Il y arrive le 31 octobre 1802 pour faire cesser une contrefaçon du Génie du christianisme.
En bref
| Dates | 31 octobre 1802 (veille de la Toussaint) – début novembre 1802 ; repassage en 1838. |
|---|---|
| Logement | Non précisé par les sources consultées. |
| Certitude | Séjour certain (Mémoires, livre XIV) ; auberge non nommée. |
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV
Une contrefaçon du Génie (octobre 1802)
Six mois après la parution du Génie du christianisme (avril 1802), des éditions pirates circulent dans le Midi. En octobre 1802, Chateaubriand part y mettre bon ordre ; c’est son premier voyage au sud de la Loire.
« Une contrefaçon du Génie du Christianisme, à Avignon, m’appela au mois d’octobre 1802 dans le midi de la France. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV. · Lire le passage
Il passe par Lyon, où il loge chez le fils Ballanche, puis descend le Rhône. Le 27 octobre, une tempête arrête le bateau de poste à Tain ; il achève dans une auberge son article sur Bonald.
Le contrefacteur débusqué
Il arrive à Avignon le 31 octobre, veille de la Toussaint.
« Arrivé à Avignon la veille de la Toussaint, un enfant portant des livres m’en offrit : j’achetai du premier coup trois éditions différentes et contrefaites d’un petit roman nommé Atala. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV. · Lire le passage
« En allant de libraire en libraire, je déterrai le contrefacteur, à qui j’étais inconnu. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV. · Lire le passage
« Il me vendit les quatre volumes du Génie du Christianisme, au prix raisonnable de neuf francs l’exemplaire, et me fit un grand éloge de l’ouvrage et de l’auteur. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV. · Lire le passage
« […] au bout de vingt-quatre heures, je m’ennuyai de suivre la fortune, et je m’arrangeai presque pour rien avec le voleur. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV. · Lire le passage
Les Mémoires ne nomment pas le contrefacteur. La propriété littéraire était alors mal protégée : la loi de 1793 punissait la contrefaçon, mais les poursuites, d’un département à l’autre, étaient lentes et coûteuses ; Avignon, rattachée à la France seulement en 1791, était un centre actif d’impression bon marché.
La ville des papes
Il y rencontre Mme de Janson, « petite femme sèche, blanche et résolue », qui défend ses terres contre le Rhône. Avignon lui rappelle Du Guesclin, qui fit rendre aux habitants l’argent que le pape avait levé sur eux pour payer ses routiers. Il visite le couvent des Célestins, où le roi René avait peint le squelette d’une femme aimée, et cherche le tombeau de Laure, ouvert jadis par François Ier. Au palais des Papes, on lui montre la Glacière, lieu des massacres d’octobre 1791 :
« De retour à Avignon, je cherchai le palais des papes, et l’on me montra la Glacière […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV. · Lire le passage
Vaucluse et Pétrarque
D’Avignon, il fait le pèlerinage de Vaucluse, à la source de la Sorgue, et cite longuement Pétrarque :
« J’allai à Vaucluse cueillir, au bord de la fontaine, des bruyères parfumées et la première olive que portait un jeune olivier […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV. · Lire le passage
« C’est à Pétrarque que nous devons le retour du souverain pontife au Vatican […] »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV. · Lire le passage
La suite du voyage
D’Avignon, il gagne Marseille et Notre-Dame-de-la-Garde, puis revient par Nîmes, Montpellier, Narbonne, Toulouse, Bordeaux, Blaye, Rochefort et la Vendée jusqu’à Nantes, Rennes et Fougères, où il ne passe que vingt-quatre heures auprès de sa femme et de ses sœurs. Le chapitre est rédigé en 1838, au retour d’un second voyage dans le Midi, ce qui explique les allers-retours entre les deux époques.
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre XIV, chap. 2 : « Voyage dans le midi de la France (1802) » (lire sur le site · Wikisource)
Chateaubriand, Génie du christianisme, 1802 — Wikisource (lire sur le site · Wikisource)


