait précédemment poussé vers lui, cessa ; au lieu de rester sur son passage, je fis un mouvement afin de l’éviter. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 1. · Lire le passage

Le 21 mars, il entend crier dans la rue la mort du duc d’Enghien, fusillé à Vincennes :

Duc d'Enghien, portrait par Nanine Vallain
Duc d'Enghien, portrait par Nanine Vallain — Nanine Vallain — Wikimedia Commons (Public domain)
Jean-Paul Laurens, L'Exécution du duc d'Enghien
Jean-Paul Laurens, L'Exécution du duc d'Enghien — Jean-Paul Laurens — Wikimedia Commons (Public domain)

« Ce cri tomba sur moi comme la foudre ; il changea ma vie, de même qu’il changea celle de Napoléon. Je rentrai chez moi ; je dis à madame de Chateaubriand : « Le duc d’Enghien vient d’être fusillé. » Je m’assis devant une table, et je me mis à écrire ma démission. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 1. · Lire le passage

« Peu importait la rédaction : mon opinion et mon crime étaient dans le fait de ma démission : Bonaparte ne s’y trompa pas. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 1. · Lire le passage

Pendant le procès de Vincennes, le Premier consul est à la Malmaison :

« Le 18 mars, il partit pour la Malmaison ; c’était le dimanche des Rameaux. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 2. · Lire le passage

« Madame de Rémusat, qui, dans la soirée du 20 mars, jouait aux échecs à la Malmaison avec le Premier Consul, l’entendit murmurer quelques vers sur la clémence d’Auguste ; elle crut que Bonaparte revenait à lui et que le prince était sauvé. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 2. · Lire le passage

La salle du Conseil de la Malmaison, aménagée par l'architecte Fontaine pour les fréquentes réunions des ministres du Premier consul (panneau du musée) : Bonaparte est à la Malmaison quand le duc d'Enghien est jugé à Vincennes, en mars 1804
La salle du Conseil de la Malmaison, aménagée par l'architecte Fontaine pour les fréquentes réunions des ministres du Premier consul (panneau du musée) : Bonaparte est à la Malmaison quand le duc d'Enghien est jugé à Vincennes, en mars 1804 — photo Rémi Vernier, 14 septembre 2025, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Rueil-Malmaison

À la proclamation de l’Empire, en mai 1804, Mme de Chateaubriand rapporte la moquerie de Fontanes, qui suivait le cortège à cheval comme président du Corps législatif :

« […] il était furieux de cette cavalcade qui, disait-il, ne ressemblait pas mal à celle qui suit le bœuf gras […] »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge. · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Chateaubriand, sa femme et ses amis

L’article du Mercure (1807)

Revenu de Jérusalem, propriétaire du Mercure, il publie le 4 juillet 1807 (l’éditeur des Cahiers) un compte rendu du voyage en Espagne d’Alexandre de Laborde :

« Lorsque, dans le silence de l’abjection, l’on n’entend plus retentir que la chaîne de l’esclave et la voix du délateur ; lorsque tout tremble devant le tyran, et qu’il est aussi dangereux d’encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l’historien paraît, chargé de la vengeance des peuples. C’est en vain que Néron prospère, Tacite est déjà né dans l’empire […] »

Chateaubriand, Mercure de France, juillet 1807, cité dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVI, chapitre 10. · Lire le passage

« Napoléon s’emporta : on s’irrite moins en raison de l’offense reçue qu’en raison de l’idée que l’on s’est formée de soi. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 5. · Lire le passage

« « Chateaubriand croit-il que je suis un imbécile, que je ne le comprends pas ! je le ferai sabrer sur les marches des Tuileries. » Il donna l’ordre de supprimer le Mercure et de m’arrêter. Ma propriété périt ; ma personne échappa par miracle : Bonaparte eut à s’occuper du monde ; il m’oublia, mais je demeurai sous le poids de la menace. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 5. · Lire le passage

Exilé de Paris, il achète la Vallée-aux-Loups. Selon l’éditeur des Cahiers, Napoléon, « après un premier moment de colère », se borne à supprimer le Mercure et à l’éloigner de Paris, grâce à Fontanes.

Armand fusillé (1809)

Son cousin Armand, émissaire des princes, est pris sur la côte bretonne en 1808 et condamné. Chateaubriand fait remettre une lettre à l’Empereur par l’impératrice ; la reine Hortense lui en dira le sort, à Arenenberg, en 1832 :

Armand de Chateaubriand, portrait
Armand de Chateaubriand, portrait — Auteur inconnu — Wikimedia Commons (Public domain)

« Joséphine la donna à l’empereur ; il parut hésiter en la lisant, puis, rencontra un mot dont il fut blessé et il la jeta au feu avec impatience. J’avais oublié qu’il ne faut être fier que pour soi. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 7. · Lire le passage

Le château d'Arenenberg, résidence de la reine Hortense
Le château d'Arenenberg, résidence de la reine Hortense — JoachimKohler-HB — Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

« J’arrivai, tout en sueur, une seconde trop tard : Armand était fusillé contre le mur d’enceinte de Paris. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 7. · Lire le passage

« Lorsque je me promène sur le boulevard de la plaine de Grenelle, je m’arrête à regarder l’empreinte du tir, encore marquée sur la muraille. Si les balles de Bonaparte n’avaient laissé d’autres traces, on ne parlerait plus de lui. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 7. · Lire le passage

Un acte cité par Biré date la mort d’Armand du 31 mars 1809, le vendredi saint ; le premier livre des Mémoires dit « le Vendredi-Saint de l’année 1810 ».

Le discours de réception (1811)

Élu à l’Académie française au fauteuil de Marie-Joseph Chénier, il écrit un discours où il loue la liberté :

Jacques-Louis David, l'Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, 1812 (Washington, National Gallery of Art)
Jacques-Louis David, l'Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, 1812 (Washington, National Gallery of Art) — Jacques-Louis David — Wikimedia Commons (domaine public)

« M. Daru porta à Saint-Cloud le discours. Bonaparte déclara que s’il eût été prononcé, il aurait fait fermer les portes de l’Institut et m’aurait jeté dans un cul de basse-fosse pour le reste de ma vie. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVIII, chapitre 8. · Lire le passage

Il ne sera jamais reçu sous l’Empire.

De Buonaparte et des Bourbons (1814)

La brochure est datée du 30 mars 1814, la veille de l’entrée des Alliés à Paris :

De Buonaparte et des Bourbons, édition de 1814
De Buonaparte et des Bourbons, édition de 1814 — Cinokat — Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

« Comment sans l’intervention divine expliquer et l’élévation prodigieuse et la chute, plus prodigieuse encore, de celui qui naguère foulait le monde à ses pieds ? Il n’y a pas quinze mois qu’il étoit à Moscou, et les Russes sont à Paris […] »

Chateaubriand, De Buonaparte et des Bourbons, 1814. · Lire le passage

« Louis XVIII déclara, je l’ai déjà plusieurs fois mentionné, que ma brochure lui avait plus profité qu’une armée de cent mille hommes ; il aurait pu ajouter qu’elle avait été pour lui un certificat de vie. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXII, chapitre 15. · Lire le passage

Horace Vernet, les adieux de Fontainebleau, 20 avril 1814, peint en 1825
Horace Vernet, les adieux de Fontainebleau, 20 avril 1814, peint en 1825 — Horace Vernet — Wikimedia Commons (domaine public)

Les Cent-Jours et Waterloo (1815)

Napoléon débarque au golfe Juan le 1er mars 1815 ; Chateaubriand suit Louis XVIII à Gand. Le 18 juin, il se promène hors de la ville :

Le débarquement de Napoléon au golfe Juan, 1er mars 1815 (estampe, Bibliothèque nationale de France) : les lieux que Chateaubriand visite en 1838
Le débarquement de Napoléon au golfe Juan, 1er mars 1815 (estampe, Bibliothèque nationale de France) : les lieux que Chateaubriand visite en 1838 — auteur inconnu — Wikimedia Commons (Public domain)
Gent - Hotel d'Hane-Steenhuyse, een stadspaleis aan de Veldstraat - op de foto de classicistische achtergevel opgetrokken in de 18e eeuw
Gent - Hotel d'Hane-Steenhuyse, een stadspaleis aan de Veldstraat - op de foto de classicistische achtergevel opgetrokken in de 18e eeuw — Paul Hermans — Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

« J’étais déjà à plus d’une lieue de la ville, lorsque je crus ouïr un roulement sourd : je m’arrêtai, regardai le ciel assez chargé de nuées, délibérant en moi-même si je continuerais d’aller en avant, ou si je me rapprocherais de Gand dans la crainte d’un orage. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 16. · Lire le passage

« Cette grande bataille, encore sans nom, dont j’écoutais les échos au pied d’un peuplier, et dont une horloge de village venait de sonner les funérailles inconnues, était la bataille de Waterloo ! »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 16. · Lire le passage

Landau en berline du service de campagne de Napoléon, livré le 12 juin 1812, pris par les troupes de Blücher à Genappe après la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815 (Malmaison, MM.75.12.1, don du comte Blücher von Wahlstatt, 1975 ; cartel du musée)
Landau en berline du service de campagne de Napoléon, livré le 12 juin 1812, pris par les troupes de Blücher à Genappe après la bataille de Waterloo, le 18 juin 1815 (Malmaison, MM.75.12.1, don du comte Blücher von Wahlstatt, 1975 ; cartel du musée) — photo Rémi Vernier, 14 septembre 2025, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Rueil-Malmaison

Après la seconde abdication, Napoléon se retire à la Malmaison avant de gagner Rochefort :

« Le 27 juin, à la Malmaison, il écrivit cette sublime lettre : « En abdiquant le pouvoir, je n’ai pas renoncé au plus noble droit du citoyen, au droit de défendre mon pays. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 18. · Lire le passage

La bibliothèque de la Malmaison, par Fontaine ; selon le panneau du musée, c'est dans le petit appartement aménagé au-dessus que Napoléon vécut avant de partir pour l'île d'Aix, en juin 1815
La bibliothèque de la Malmaison, par Fontaine ; selon le panneau du musée, c'est dans le petit appartement aménagé au-dessus que Napoléon vécut avant de partir pour l'île d'Aix, en juin 1815 — photo Rémi Vernier, 14 septembre 2025, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Rueil-Malmaison

Sainte-Hélène (1815-1821)

Un article de Chateaubriand parvient à l’exilé, qui le juge devant Montholon :

« Chateaubriand a reçu de la nature le feu sacré : ses ouvrages l’attestent. Son style n’est pas celui de Racine, c’est celui du prophète. »

Napoléon, d’après Montholon, cité dans Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIV, chapitre 14. · Lire le passage

« Telles ont été mes dernières relations avec Bonaparte. − Pourquoi ne conviendrais-je pas que ce jugement chatouille de mon coeur l’orgueilleuse faiblesse ? »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIV, chapitre 14. · Lire le passage

Le fauteuil de bureau de Napoléon dans son cabinet de Longwood, à Sainte-Hélène : bois peint et cannage, Grande-Bretagne, début du XIXe siècle (Malmaison, inv. N.51, don du prince Napoléon et de la comtesse de Witt, 1979 ; cartel du musée)
Le fauteuil de bureau de Napoléon dans son cabinet de Longwood, à Sainte-Hélène : bois peint et cannage, Grande-Bretagne, début du XIXe siècle (Malmaison, inv. N.51, don du prince Napoléon et de la comtesse de Witt, 1979 ; cartel du musée) — photo Rémi Vernier, 14 septembre 2025, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Rueil-Malmaison
La canne de Napoléon à Sainte-Hélène, bambou et cuivre argenté (Malmaison, inv. N.384, don du prince Napoléon et de la comtesse de Witt, 1979 ; cartel du musée)
La canne de Napoléon à Sainte-Hélène, bambou et cuivre argenté (Malmaison, inv. N.384, don du prince Napoléon et de la comtesse de Witt, 1979 ; cartel du musée) — photo Rémi Vernier, 14 septembre 2025, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Rueil-Malmaison

Napoléon sur son lit de mort, 5 mai 1821 : estampe d'après Horace Vernet (Bibliothèque nationale de France)
Napoléon sur son lit de mort, 5 mai 1821 : estampe d'après Horace Vernet (Bibliothèque nationale de France) — d'après Horace Vernet — Wikimedia Commons (domaine public)

« Enfin, le 5, à six heures moins onze minutes du soir, au milieu des vents, de la pluie et du fracas des flots, Bonaparte rendit à Dieu le plus puissant souffle de vie qui jamais anima l’argile humaine. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIV, chapitre 11. · Lire le passage

François Charles Antommarchi (1789-1838), masque mortuaire de Napoléon, plâtre, après 1821 (Malmaison, inv. M.M.40.47.7284, acquis en 1944 de la petite-nièce d'Antommarchi). Selon le cartel, Antommarchi et Burton moulent le visage le 7 mai 1821 ; Marchand, le valet de chambre, lui trouvait « sa figure de consul »
François Charles Antommarchi (1789-1838), masque mortuaire de Napoléon, plâtre, après 1821 (Malmaison, inv. M.M.40.47.7284, acquis en 1944 de la petite-nièce d'Antommarchi). Selon le cartel, Antommarchi et Burton moulent le visage le 7 mai 1821 ; Marchand, le valet de chambre, lui trouvait « sa figure de consul » — photo Rémi Vernier, 14 septembre 2025, musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau, Rueil-Malmaison

La légende et les cendres (1821-1848)

« Bonaparte n’est plus le vrai Bonaparte, c’est une figure légendaire composée des lubies du poète, des devis du soldat et des contes du peuple ; c’est le Charlemagne et l’Alexandre des épopées du moyen âge que nous voyons aujourd’hui. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIV, chapitre 8. · Lire le passage

« Bonaparte appartenait si fort à la domination absolue, qu’après avoir subi le despotisme de sa personne, il nous faut subir le despotisme de sa mémoire. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIV, chapitre 8. · Lire le passage

En 1840, le gouvernement fait rapporter ses restes aux Invalides ; Chateaubriand en fait grief à Thiers :

Arrivée des cendres de Napoléon sur l'esplanade des Invalides, le 15 décembre 1840 (anonyme, Paris, musée Carnavalet) : Chateaubriand reproche à Thiers de les avoir « très inconsidérément » fait revenir
Arrivée des cendres de Napoléon sur l'esplanade des Invalides, le 15 décembre 1840 (anonyme, Paris, musée Carnavalet) : Chateaubriand reproche à Thiers de les avoir « très inconsidérément » fait revenir — anonyme — Wikimedia Commons (domaine public)

« […] il fait très inconsidérément revenir les cendres de Napoléon […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XLII, chapitre 2. · Lire le passage

Divergences entre les sources

Rencontres : deux, selon les Mémoires : la conversation chez Lucien en 1802 (livre XIV, chapitre 4) et l’audience de congé aux Tuileries, deux jours avant le 20 mars 1804, sans échange de paroles (livre XVI, chapitre 1) ; la fiche disait à tort qu’il ne l’avait rencontré qu’une fois. Naissance de Napoléon : 15 août 1769 (état civil, Napoléon lui-même) ; 5 février 1768 (Eckard, rapporté au livre XIX, chapitre 4). La fête de Lucien : les Mémoires font de Lucien le ministre de l’Intérieur en 1802 ; il l’avait été de décembre 1799 à 1800, et il est tribun en 1802 (Wikipédia). La menace de 1807 : « sur les marches des Tuileries » (Mémoires) ; « de mon palais » (Villemain, cité par Biré). Armand : fusillé le 31 mars 1809 (acte cité par Biré ; 1809 selon l’éditeur des Cahiers) ; « le Vendredi-Saint de l’année 1810 » (Mémoires, livre I, chapitre 1). La brochure de 1814 : « plus profité qu’une armée de cent mille hommes » (livre XXII, chapitre 15) ; « autant que cent mille hommes » (livre XXVIII, chapitre 17).

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XIV (4), XVI (1, 10), XVIII (5, 7, 8), XIX (1, 4), XXII (15), XXIII (16), XXIV (8, 11, 14), XLII (2)
Chateaubriand, De Buonaparte et des Bourbons, 1814 (Wikisource) (lire sur le site · Wikisource)
Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. J. Ladreit de Lacharrière, 1909 (Cahier rouge et notes) (lire en ligne)
Edmond Biré, éd. des Mémoires d’outre-tombe, 1898-1900, notes des t. II et III
Wikipédia, « Lucien Bonaparte » (dates de son ministère) (lire en ligne)
Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau : cartels et panneaux des salles (photographiés le 14 septembre 2025)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres XIV, XVI, XVIII, XIX à XXIV, XLII

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