Domicile de la famille au printemps et à l’été 1792 : le « petit hôtel de Villette », au fond du cul-de-sac Férou, avec Céleste, Lucile et Julie.
En bref
| Adresse d’époque | « Faubourg Saint−Germain, cul−de−sac Férou, petit hôtel de Villette » (Mémoires, livre IX, chapitre 2). L’impasse s’ouvrait sous une arcade du n° 2 de la rue Férou. |
|---|---|
| Adresse actuelle | Entre les n° 2 et 4 de la rue Férou, 75006 Paris : l’impasse a disparu (Wikipédia, d’après les nomenclatures des rues). L’Atlas de Jacoubet (feuille 31, vers 1836) la montre encore, « Impasse Férou », le long du séminaire Saint-Sulpice, à quelques centaines de mètres du couvent des Carmes. |
| Occupation | De l’arrivée de Saint-Malo (mai 1792, d’après la chronologie du site) au départ pour l’émigration, le 15 juillet 1792 ; les femmes y restent ensuite jusqu’à l’automne 1792, avant de regagner la Bretagne (Fougères, hôtel Farcy, selon Collas). |
| Avec qui | Sa femme Céleste (mariée à Saint-Malo le 21 février 1792), ses sœurs Lucile et Julie de Farcy. |
| Logement | Un « appartement » loué d’avance (« Nous avions fait arrêter un appartement »). Étage non connu. |
| Propriétaire | Le nom d’« hôtel de Villette » rattache la maison à la famille du marquis de Villette ; Wikipédia indique que sa veuve, Reine-Philiberte de Varicourt, la « Belle et Bonne » de Voltaire, habita l’impasse de 1793 à 1822 (à vérifier sur une source primaire). |
| Certitude | Domicile certain (Mémoires, Anatole France, Collas). Dates du départ des femmes : probables. |
Le lieu
Petite rue en impasse près de Saint-Sulpice, devenue la rue Férou, entre la place Saint-Sulpice et la rue de Vaugirard.
Histoire
Le couvent des Carmes, où sont massacrés plus de cent prêtres les 2 et 3 septembre 1792, est à quelques centaines de mètres. Chateaubriand y loge au printemps 1792 avec sa jeune femme et ses sœurs, juste avant d’émigrer ; les trois femmes y restent après son départ. Les Mémoires racontent que Mme Ginguené, avertie du massacre qui s’y préparait, les prévint et leur donna asile.
Le petit hôtel de Villette
« Mon oncle de Bedée et sa famille s’embarquèrent pour Jersey, et moi je partis pour Paris avec ma femme et mes soeurs, Lucile et Julie. Nous avions fait arrêter un appartement, faubourg Saint−Germain, cul−de−sac Fétou, petit hôtel de Villette. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 2. · Lire le passage
(Le texte de base des Mémoires imprime « Fétou », coquille pour Férou.) Anatole France situe la maison avec précision :
« […] où ils logèrent au petit hôtel de Villette, dans le cul-de-sac Férou, entre les tours de Saint-Sulpice et les arbres du Luxembourg, lieu discret, aimé des prêtres. »
Anatole France, Lucile de Chateaubriand, 1879. · Lire le passage
C’est là qu’il rapporte, un soir de juin ou de juillet 1792, l’argent emprunté pour émigrer, avant de le perdre au jeu :
« Un notaire nous procura dix mille francs : je les apportais en assignats chez moi, cul−de−sac Férou, lorsque je rencontrai, rue de Richelieu, un de mes anciens camarades au régiment de Navarre, le comte Achard. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 6. · Lire le passage
Septembre 1792 : les Carmes tout proches
L’impasse est à quelques centaines de mètres du couvent des Carmes, où l’on massacre les prêtres le 2 septembre 1792. Chateaubriand a émigré ; Mme Ginguené prévient la famille. Les deux textes des Mémoires divergent sur qui habitait l’impasse :
« Madame Ginguené prévint mes soeurs et ma femme du massacre qui devait avoir lieu aux Carmes et leur donna asile : elles demeuraient cul−de−sac Férou, dans le voisinage du lieu où l’on devait égorger. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 12. · Lire le passage
L’édition Biré (tome I, p. 223-224) imprime au contraire « elle demeurait cul-de-sac Férou » : ce serait alors Mme Ginguené qui y habitait. La leçon « elles » du texte de base concorde avec le livre IX ; la variante mérite d’être signalée (non tranchée ici).
Ce que devient le ménage
D’après Georges Collas (1958), qui s’appuie sur les comptes du tuteur de Céleste, celle-ci fait ménage avec Mme de Farcy et Lucile « d’abord à Paris, cul-de-sac Férou, puis à Fougères, hôtel Farcy », jusqu’au séquestre de ses biens (hiver ou printemps 1793). Les trois femmes sont arrêtées à Fougères à l’automne 1793 et détenues à Rennes (voir la fiche de Céleste).
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 12 ; livre IX, chapitres 2 et 6
Anatole France, Lucile de Chateaubriand, ses contes, ses poèmes, ses lettres, Paris, Charavay, 1879 (lire sur le site · Internet Archive)
Georges Collas, « Veuve d’un vivant. Céleste Buisson de la Vigne… (1792-1804) », Annales de Bretagne, t. 65, 1958, p. 169-200 (lire en ligne)
Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition avec une introduction, des notes et des appendices par Edmond Biré, Paris, Garnier, 6 vol. (1898-1900, rééd. 1910) (lire sur le site · Internet Archive)
Wikipédia, article « Rue Férou » (consulté le 31 octobre 2026 ; renseignement à recouper) (lire en ligne)

