Moraliste et académicien, rencontré à Paris en 1789 dans l’entourage de Ginguené ; rallié à la Révolution, il se donne la mort sous la Terreur.
En bref
| Naissance | 6 avril 1741 — Clermont, Clermont-Ferrand |
|---|---|
| Mort | 13 avril 1794 — Paris |
| Divergence | Naissance : 6 avril 1741 (site) ; 1740 selon Wikidata, les biographes hésitant entre les deux années. |
| Rencontre | Paris, 1787-1789, dans le cercle de Ginguené et de Delisle de Sales ; il admire Lucile (Mémoires, livre III, chapitre 8). |
| Dans les Mémoires | 8 mentions (relevé automatique) : livres III (8) ; IV (12) ; V (14, 15) ; IX (6) ; XI (2). |
| Référence | Wikidata Q347891 |
Le moraliste
Sébastien-Roch-Nicolas, dit Chamfort, né près de Clermont en Auvergne, auteur dramatique, académicien, rallié à la Révolution, collabore au Mercure avec La Harpe :
« Mallet−Dupan, dans la partie politique du Mercure, était en opposition avec Laharpe et Chamfort dans la partie littéraire du même journal. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre V, chapitre 14. · Lire le passage
Chez Ginguené, 1789
Le jeune chevalier le rencontre chez Ginguené, que Chamfort emploie :
« Vers le temps de la convocation des Etats−Généraux, Chamfort l’employa à barbouiller des articles pour des journaux et des discours pour des clubs […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 12 (sur Ginguené). · Lire le passage
Il admire Lucile, venue à Paris en 1789 avec Julie :
« Quiconque la connut, l’admira depuis M. de Malesherbes jusqu’à Chamfort. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre III, chapitre 8. · Lire le passage
L’Essai sur les révolutions (1797) en fait un portrait de souvenir, que Biré rapproche des Mémoires :
« Chamfort […] était d’une taille au-dessus de la médiocre, un peu courbé, d’une figure pâle, d’un teint maladif. Son œil bleu, souvent froid et couvert dans le repos, lançait l’éclair quand il venait à s’animer. »
Essai sur les révolutions, livre I, première partie, chapitre XXIV, cité par Biré. · Lire le passage
« Je l’ai souvent vu chez M. Guinguené, et plus d’une fois il m’a fait passer d’heureux moments, lorsqu’il consentait, avec une petite société choisie, à accepter un souper dans ma famille. »
Même chapitre. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe
Les querelles de 1790-1792
« […] des discussions non moins aigres avec Ginguené, Laharpe et Chamfort. Dès ma jeunesse, mon impartialité politique ne plaisait à personne. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre V, chapitre 15. · Lire le passage
« Ginguené, Chamfort, mes anciens amis les gens de lettres, étaient charmés de la journée du 20 juin. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IX, chapitre 6. · Lire le passage
Le jugement des Mémoires
« […] le plus bilieux des gens de lettres que je connus à Paris à cette époque était Chamfort ; atteint de la maladie qui a fait les Jacobins, il ne pouvait pardonner aux hommes le hasard de sa naissance. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 12. · Lire le passage
« On ne pouvait lui contester de l’esprit et du talent mais de cet esprit et de ce talent qui n’atteignent point la postérité. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 12. · Lire le passage
La mort, 1794
« Furieux de retrouver l’inégalité des rangs jusque dans le monde des douleurs et des larmes, condamné à n’être encore qu’un vilain dans la féodalité des bourreaux, il se voulut tuer pour échapper aux supériorités du crime ; il se manqua : la mort se rit de ceux qui l’appellent et qui la confondent avec le néant. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre IV, chapitre 12. · Lire le passage
Biré raconte la tentative : menacé d’une seconde arrestation, Chamfort se tire un coup de pistolet, puis se taillade au rasoir.
« La mort s’était ri de lui, selon le mot de Chateaubriand, et elle le vint prendre seulement quelques semaines plus tard, le 13 avril 1794. »
Edmond Biré, note des Mémoires d’outre-tombe, t. I. · Lire le passage
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres III (8), IV (12), V (14, 15), IX (6), XI (2)
Chateaubriand, Essai sur les révolutions, 1797, livre I, première partie, chapitre XXIV (lire en ligne)
Edmond Biré, éd. des Mémoires d’outre-tombe, Garnier, 1898-1900, t. I, notes (lire sur le site · Internet Archive)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livres III, IV et V
