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L'Enchanteur 1768—1848
Bungay (Suffolk), où vivait la famille Ives

Lieux

Beccles et Bungay (Suffolk)

Bungay, Suffolk

Professeur de français pendant près de trente mois ; presbytère du révérend John Clement Ives, père de Charlotte.

En bref

BecclesArrivé par la diligence de Londres à Norwich, il descend au King’s Head (Le Braz). Il occupe ensuite deux chambres successives selon Wilton Rix : dans la maison du docteur Crowfoot, au coin de Saltgate Street et du cimetière Saint-Michel (sa chambre donnant sur le cimetière), puis chez un M. Butcher, dans Hungate Lane (maison disparue).
Blybungate StreetLe catalogue de 1948 expose la photographie d’une « maison qu’habita Chateaubriand, Blybungate Street, à Beccles » (archives de la Société Chateaubriand) : troisième adresse, à concilier avec celles de Wilton Rix (non tranché).
Un ancien élèveHinchman Crowfoot lui écrit de Beccles le 10 juillet 1815 en souvenir des heures passées « when your pupil » avec « Monsr Combourg » : preuve qu’il y fut professeur, ce que les Mémoires taisent (catalogue de 1948).
Le secours de 1794De Beccles, le 5 août 1794, il écrit au comte de Plouër, fils de sa marraine, qu’il accepte deux guinées de secours extraordinaire mais refuse un secours régulier (catalogue de 1948).
BungayIl fréquente la maison du Rev. John Ives, au bas de Bridge Street, où il donne des leçons à Charlotte Ives (selon la tradition locale, il aurait tenu une classe dans cette maison).
OccupationDébut 1794 (février au plus tard, selon Le Braz) – 1796 ; selon les Mémoires, il déchiffre pour une société d’antiquaires de vieux manuscrits français ; selon Le Braz, il donne aussi des leçons.
Avec quiLe recteur de Beccles, Bence Sparrow ; John Ives (vicaire de St Margaret Ilketshall, non de Bungay, précise Le Braz), sa femme et sa fille Charlotte ; son cousin La Bouëtardais loge un temps chez lui (« Mon cousin loge dans mon appartement, maison Butcher », lettre de janvier 1797).
DépartAprès l’aveu de son mariage à Mme Ives, il part à pied pour Beccles et prend la poste pour Londres.
CertitudeSéjour certain (Mémoires) ; maisons de Beccles d’après Wilton Rix, cité par Le Braz ; dates discutées (1794 ou 1795).

Le lieu

Deux petites villes de marché du Suffolk, dans la vallée de la Waveney, à la limite du Norfolk.

Histoire

Chateaubriand y enseigne le français et traduit des textes pour une société d’antiquaires. À Bungay, chez le révérend John Clement Ives, naît son amour pour Charlotte, la fille de la maison. À Londres, son compagnon d’exil Pelletier l’adresse à Beccles pour déchiffrer des manuscrits français du XIIe siècle de la collection de Camden, dont le pasteur du lieu dirige la publication. Il change son nom en « Combourg ». Il quitte plus tard Bungay à pied, gagne Beccles et prend la poste pour Londres, après avoir écrit à Mme Ives une lettre dont il regrette de n’avoir pas gardé de copie.

Témoignages d’archives

« […] mais il y a une grande consolation pour les infortunés […] »

Chateaubriand au comte de Plouër, Beccles, 5 août 1794 (catalogue de 1948).

« […] are too strongly imprinted on his mind to allow him ever to forget Monsr Combourg […] »

Hinchman Crowfoot à Chateaubriand, Beccles, 10 juillet 1815 (catalogue de 1948).

Les deux logis de Beccles

« D’après Wilton Rix, Chateaubriand occupa successivement deux chambres. »

Anatole Le Braz, Au pays d’exil de Chateaubriand, 1909. · Lire le passage

« A l’angle de la rue et du cimetière, — que bordent un de ses pignons et le mur de son jardin, — se dresse une grande maison bourgeoise, d’aspect cossu, à deux étages […] »

Anatole Le Braz, Au pays d’exil de Chateaubriand, 1909. · Lire le passage

Le Braz ajoute que c’est de ce côté, vers le cimetière, que donnait la chambre de Chateaubriand. La seconde chambre, chez M. Butcher, était dans Hungate Lane, « une espèce de venelle assez étroite » reliée par un passage voûté à la place du New Market ; la maison a disparu.

Bridge Street, Bungay

« Je sortis, et sans rentrer dans ma chambre, je partis à pied. J’arrivai à Beccles, et je pris la poste pour Londres […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 9. · Lire le passage

Ce qu’il en écrit

« Quatre lieues de Beccles, dans une petite ville appelée Bungay, demeurait un ministre anglais, le révérend M. Ives, grand helléniste et grand mathématicien. »

Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 9. · Lire le passage

« Je changeai mon nom, qu’aucun Anglais ne pouvait prononcer, en celui de Combourg qu’avait porté mon frère […] »

Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 7. · Lire le passage

« J’arrivai à Beccles, et je pris la poste pour Londres, après avoir écrit à madame Ives une lettre dont je regrette de n’avoir pas gardé de copie. »

Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 9. · Lire le passage

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitres 7 à 11
Anatole Le Braz, Au pays d’exil de Chateaubriand, Paris, Champion, 1909 (enquête sur place à Beccles et Bungay, d’après les papiers de l’antiquaire Wilton Rix) (lire sur le site · Internet Archive)
Chateaubriand, 1768-1848. Exposition du centenaire, Paris, Bibliothèque nationale, 1948 (catalogue ; faits seulement) (lire en ligne)

Saltgate, à Beccles : la maison du docteur Crowfoot, où il eut sa première chambre, fait l'angle de la rue et du cimetière Saint-Michel (photographie, 2011)
Saltgate, à Beccles : la maison du docteur Crowfoot, où il eut sa première chambre, fait l'angle de la rue et du cimetière Saint-Michel (photographie, 2011) — Glen Denny — Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)
Bridge Street, à Bungay, la rue de la maison des Ives (photographie, 2013)
Bridge Street, à Bungay, la rue de la maison des Ives (photographie, 2013) — Geographer — Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Quand il y vécut ou séjourna

Dans le journal

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