Le duc est fusillé à l’aube dans les fossés de Vincennes. Chateaubriand démissionne aussitôt (le 22 selon la BnF) : l’acte fondateur de sa légende politique. Céleste et les Mémoires ne racontent pas la matinée de la même façon.
Nommé en novembre 1803 ministre de France auprès de la république du Valais, il prépare son départ quand, le 21 mars 1804, il apprend l’exécution du duc d’Enghien dans les fossés de Vincennes. Sa femme a noté la scène dans le Cahier rouge :
C’est leur ami Clausel de Coussergues qui vient, à sept heures du matin, leur annoncer la nouvelle.
« Mon mari ne balança pas ; il envoya de suite sa démission à M. de Talleyrand […] »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (lire en ligne). · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert
« Pour Fontanes, il devint fou de peur ; il se voyait déjà fusillé de compagnie avec M. de Chateaubriand […] »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge (lire en ligne). · Lire le passage dans Gabriel Pailhès, Du nouveau sur J. Joubert
« […] celui-ci se contenta de dire : « C’est bon » mais ses yeux étaient foudroyants […] »
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, sur Bonaparte (lire en ligne).
Pour ne pas paraître braver le Premier consul, la lettre invoque la santé de Mme de Chateaubriand ; Élisa Bacciochi protège ensuite l’écrivain de la colère de son frère.