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L'Enchanteur 1768—1848
Antoine de Rivarol, portrait par Wyrsch

Personnes

Antoine de Rivarol

26 juin 1753 – 11 avril 1801 ·

L’homme d’esprit le plus brillant de la fin de l’Ancien Régime. Chateaubriand le croise en émigration ; Chênedollé en fait son maître à Hambourg.

En bref

Naissance26 juin 1753 — Bagnols-sur-Cèze
Mort11 avril 1801 — Berlin
Sépulturecimetière de Dorotheenstadt
RencontreBruxelles, 1792, au dîner chez le baron de Breteuil, sur la route de l’armée des Princes (sommaire du livre IX des Mémoires).
Dans les Mémoires9 mentions (relevé automatique) : livres V (14) ; VIII (7) ; IX (8) ; X (7) ; XXIII (4).
RéférenceWikidata Q203952
Dans le journal

L’homme d’esprit

Antoine de Rivarol (1753-1801), écrivain et pamphlétaire royaliste, est de la petite troupe qui rit de la Révolution à ses débuts :

« Champcenetz, le marquis de Bonnay, Rivarol, Boniface, Mirabeau le cadet (le Holbein d’épée, qui leva sur le Rhin la légion des hussards de la Mort), Honoré Mirabeau l’aîné, s’amusaient à faire, en dînant, des caricatures et le Petit Almanach des grands hommes […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre V, chapitre 14. · Lire le passage

Bruxelles, 1792 : l’unique rencontre

Émigré avec son frère, Chateaubriand dîne chez le baron de Breteuil avant de rejoindre l’armée des Princes :

« […] et Rivarol que je n’ai vu que cette unique fois dans ma vie. On ne l’avait point nommé ; je fus frappé du langage d’un homme qui pérorait seul et se faisait écouter avec quelque droit comme un oracle. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 8. · Lire le passage

« L’esprit de Rivarol nuisait à son talent, sa parole à sa plume. Il disait, à propos des révolutions : « Le premier coup porte sur le Dieu, le second ne frappe plus qu’un marbre insensible. » […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 8. · Lire le passage

« Ma figure et mon silence gênaient Rivarol ; le baron de Breteuil, s’apercevant de sa curiosité inquiète, le satisfit : « D’où vient votre frère le chevalier ? » dit−il à mon frère. Je répondis : « De Niagara. » Rivarol s’écria : « De la cataracte ! » Je me tus. Il hasarda un commencement de question : « Monsieur va… ? − Où l’on se bat », interrompis−je. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 8. · Lire le passage

Souvenirs

À Londres, le journaliste Peltier, qui écrivait avec Rivarol aux Actes des Apôtres (Biré), en parle au jeune émigré :

« Si Rivarol, Champcenetz, Mirabeau−Tonneau et moi avions eu la bouche en coeur, nous aurions fait de belle besogne dans les Actes des Gloires ! »

Peltier, d’après Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 7. · Lire le passage

En 1815, sur la route de Gand, Bruxelles lui rappelle le dîner de 1792 :

« […] là je ne retrouvai ni le baron de Breteuil, ni Rivarol, ni tous ces jeunes aides de camp devenus morts ou vieux, ce qui est la même chose. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 4. · Lire le passage

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres V (14), IX (8), X (7), XXIII (4)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 8

Dans le journal

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