Professeur de français pendant près de trente mois ; presbytère du révérend John Clement Ives, père de Charlotte.
En bref
| Beccles | Arrivé par la diligence de Londres à Norwich, il descend au King’s Head (Le Braz). Il occupe ensuite deux chambres successives selon Wilton Rix : dans la maison du docteur Crowfoot, au coin de Saltgate Street et du cimetière Saint-Michel (sa chambre donnant sur le cimetière), puis chez un M. Butcher, dans Hungate Lane (maison disparue). |
|---|---|
| Blybungate Street | Le catalogue de 1948 expose la photographie d’une « maison qu’habita Chateaubriand, Blybungate Street, à Beccles » (archives de la Société Chateaubriand) : troisième adresse, à concilier avec celles de Wilton Rix (non tranché). |
| Un ancien élève | Hinchman Crowfoot lui écrit de Beccles le 10 juillet 1815 en souvenir des heures passées « when your pupil » avec « Monsr Combourg » : preuve qu’il y fut professeur, ce que les Mémoires taisent (catalogue de 1948). |
| Le secours de 1794 | De Beccles, le 5 août 1794, il écrit au comte de Plouër, fils de sa marraine, qu’il accepte deux guinées de secours extraordinaire mais refuse un secours régulier (catalogue de 1948). |
| Bungay | Il fréquente la maison du Rev. John Ives, au bas de Bridge Street, où il donne des leçons à Charlotte Ives (selon la tradition locale, il aurait tenu une classe dans cette maison). |
| Occupation | Début 1794 (février au plus tard, selon Le Braz) – 1796 ; selon les Mémoires, il déchiffre pour une société d’antiquaires de vieux manuscrits français ; selon Le Braz, il donne aussi des leçons. |
| Avec qui | Le recteur de Beccles, Bence Sparrow ; John Ives (vicaire de St Margaret Ilketshall, non de Bungay, précise Le Braz), sa femme et sa fille Charlotte ; son cousin La Bouëtardais loge un temps chez lui (« Mon cousin loge dans mon appartement, maison Butcher », lettre de janvier 1797). |
| Départ | Après l’aveu de son mariage à Mme Ives, il part à pied pour Beccles et prend la poste pour Londres. |
| Certitude | Séjour certain (Mémoires) ; maisons de Beccles d’après Wilton Rix, cité par Le Braz ; dates discutées (1794 ou 1795). |
Le lieu
Deux petites villes de marché du Suffolk, dans la vallée de la Waveney, à la limite du Norfolk.
Histoire
Chateaubriand y enseigne le français et traduit des textes pour une société d’antiquaires. À Bungay, chez le révérend John Clement Ives, naît son amour pour Charlotte, la fille de la maison. À Londres, son compagnon d’exil Pelletier l’adresse à Beccles pour déchiffrer des manuscrits français du XIIe siècle de la collection de Camden, dont le pasteur du lieu dirige la publication. Il change son nom en « Combourg ». Il quitte plus tard Bungay à pied, gagne Beccles et prend la poste pour Londres, après avoir écrit à Mme Ives une lettre dont il regrette de n’avoir pas gardé de copie.
Témoignages d’archives
« […] mais il y a une grande consolation pour les infortunés […] »
Chateaubriand au comte de Plouër, Beccles, 5 août 1794 (catalogue de 1948).
« […] are too strongly imprinted on his mind to allow him ever to forget Monsr Combourg […] »
Hinchman Crowfoot à Chateaubriand, Beccles, 10 juillet 1815 (catalogue de 1948).
Les deux logis de Beccles
« D’après Wilton Rix, Chateaubriand occupa successivement deux chambres. »
Anatole Le Braz, Au pays d’exil de Chateaubriand, 1909. · Lire le passage
« A l’angle de la rue et du cimetière, — que bordent un de ses pignons et le mur de son jardin, — se dresse une grande maison bourgeoise, d’aspect cossu, à deux étages […] »
Anatole Le Braz, Au pays d’exil de Chateaubriand, 1909. · Lire le passage
Le Braz ajoute que c’est de ce côté, vers le cimetière, que donnait la chambre de Chateaubriand. La seconde chambre, chez M. Butcher, était dans Hungate Lane, « une espèce de venelle assez étroite » reliée par un passage voûté à la place du New Market ; la maison a disparu.
Bridge Street, Bungay
« Je sortis, et sans rentrer dans ma chambre, je partis à pied. J’arrivai à Beccles, et je pris la poste pour Londres […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 9. · Lire le passage
Ce qu’il en écrit
« Quatre lieues de Beccles, dans une petite ville appelée Bungay, demeurait un ministre anglais, le révérend M. Ives, grand helléniste et grand mathématicien. »
Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 9. · Lire le passage
« Je changeai mon nom, qu’aucun Anglais ne pouvait prononcer, en celui de Combourg qu’avait porté mon frère […] »
Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 7. · Lire le passage
« J’arrivai à Beccles, et je pris la poste pour Londres, après avoir écrit à madame Ives une lettre dont je regrette de n’avoir pas gardé de copie. »
Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 9. · Lire le passage
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitres 7 à 11
Anatole Le Braz, Au pays d’exil de Chateaubriand, Paris, Champion, 1909 (enquête sur place à Beccles et Bungay, d’après les papiers de l’antiquaire Wilton Rix) (lire sur le site · Internet Archive)
Chateaubriand, 1768-1848. Exposition du centenaire, Paris, Bibliothèque nationale, 1948 (catalogue ; faits seulement) (lire en ligne)



