Face à la mer, sous une dalle sans nom surmontée d’une croix, après une messe dite par le curé de Combourg.
Chateaubriand avait obtenu de la ville de Saint-Malo, une douzaine d’années à l’avance, la concession d’un tombeau sur le Grand Bé, îlot accessible à marée basse face à la ville close. Le corps arrive par Dol, où l’attend une députation de la municipalité malouine.
« Il les interrogeait sur Saint-Malo, sur sa tombe du Grand-Bé dont il avait sollicité la concession douze ans à l’avance. Préoccupation lugubre, qui donnait froid aux os à Mme de Chateaubriand. »
Charles Le Goffic, L’Âme bretonne (lire en ligne).
La cérémonie a lieu le 19 juillet 1848, devant une foule immense ; le cercueil est hissé par une brèche du parapet du fort et descendu dans le caveau. (Le Goffic donne la date du 11 juillet, incompatible avec le témoignage de Hugo sur la marée du 18.)
« Une croix, une dalle, c’est tout le monument. Chateaubriand en avait fait lui-même le dessin […] »
Charles Le Goffic, L’Âme bretonne (lire en ligne).
La tombe ne porte aucun nom. Une plaque de métal, scellée plus tard dans un mur de pierre du Grand Bé, porte : « Un grand écrivain français a voulu reposer ici pour n’y entendre que la mer et le vent. Passant, respecte sa dernière volonté » (lu sur la photographie ; date de la plaque non trouvée).

Un dessin de la cérémonie, reproduit en carte postale au début du XXe siècle, la date du 19 juillet 1848 (Archives d’Ille-et-Vilaine, 6 FI SAINT-MALO/952) :

« Le Grand-Bé, où sera mon tombeau ; j’avais bien choisi sans le savoir : be, en breton, signifie tombe. »
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