Plénipotentiaire au congrès de la Sainte-Alliance, il défend l’intervention française en Espagne pour rétablir Ferdinand VII. Il en tirera Le Congrès de Vérone (1838).
Le congrès réunit à Vérone, d’octobre à décembre 1822, les souverains de la Sainte-Alliance pour décider du sort de l’Espagne, où une révolution libérale tient Ferdinand VII prisonnier de la constitution de Cadix. Chateaubriand, ambassadeur à Londres, obtient d’être plénipotentiaire aux côtés de Mathieu de Montmorency ; il y côtoie Alexandre Ier, Metternich, Wellington.
Il pousse à l’intervention française, contre l’avis de l’Angleterre. À son retour, Montmorency démissionne ; Chateaubriand lui succède aux Affaires étrangères le 28 décembre. Il racontera tout cela en 1838 dans Le Congrès de Vérone.
Ses lettres donnent le calendrier. Il arrive le 14 octobre, presse Juliette de le rejoindre en Italie, puis annonce son départ du 10 au 12 décembre ; il repart le 13 (Mayer, 1946). Mme Lenormant imprime « ce mardi 8 octobre » en tête de la lettre d’arrivée à Mme Récamier ; mais le 8 il est à Genève (Mayer), et Montmorency, que cette lettre attend « ce matin », écrit encore de Vicence le 15. Le 15 octobre 1822 est un mardi, comme le 8 :
« Je suis arrivé hier ; j’ai trouvé ma maison toute montée et votre gendre établi chez moi […] »
Chateaubriand à Mme de Duras, Vérone, mardi 15 octobre 1822, dans Pailhès, La duchesse de Duras et Chateaubriand, 1910 (lire sur le site). · Lire le passage
« Me voilà arrivé. On assure que le congrès sera fini dans les premiers jours de décembre. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Vérone, « ce mardi 8 octobre 1822 » (sans doute le 15) (lire sur le site). · Lire le passage
« Il faut donc aller à vous, puisque vous ne voulez pas venir à moi. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Vérone, 3 décembre 1822 (lire sur le site). · Lire le passage
Les lettres
Vérone, ce mardi 8 octobre 1822
Me voilà arrivé. On assure que le congrès sera fini dans les premiers jours de décembre. Je le crois, d’après ce que je sais déjà de la besogne faite et à faire. Maintenant quelle sera votre résolution? C’est un grand tourment de ne pouvoir s’expliquer. Si vous venez, je reste; si vous restez, je ferai en sorte de partir à peu près avec Mathieu qui ne doit rester que quinze jours à Vérone. Au fond je n’ai rien à faire ici où tout va très-bien. Écrivez-moi, soit par la poste qui part tous les jours (mais en ayant soin de faire affranchir vos lettres jusqu’à la frontière d’Italie), ou par les courriers des affaires étrangères. Mathieu n’est pas encore ici, il arrive ce matin. J’ai reçu plusieurs lettres très-amicales de lui. J’attends un mot de vous pour régler tout.
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, t. I, 1859 (lire sur le site) · Lire le passage
Vérone, ce 3 décembre 1822
Le moment de quitter Vérone approche et je n’ai point de lettre de vous. Il faut donc aller à vous, puisque vous ne voulez pas venir à moi. M. de Bourgoing, dont j’ai été charmé, vous remettra cette lettre. Il vous dira que je compte partir du 10 au 12, et être vers le 20 à Paris. Au milieu des grands événements de l’Europe, je n’ai qu’une pensée; il faudra pourtant que nous prenions une résolution à Paris. Il est impossible de vivre comme cela. Vous aurez vu M. de Montmorency. J’ai hérité de ses succès ici. On dit qu’il se prépare des orages pour le ministère, mais ce sera des orages royalistes, car les élections ont tué vos amis les libéraux.
À bientôt. Ce mot me console de tout.
Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier, t. I, 1859 (lire sur le site) · Lire le passage