Dans le ministère Martignac ; Chateaubriand se flatte d’avoir contribué à la nomination de son ami.
« Eh bien! Marie, êtes-vous contente? voilà notre ami ministre, et vous serez encore plus satisfaite que j’aie eu le bonheur de contribuer à sa nomination […] »
Chateaubriand à la marquise de Vichet, Paris, 10 mars 1828 (lire sur le site). · Lire le passage
Après la chute de Villèle (janvier 1828), le ministère Martignac rouvre la porte aux amis de Chateaubriand ; lui-même refuse un portefeuille et obtient l’ambassade de Rome en juin.
La lettre
De Chateaubriand, Paris, 10 mars 1828
Eh bien! Marie, êtes-vous contente? voilà notre ami ministre, et vous serez encore plus satisfaite que j’aie eu le bonheur de contribuer à sa nomination. Je vis les ministres le samedi, et, le lundi, il était à la marine. C’est une excellente acquisition pour la France et pour le roi.
Votre promenade solitaire m’a charmé. J’aurais voulu vous aider à transporter cet arbre et cheminer dans les rudes sentiers de la montagne. Vous avez pris un nuage pour moi. Vous avez raison; je passerai bientôt, mais je n’aurai que la courte existence de votre nuage et non sa beauté.
Ne viendrez-vous point, à présent, solliciter quelque chose à Paris? Vous serez en crédit; vous me trouverez dans mon hôpital; j’en sortirai pour vous. J’irai importuner les ministres. Tâchez de prendre un peu à l’ambition: j’en profiterai, et, si ma vue ne détruit pas votre illusion, nous pourrons nous aimer en nous connaissant, après nous être aimés sans nous connaître.
Je ne puis vous écrire plus au long aujourd’hui, j’ai mon rhumatisme dans la tête: car, malgré votre indulgente imagination, vous vous doutez bien qu’un rhumatisme s’est fourré sous des cheveux gris. Prenez-moi comme je suis; moi, je vous aime à jamais comme vous êtes.
Un dernier amour de René. Correspondance de Chateaubriand avec la marquise de V…, 1903 (lire sur le site) · Lire le passage