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L'Enchanteur 1768—1848

Obsèques aux Missions étrangères

Chateaubriand sur son lit de mort : eau-forte anonyme d'après un dessin d'Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889), 1848 (don Béatrice Bothier à la Maison de Chateaubriand)
Chateaubriand sur son lit de mort : eau-forte anonyme d'après un dessin d'Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889), 1848 (don Béatrice Bothier à la Maison de Chateaubriand) — photo Rémi Vernier, 10 octobre 2026, exposition « La Vallée-aux-Loups et l'Abbaye-aux-Bois : les lieux d'un amour », Maison de Chateaubriand, Châtenay-Malabry

Le 8 juillet, date donnée par Victor Hugo, témoin de la cérémonie, et par Mayer.

Le service est célébré à l’église des Missions étrangères, rue du Bac, avant le départ du corps pour Saint-Malo.

Les obsèques ont lieu le samedi 8 juillet 1848 à la chapelle des Missions étrangères, rue du Bac, à quelques pas du domicile. Paris sort des journées de Juin ; la veille, on a enterré l’archevêque. Hugo y assiste et en fait une description sévère :

La façade de la chapelle des Missions étrangères, rue du Bac (photo 2017)
La façade de la chapelle des Missions étrangères, rue du Bac (photo 2017) — Guilhem Vellut from Paris, France — Wikimedia Commons (CC BY 2.0)
La chapelle des Missions étrangères (chapelle de l'Épiphanie), rue du Bac, où furent célébrées les obsèques de Chateaubriand le 8 juillet 1848 (photo 2019)
La chapelle des Missions étrangères (chapelle de l'Épiphanie), rue du Bac, où furent célébrées les obsèques de Chateaubriand le 8 juillet 1848 (photo 2019) — Thomon — Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

« Les obsèques de M. de Chateaubriand se firent le 8 juillet 1848, précisément au jour anniversaire de cette seconde rentrée de Louis XVIII en 1815 à laquelle il avait puissamment contribué. »

Victor Hugo, Choses vues (lire en ligne).

« Il y eut peu de foule et une émotion médiocre aux obsèques de M. de Chateaubriand. »

Victor Hugo, Choses vues (lire en ligne).

« […] quelques centaines de personnes ; Cousin en noir. Ampère avec l’habit de l’Institut, Villemain avec la plaque, M. Molé en redingote, sept femmes dans les tribunes hautes, un peu de peuple sous l’orgue […] »

Victor Hugo, Choses vues (lire en ligne).

« C’était trop et trop peu. J’eusse voulu pour M. de Chateaubriand des funérailles royales, Notre-Dame, le manteau de pair, l’habit de l’Institut, l’épée du gentilhomme émigré […] »

Victor Hugo, Choses vues (lire en ligne).

« […] ou le corbillard du pauvre dans une église de campagne. »

Victor Hugo, Choses vues (lire en ligne).

Le discours de l’Académie est prononcé par Patin. Le cercueil est ensuite descendu dans le caveau de la chapelle, en attendant que la marée permette l’accès au Grand Bé :

« Le cadavre ne pouvait partir immédiatement pour Saint-Malo, car le flot ne lui permettait de prendre possession de son tombeau que le 18 juillet. »

Victor Hugo, Choses vues (lire en ligne).

« J’y rêvai quelques minutes. Puis je sortis et la porte se referma. »

Victor Hugo, Choses vues (lire en ligne).

Sa mort, survenue au lendemain des journées de Juin, ne fait pas la une des journaux, mais la presse lui rend hommage ou le juge (extraits rapportés par Michel Moineau, « Chateaubriand ou le génie aux mille facettes », causerie (site de la Société Chateaubriand)) :

« […] le nom de Chateaubriand sera toujours associé à la liberté de la pensée, de la parole et de l’écriture […] »

Journal des Débats, juillet 1848, cité par Michel Moineau.

« Cet homme est mort dans la gloire, embaumé comme un saint par toutes les hypocrisies du temps […] »

La Réforme (Ledru-Rollin), juillet 1848, cité par Michel Moineau.

« Il vénère le passé mais comprend le présent. Son genre se ploie entre les deux France pour les concilier et les confondre […] »

Le Constitutionnel, juillet 1848, cité par Michel Moineau.

« […] il avait voulu relier le passé à l’avenir par la main de la liberté. »

Le Bien public, juillet 1848, cité par Michel Moineau.

Le Times, qui n’a pas oublié la guerre d’Espagne, juge que la vanité, inoffensive chez « un chevalier errant des lettres », devint dangereuse chez un ministre (traduction donnée par Moineau ; les originaux de ces articles n’ont pas été consultés ici).

Son monde ce jour-là

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