Il part rejoindre la duchesse de Berry en Italie.
« Je suis bien moins ferme que dans le dernier voyage, bien qu’allant sous un plus beau ciel. Je vous laisse souffrante, et je n’ai pas de courage contre cela. »
Chateaubriand à Mme Récamier, lundi 2 septembre 1833 (lire sur le site). · Lire le passage
La lettre
Paris, lundi soir 2 septembre 1833
Ne pouvant vous voir demain matin, je vous écris ce soir pour vous dire adieu. Je suis bien moins ferme que dans le dernier voyage, bien qu’allant sous un plus beau ciel. Je vous laisse souffrante, et je n’ai pas de courage contre cela. Mme de Chateaubriand aussi n’est pas bien; enfin je suis tout troublé. Je me rassure en pensant qu’avant un mois, je serai revenu auprès de vous.
Je vous écrirai, je vous rapporterai des notes. Mais c’est un grand malheur de vivre ainsi toujours dans l’avenir, quand il reste si peu de présent.
Ce qui me désole encore plus, c’est que je serai bien longtemps sans recevoir de vos nouvelles. Risquez toujours quelques mots, poste restante, à Venise et à Milan. Si je n’y suis plus, je les ferai retirer.
Aimez-moi un peu, pensez à moi. Vous savez que c’est toute ma vie et toute ma protection.
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, t. II, 1859 (lire sur le site) · Lire le passage