Après son discours du 7 août, il rend au ministre des Finances la pension de 12 000 francs : il n’a plus de revenu.
« Il ne serait pas juste que je conservasse une faveur attachée à l’exercice de fonctions que je ne puis remplir. En conséquence, j’ai l’honneur de résigner entre vos mains ma pension […] »
Chateaubriand au ministre des Finances, Paris, 12 août 1830. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe
Il ne lui reste que ses droits d’auteur ; c’est l’origine des difficultés d’argent qui le conduiront à vendre ses Mémoires en 1836.
La lettre
Paris, ce 12 août 1830
Monsieur le ministre des finances,
Il me reste des bontés de Louis XVIII et de la munificence nationale une pension de pair de douze mille francs, transformée en rentes viagères inscrites au grand livre de la dette publique et transmissibles seulement à la première génération directe du titulaire. Ne pouvant prêter serment à monseigneur le duc d’Orléans comme roi des Français, il ne serait pas juste que je continuasse de toucher une pension attachée à des fonctions que je n’exerce plus. En conséquence, je viens la résigner entre vos mains : elle aura cessé de courir pour moi depuis le jour (10 août) où j’ai écrit à M. le président de la Chambre des pairs qu’il m’était impossible de prêter le serment exigé.
J’ai l’honneur d’être avec une haute, etc.
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe · Lire le passage