L’homme d’esprit le plus brillant de la fin de l’Ancien Régime. Chateaubriand le croise en émigration ; Chênedollé en fait son maître à Hambourg.
En bref
| Naissance | 26 juin 1753 — Bagnols-sur-Cèze |
|---|---|
| Mort | 11 avril 1801 — Berlin |
| Sépulture | cimetière de Dorotheenstadt |
| Rencontre | Bruxelles, 1792, au dîner chez le baron de Breteuil, sur la route de l’armée des Princes (sommaire du livre IX des Mémoires). |
| Dans les Mémoires | 9 mentions (relevé automatique) : livres V (14) ; VIII (7) ; IX (8) ; X (7) ; XXIII (4). |
| Référence | Wikidata Q203952 |
L’homme d’esprit
Antoine de Rivarol (1753-1801), écrivain et pamphlétaire royaliste, est de la petite troupe qui rit de la Révolution à ses débuts :
« Champcenetz, le marquis de Bonnay, Rivarol, Boniface, Mirabeau le cadet (le Holbein d’épée, qui leva sur le Rhin la légion des hussards de la Mort), Honoré Mirabeau l’aîné, s’amusaient à faire, en dînant, des caricatures et le Petit Almanach des grands hommes […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre V, chapitre 14. · Lire le passage
Bruxelles, 1792 : l’unique rencontre
Émigré avec son frère, Chateaubriand dîne chez le baron de Breteuil avant de rejoindre l’armée des Princes :
« […] et Rivarol que je n’ai vu que cette unique fois dans ma vie. On ne l’avait point nommé ; je fus frappé du langage d’un homme qui pérorait seul et se faisait écouter avec quelque droit comme un oracle. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 8. · Lire le passage
« L’esprit de Rivarol nuisait à son talent, sa parole à sa plume. Il disait, à propos des révolutions : « Le premier coup porte sur le Dieu, le second ne frappe plus qu’un marbre insensible. » […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 8. · Lire le passage
« Ma figure et mon silence gênaient Rivarol ; le baron de Breteuil, s’apercevant de sa curiosité inquiète, le satisfit : « D’où vient votre frère le chevalier ? » dit−il à mon frère. Je répondis : « De Niagara. » Rivarol s’écria : « De la cataracte ! » Je me tus. Il hasarda un commencement de question : « Monsieur va… ? − Où l’on se bat », interrompis−je. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 8. · Lire le passage
Souvenirs
À Londres, le journaliste Peltier, qui écrivait avec Rivarol aux Actes des Apôtres (Biré), en parle au jeune émigré :
« Si Rivarol, Champcenetz, Mirabeau−Tonneau et moi avions eu la bouche en coeur, nous aurions fait de belle besogne dans les Actes des Gloires ! »
Peltier, d’après Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 7. · Lire le passage
En 1815, sur la route de Gand, Bruxelles lui rappelle le dîner de 1792 :
« […] là je ne retrouvai ni le baron de Breteuil, ni Rivarol, ni tous ces jeunes aides de camp devenus morts ou vieux, ce qui est la même chose. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XXIII, chapitre 4. · Lire le passage
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres V (14), IX (8), X (7), XXIII (4)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 8
