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L'Enchanteur 1768—1848
Le château de Coppet, sur le Léman, résidence de Mme de Staël

Lieux

Château de Coppet

Coppet (canton de Vaud, Suisse)

Château des Necker, résidence d’exil de Mme de Staël ; il y vient en 1805, Mme Récamier y séjourne souvent.

En bref

VisitesAoût 1805 : visite à Mme de Staël, « seule au fond de son château » ; au retour de Chamonix, il ne peut la revoir. Fin septembre 1832 : visite du château fermé et du tombeau, avec Mme Récamier.
1805, deux récitsLes Mémoires racontent la visite au château et celle de Mme de Staël à Céleste, le lendemain, à Genève ; Céleste ne parle que de cette dernière, et de la promesse, non tenue, de revenir à Coppet après Chamonix (Cahier rouge), ce que disent aussi les Mémoires et une lettre de Chateaubriand à Mme de Staël écrite de Lyon (1er septembre 1805, publiée par Paul Gautier en 1903). Céleste ajoute que Mme de Staël écrivit d’avance à Paris des conversations imaginaires : l’éditeur de 1909 n’a pu le vérifier.
CertitudeVisites de 1805 et de 1832 certaines.

Le lieu

Sur la rive vaudoise du Léman, à une quinzaine de kilomètres au nord de Genève.

Histoire

Le château appartient à Necker depuis 1784 ; sa fille y tient pendant l’Empire la cour d’exil la plus brillante d’Europe (Benjamin Constant, Schlegel, Sismondi, Bonstetten). Mme Récamier y fait de longs séjours, dont celui de 1807 où le prince Auguste de Prusse la demande en mariage. Chateaubriand y vient en 1805 et blesse son hôtesse en vantant son exil. Il visite le château avec Juliette Récamier à la fin de septembre 1832, pendant son séjour genevois : elle y retrouve la chambre qu’elle avait habitée, et lui le tombeau de Mme de Staël.

1805

Le château de Coppet, « où Necker s'était retiré dès 1790 » (Larousse) : la demeure de sa fille pendant l'exil
Le château de Coppet, « où Necker s'était retiré dès 1790 » (Larousse) : la demeure de sa fille pendant l'exil — Ji-Elle — Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)

« J’allai voir à Coppet madame de Staël ; je la trouvai seule au fond de son château, qui renfermait une cour attristée. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVII, chapitre 3. · Lire le passage

« A notre retour à Genève, sans avoir pu revoir madame de Staël à Coppet, nous trouvâmes les auberges encombrées. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVII, chapitre 3. · Lire le passage

« On sut que nous n’avions point été à Coppet et que la noble châtelaine avait fait seulement un roman de plus […] »

Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe

« […] je voulais vous voir à Copet ; j’y comptais, je l’espérais, je le désirais vivement. »

Chateaubriand à Mme de Staël, Lyon, 1er septembre [1805], publiée par Paul Gautier, Revue des Deux Mondes, 1903.

1832

« Je suis allé hier visiter Coppet. Le château était fermé ; on m’en a ouvert les portes, j’ai erré dans les appartements déserts. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXV, chapitre 21. · Lire le passage

« […] madame Récamier a revu la chambre qu’elle avait habitée […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXV, chapitre 21. · Lire le passage

Château de Coppet : le papier peint de la chambre de Mme Récamier, qu'elle revit en septembre 1832 avec Chateaubriand
Château de Coppet : le papier peint de la chambre de Mme Récamier, qu'elle revit en septembre 1832 avec Chateaubriand — photo Sylvain lasco — Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)
Le Château de Coppet au clair de lune, aquarelle anonyme, avant 1849 ; Wikimedia Commons la dit avoir appartenu à Mme Récamier, qui avait dans sa chambre « une vue de Coppet au clair de lune » (Mémoires) : identification non vérifiée
Le Château de Coppet au clair de lune, aquarelle anonyme, avant 1849 ; Wikimedia Commons la dit avoir appartenu à Mme Récamier, qui avait dans sa chambre « une vue de Coppet au clair de lune » (Mémoires) : identification non vérifiée — auteur inconnu — Wikimedia Commons (domaine public)

« Un sépulcre avait été bâti d’avance dans ce bois pour y recevoir M. Necker, madame Necker et madame de Staël : quand celle-ci est arrivée au rendez-vous, on a muré la porte de la crypte. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXXV, chapitre 21. · Lire le passage

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XVII, chapitre 3 ; livre XXXV, chapitre 21
Céleste de Chateaubriand, Cahier rouge, année 1805
Les Cahiers de Madame de Chateaubriand, éd. J. Ladreit de Lacharrière, Paris, Émile-Paul, 1909 (texte de Céleste ; les notes de l’éditeur ne sont utilisées que pour les faits qu’elles signalent)
Paul Gautier, « Chateaubriand et Madame de Staël », Revue des Deux Mondes, 1903 (lire en ligne)

Dans le journal

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