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L'Enchanteur 1768—1848

Lieux

Rue Saint-Dominique, n° 27

27, rue Saint-Dominique-Saint-Germain (numéro de l'époque), Paris ; emplacement actuel non identifié

L’appartement de la rue Saint-Dominique, n° 27, attesté par Victor Hugo : c’est là qu’il fait sa première visite à Chateaubriand, en 1820, et que Mme de Chateaubriand lui vend du chocolat pour ses bonnes œuvres. De 1820 à 1824 selon Biré (dates discutées).

En bref

Adresse d’époque« Rue Saint-Dominique-Saint-Germain, no 27 » (Victor Hugo, Choses vues, notes de 1847) ; « au 27 de la rue Saint-Dominique » (Le Goffic, 1902).
Adresse actuelleNon identifiée (numérotation de l’époque ; position approximative sur la carte).
Dates selon BiréRue de l’Université, n° 25, de juillet 1815 à 1818 ; rue du Bac, n° 42, de 1818 à 1820 ; « en 1820 seulement », rue Saint-Dominique, n° 27 ; après le renvoi du ministère (6 juin 1824), l’appartement « lui parut trop onéreux » et il alla rue du Regard, n° 7 (Biré, appendice II du t. IV de son édition des Mémoires, et 1907, d’après l’Almanach royal). Victor Hugo raconté (1863) place au n° 27 la première visite de Hugo, après son ode sur la mort du duc de Berry (février 1820).
Dates (autres sources)Hugo écrit que Chateaubriand « demeurait encore alors » rue Saint-Dominique, au temps où lui-même, « adolescent », vivait « quinze mois avec huit cents francs » (vers 1821-1822 ?). Marouzeau place ce logement après la rue du Bac, où le pair de France s’installe pour la première fois avec un vrai train de maison, avant l’ambassade de Berlin (1820-1821). Le Goffic dit seulement qu’il l’habitait avant la rue d’Enfer (1826). Fourchette probable : vers 1820-1822 ; non tranché avec la rue de l’Université, occupée au plus tard fin 1822. Biré ne connaît pas le n° 18 de la rue de l’Université, que Céleste donne pour décembre 1822, ni le logement de cette rue où les Mémoires le font se replier le soir du renvoi.
Le logementUne cour, au fond un perron ; l’antichambre, « un grand salon meublé simplement et dont les sièges étaient recouverts de housses grises » ; la chambre où il reçoit le matin, en se lavant dans une cuvette (Victor Hugo raconté). Un salon « qui précédait le cabinet de son mari » ; un domestique ouvre la porte (Hugo). En octobre 1822, Céleste offre aux Joubert de loger chez elle : « Le Cerf couchera dans la bibliothèque, vous dans la chambre du Chat » (lettre citée par Besserve ; adresse non précisée).
Avec quiCéleste ; visiteurs : le jeune Victor Hugo.
CertitudeDomicile certain (témoignages de Hugo) ; dates de Biré, en partie contredites par la note de Céleste (rue de l’Université, 1822).

Histoire

Rue du faubourg Saint-Germain, entre Saint-Thomas-d’Aquin et les Invalides, bordée d’hôtels aristocratiques. Le domicile n’est pas nommé dans les Mémoires ; il est attesté par un témoin, Victor Hugo (Choses vues ; Victor Hugo raconté, 1863), par une note de Charles Le Goffic (1902) et par Edmond Biré, d’après l’Almanach royal.

Le premier soir de Victor Hugo (1820)

« Ce ne fut pas sans une vive émotion qu’il arriva au numéro 27 de la rue Saint-Dominique. Il suivit son guide à travers une cour, au fond de laquelle ils montèrent un perron. M. Agier sonna, un domestique, à tablier blanc, ouvrit, les introduisit dans l’antichambre, puis dans un grand salon meublé simplement et dont les sièges étaient recouverts de housses grises. »

Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, 1863, t. II, chapitre XXXIV.

« […] en 1820 seulement, il se transporta au numéro 27 de la rue Saint-Dominique Saint-Germain. »

Edmond Biré, Chateaubriand, Victor Hugo, H. de Balzac, 1907. · Lire le passage

Le récit complet des deux visites de Hugo est dans le dossier Victor Hugo.

Le chocolat de Mme de Chateaubriand

« M. de Chateaubriand demeurait encore alors rue Saint-Dominique-Saint-Germain, no 27. »

Victor Hugo, Choses vues, 1847.

« Mme de Chateaubriand était dans le salon qui précédait le cabinet de son mari. C’était le matin et c’était l’été. »

Victor Hugo, Choses vues, 1847.

« C’était un chocolat religieux qu’elle protégeait, et dont la vente était destinée à de bonnes œuvres. »

Victor Hugo, Choses vues, 1847.

« Le chocolat catholique et le sourire de Mme de Chateaubriand me coûtèrent quinze francs, c’est-à-dire vingt jours de nourriture. »

Victor Hugo, Choses vues, 1847.

« C’est le sourire de femme le plus cher qui m’ait jamais été vendu. »

Victor Hugo, Choses vues, 1847.

Le chocolat est vraisemblablement celui que fabrique l’infirmerie Marie-Thérèse depuis 1820 (Besserve ; rapprochement probable). J. Marouzeau, qui rapporte l’anecdote, la place à l’Infirmerie de la rue d’Enfer : le texte de Hugo la situe rue Saint-Dominique.

« Le Cerf couchera dans la bibliothèque, vous dans la chambre du Chat, et votre bonne sur l’escalier. »

Céleste de Chateaubriand à Mme Joubert, 13 octobre 1822 (Besserve, 1887). · Lire le passage

Sources et documents

Victor Hugo, Choses vues, « Madame de Chateaubriand » (1847) (lire en ligne)
Charles Le Goffic, « Les dernières années de Chateaubriand », L’Âme bretonne, 1re série, 1902 (lire en ligne)
Blanche Besserve, Vie de madame de Chateaubriand, Lille, Lefort, 1887 (lettres de Céleste, notice de l’Infirmerie) (lire sur le site · Internet Archive)
J. Marouzeau, « Monsieur et Madame de Chateaubriand à l’Infirmerie Marie-Thérèse », p. 43-51 (exemplaire photographié ; faits seulement, texte non libre de droits)

Quand il y vécut ou séjourna

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