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L'Enchanteur 1768—1848
La barrière de Tottenham Court Road vers 1800 : son premier grenier était « au bout d'une petite rue qui joignait Tottenham−Court−Road » (Wellcome Collection)

Lieux

Londres

Londres

Exil de 1793 à 1800 (grenier à Holborn selon les Mémoires ; une plaque est à Marylebone : contradiction non résolue), puis ambassade en 1822 et voyage de 1843.

En bref

1793Grenier « au bout d’une petite rue qui joignait Tottenham−Court−Road », six shillings par mois, préparé par son cousin La Bouëtardais (le « grenier de Holborn ») ; puis une chambre chez l’imprimeur Baylis, une guinée par mois.
Hiver 1793-1794« Garret » aux environs de Mary-Le-Bone Street, dont la lucarne donne sur un cimetière ; New Road, près de Marylebone Street, selon Le Braz.
1796-1797De retour du Suffolk ; ses lettres de janvier 1797 sont datées « Greville Street, Holborn, n° 15 », adresse de l’imprimerie Baylis (Le Braz, d’après Baldensperger), pendant l’impression de l’Essai sur les révolutions.
1797-1800Route de Hampstead, quelques mois chez Mme O’Larry, veuve irlandaise ; puis « de logement en logement » jusqu’au quartier de la riche émigration de l’ouest. Été 1799 à Richmond, avec Christian de Lamoignon.
1822Ambassadeur : hôtel de l’ambassade, Portland Place, n° 30 (voir cette fiche).
Avec quiHingant de la Tiemblais (conseiller au parlement de Bretagne), Pelletier (Peltier), son cousin La Bouëtardais ; plus tard Fontanes (1798), Christian de Lamoignon, Mme Lindsay.
CertitudeLogements de 1793-1794 et de 1797-1800 : Mémoires ; rues précises (New Road, Greville Street) : Le Braz. Aucun numéro pour les greniers.

Le lieu

Capitale du royaume de Grande-Bretagne, alors la plus grande ville d’Europe, sur la Tamise.

Histoire

Des milliers d’émigrés français s’y réfugient à partir de 1792. Chateaubriand y vit d’abord dans un grenier de Holborn, puis près de la route de Hampstead ; il y écrit l’Essai sur les révolutions (1797). Il y revient en 1822 comme ambassadeur de Louis XVIII. Les Mémoires opposent deux Londres : celui de l’émigré pauvre, installé près de Marylebone Street, dans un garret dont la lucarne donne sur un cimetière, et celui de l’ambassadeur de 1822, présenté par Canning à la réunion annuelle du Literary Fund.

Les greniers

« […] j’allai loger, à six schillings par mois, sous le lattis d’un grenier que m’avait préparé un cousin de Bretagne, au bout d’une petite rue qui joignait Tottenham−Court−Road. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre VI, chapitre 1. · Lire le passage

« […] me prend par le bras et me conduit chez l’imprimeur Baylis, où il me loue sans façon une chambre au prix d’une guinée par mois. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 5. · Lire le passage

« […] ils m’installèrent aux environs de Mary−Le−Bone−Street dans un garret dont la lucarne donnait sur un cimetière : chaque nuit la crécelle du watchman m’annonçait que l’on venait de voler des cadavres. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 6. · Lire le passage

Anatole Le Braz situe ce galetas « dans New Road, près de Marylebone Street ». Revenu en 1822, Chateaubriand ne le retrouve plus :

« Un cimetière, perspective de la lucarne d’un de mes greniers, avait disparu dans l’enceinte d’une fabrique. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre VI, chapitre 1. · Lire le passage

Vers l’ouest

« […] je quittai d’abord Holborn−Tottenham−Courtroad et m’avançai jusque sur la route d’Hampstead. Là, je stationnai quelques mois chez madame O’Larry, veuve irlandaise […] »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 2. · Lire le passage

« […] j’arrivai, de logement en logement, jusqu’au quartier de la riche émigration de l’ouest, parmi les évêques, les familles de cour et les colons de la Martinique. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XI, chapitre 2. · Lire le passage

« Je passai une partie de l’été de 1799 à Richmond avec Christian de Lamoignon, m’occupant du Génie du Christianisme. »

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XII, chapitre 5. · Lire le passage

Chronologie des séjours

DateCe qui s’y passe
21 mai 1793Arrivée de Southampton ; « grenier de Holborn » où le loge son cousin La Bouëtardais (livre X, chapitre 4).
été 1793Pelletier lui loue une chambre chez l’imprimeur Baylis, une guinée par mois ; Hingant loge « au fond d’une rue qui donnait dans Holborn » (livre X, chapitre 5).
hiver 1793-1794Misère ; il quitte Baylis pour un « garret » près de Mary-Le-Bone Street, sur un cimetière (livre X, chapitre 6).
début 1794 (?)Départ pour le Suffolk (Beccles) : février au plus tard selon Le Braz, 1795 selon Baldensperger.
1796Retour à Londres après l’aveu fait aux Ives (« je suis marié ! »).
janvier 1797Lettres datées « Greville Street, Holborn, n° 15 » ; l’Essai paraît en mars 1797.
1797-1799Route de Hampstead (Mme O’Larry), puis quartier de l’ouest ; Fontanes, exilé, le retrouve en 1798.
été 1799Richmond, avec Christian de Lamoignon ; travail au Génie du christianisme.
mai 1800Parti de Londres le 4 ou le 5 mai, avec un passeport du 21 avril au nom de La Sagne ; il débarque à Calais le 8 (Mayer ; le 6 selon Collas).
avril – septembre 1822Ambassade : 30, Portland Place.

Ce qu’il en écrit

« […] au lieu d’être reçu par mon ami, tremblotant de froid, qui m’ouvre la porte de notre grenier en me tutoyant, qui se couche sur son grabat auprès du mien, en se recouvrant de son mince habit et ayant pour lampe le clair de lune […] »

Mémoires d’outre-tombe, livre VI, chapitre 1. · Lire le passage

« […] nous étions des artistes en misère sur les ruines de la France. »

Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 6. · Lire le passage

« Quoique la personne de mon noble ami, l’ambassadeur de France, soit encore peu connue ici […] »

Mémoires d’outre-tombe, livre X, chapitre 4 (discours de Canning, 1822). · Lire le passage

Sources et documents

Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre VI, chapitre 1 ; livre X, chapitres 4 à 6 ; livre XI, chapitre 2 ; livre XII, chapitre 5
Anatole Le Braz, Au pays d’exil de Chateaubriand, Paris, Champion, 1909 (enquête sur place à Beccles et Bungay, d’après les papiers de l’antiquaire Wilton Rix) (lire sur le site · Internet Archive)

Greville Street, à Holborn : l'imprimerie Baylis, d'où il date ses lettres de janvier 1797, était au n° 15 (photographie, 2015)
Greville Street, à Holborn : l'imprimerie Baylis, d'où il date ses lettres de janvier 1797, était au n° 15 (photographie, 2015) — Paul The Archivist — Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Quand il y vécut ou séjourna

Dans le journal

1793

1797

1798

1799

1822

1843

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