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L'Enchanteur 1768—1848
Le Congrès de Vérone La Russie (suite 4)

La Russie (suite 4)

Le Congrès de Vérone · 22 min de lecture · p. 235–240 · chapitre 25 sur 50

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Œuvres complètes, Furne, 1859 (Congrès de Vérone, 1838), non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

To begin with that part of your letter which relates to our language to Spain, and to the importance which you attach to our holding a common language with France; a language I mean (for I perceive that I hâve expressed myself ambiguously) common with that which France holds to Spain; - I will tell you at once quite fairly, that 1 agree with you on the former point; but présume to differ on the latter.

The language which you put into our mouths as that which you say you wish we had employed in speaking to Spain - what is it but the language which we hâve actually employed? Both through the spanish chargé d'affaires hère, and through sir W. A'Court at Madrid, Spain knows distinctly what we think on the impractibility of the constitution of 1812, and of the expediency of oprmising a revision of it : and thèse opinions are declared with less reserve, in phrase, through lord Somerset; who carries with him, as his whole instruction, a memorandum from the duke of Wellington, in which, if your very words are not set down, there is nothing of your sentibien assez en ce moment d'affaires sur les bras, comme vous pouvez bien le croire, je ne connais rien, dans l'ensemble complet de la correspondance de l'Europe, qui puisse se comparer en importance à la bonne entente de nos deux gouvernements, et je ne connais pas de base plus sûre pour établir cette intelligence que des communications suivies et sans réserve avec vous.

Pour commencer par cette partie de vôtre lettre qui a rapport à notre langage à l'Espagne, et à l'importance que vous attachez à ce que nous en ayons un commun avec la France (je veux dire un langage semblable à celui que la France tient à l'Espagne, car je conviens que je m'étais exprimé avec quelque ambiguïté), je vous dirai d'abord et tout à fait loyalement, que je suis d'accord avec vous sur le premier point, mais que j'ose différer de vous sur le dernier. Le langage que vous mettez dans notre bouche, comme étant celui que vous désireriez que nous eussions employé, qu'est-il, s'il n'est le langage que nous avons actuellement employé? L'Espagne sait clairement et par son chargé d'affaires ici, et par sir W. A'Court à Madrid, ce que nous pensons sur l'impossibilité de mettre à exécution la constitution de 1812, et sur l'utilité (expediency) d'en promettre la révision, et ces opinions sont déclarées avec moins de réserve dans les mots par lord Fitz Roy Somerset, qui porte avec lui, pour toute instruction, un mémorandum du duc de Wellington, dans lequel, si vos propres expressions ne sont pas employées, au moins n'y a-t-il aucun de vos ments that is not expressed. - Do you believe that Spain compte sur nous pour des secours d'armes et d'argent » Not she; I promise you. Do you imagine that, knowing we shall not be « contre she has reason to flatter herself that we shall be « pour elle » in a war with France? Be assured, she is under no such misapprehension. If you harbour such, after having seen us, in a manner which you characterise (and I do not mean to say characterise unjustly) as « si rude, » do ourselves right against Spain by force, - at a moment when we risked by so doing, the chance and the consequent misinterpretation of a co-incidence between our maritime aggression on the spanish colonies and a french irruption on the Pyrenees; - what would not your apprehensions, - your suspicions hâve been, if we had sacrificed our commercial rights and interests to a désire of propitiating Spain; and to the purpose (it might hâve been said), of leaving her hands more free to cope with the combination of the continental Powers ?

You are right, I dare say, in your belief that this proceeding of ours has « blessé l'orgueil espagnol. » - But at least it must hâve destroyed (in fact it did destroy) the illusion, that we had any thoughts of making common cause with Spain.

Nay it did create, at the first moment, an impression that we were leagued with you, not in counsel only but in action, against Spain; and it is against the remnant, or the possible revival of that impression we are obliged to guard, when though speaking (as I hâve assentiments qui n'y soit exprimé. Croyez-vous que l'Espagne compte sur nous pour des secours d'hommes et d'argent ? non pas elle! je vous le promets. Imaginez-vous que, sachant que nous ne serons pas contre elle, elle ait des raisons de se flatter que nous serons pour elle dans une guerre contre la France? Soyez assuré qu'elle n'est pas tombée dans une pareille méprise. Si c'est là votre abri, après nous avoir vus nous faire justice contre l'Espagne d'une manière que vous caractérisez de si rude (ce que je ne prétends pas être injuste), en employant la force dans un moment où nous risquions, par une telle conduite, de faire coïncider notre agression maritime contre les colonies espagnoles avec l'irruption d'une armée française en Espagne, quels n'auraient pas été vos craintes, vos soupçons, si nous avions sacrifié les droits de notre commerce et ses intérêts, au désir de favoriser l'Espagne et de lui laisser, on aurait pu le dire, les mains plus libres pour lutter contre l'union des puissances du continent? Vous avez raison, je le pense, en croyant que ce procédé a blessé l'orgueil espagnol; mais au moins il doit avoir détruit, et il l'a fait, l'opinion illusoire que nous avions quelque idée de faire cause commune avec l'Espagne. Bien plus, il a fait supposer dans le premier moment que nous étions unis avec vous, non pas seulement en principes, mais même pour l'action, contre l'Espagne ; et c'est contre les restes de cette impression, et pour l'empêcher de renaître, que nous sommes obligés d'être en garde, lorsque, tout en tenant (comme je vous en ai assuré déjà) le sured you), the language which you would dictate, we never decline speaking it in concert with you.

In truth, how could we speak in concert with you; not being prepared to adopt your conclusions; - not having (to state the matter fairly) the same right as you to adopt them? You say to Spain, « Your présent system is not only distasteful to us it is practically injurious. It subjects us to incessant alarm ; it imposes upon us burdensome precautions. A period will arrive, and that shortly, when, if that system is not changed, we must revise our precautions, and change them for other means more direct and more efficacious. » I do not mistake your argument, I think ; I dot not hère intend to question, much less to combat it ; I am only showing you that your argument is not ours ; that we hâve neither the right to use it, nor the interest, which you believe yourselves to hâve, the immédiate interest in its successful application. A general interest we hâve, that Spain and every other country in Europe should be well governed ; a general interest we hâve, that the peace of Europe, and particularly the peace between France and Spain, which is that most imminently and obviously in danger, should be preserved.

But if your interest in the amendment of the Spanish Constitution is such, that you feel yourselves justified in saying : « Amend it or we make war upon you » ; if ours, on the other hand, is only such as may authorise us to say : « Amend it for your own sake, we conjure you;

langage que vous nous dicteriez, nous évitons cependant de le tenir avec vous. Dans le fait, comment pourrions-nous parler de concert avec vous, n'étant pas disposés à adopter vos conclusions, n'ayant pas (pour établir le fait avec loyauté) le même droit que vous pour les adopter? Vous dites à l'Espagne : « Votre système actuel n'est pas seulement désagréable à la France, il est, de fait, nuisible à ses intérêts. II l'oblige à de continuelles alarmes, à d'onéreuses précautions. Un moment arrivera, et cela dans peu, où, si ce système n'est pas changé, nous devons donner une nouvelle attention à ces précautions, et les changer pour des moyens plus directs et plus efficaces. » Je crois que je ne pose pas mal vos arguments ; je n'ai pas ici l'intention d'en mettre en question la justesse, encore moins de les combattre. Je veux seulement vous montrer que votre argument n'est pas le nôtre ; que nous n'avons ni le droit de l'employer, ni l'intérêt que vous croyez avoir, l'intérêt immédiat, à son heureuse application. Nous avons un intérêt général à ce que l'Espagne et tout autre pays en Europe soit bien gouverné; nous avons un intérêt général à ce que la paix de l'Europe, et particulièrement de la France et de l'Espagne, qui est dans le plus imminent et dans le plus évident danger, puisse être conservée. Mais, si votre intérêt au perfectionnement de la constitution espagnole est tel, que vous vous sentiez en droit de dire : « Corrigez-la, ou nous vous faisons la guerre ; » si le nôtre, d'un autre côte, est seulement de nature à nous autoriser à dire : « Corrigez-la pour or you hazard a war with France » ; is not the différence between thèse two addresses such, as makes it impossible that they should be uttered in concert? would not the uttering them in concert, change essentially the character of one or other of the speakers? would it not dilute your menace into a remonstrance, or exasperate our representation into a declaration of hostility? and, not intending hostility, is not our best change of a favourable hearing with Spain, to be derived from a tone corresponding with our intentions? If « l'orgueil Espagnol » is the obstacle to enforced concession, is it not advisable to keep one channel open, through which concession might appear to be made to reason, and not to force? I do not warrant to you the chances of success through that channel. I am become less sanguine than I was in the hope of it. Things hâve fallen out untowardly and contrary, I confess, to my calculation. I did expect that the French Despatch would not be delivered, till after those of Russia, etc. It has preceded them. I reckoned much upon the interval that would follow the departure of the three chargés d'affaires - the minister of France still remaining at Madrid ; and, as I understood M. de Villèle's despatch to M. La Garde (but I présume incorrectly) waiting for some new fact to motiver his departure. It now seems as if M. La Garde were to follow his three colleagues more closely; and on nearly the same grounds. I think thèse changes unfortunate. But still I do not

votre propre utilité; nous vous en conjurons, autrement vous risquez une guerre avec la France ; » la différence entre ces deux manières de parler au gouvernement espagnol n'est-elle pas telle, qu'elle rende impossible de les employer de concert? Cela ne changerait-il pas essentiellement le caractère de l'un ou de l'autre des gouvernements? Cela ne pourrait-il pas délayer votre menace en remontrance, ou aigrir nos remontrances jusqu'à en faire une déclaration d'hostilité? et, puisque nous n'avons nulle idée d'hostilité, n'y a-t-il pas plus de chance d'être écoutés favorablement par l'Espagne, en conservant avec elle un ton en harmonie avec nos intentions? Si l'orgueil espagnol est l'obstacle qu'on oppose à l'idée d'une concession, n'est-il pas plus à propos de conserver une voie ouverte, au moyen de laquelle la concession puisse paraître être faite à la raison et non à la force ? Je ne vous garantis pas les chances de succès que présente cette voie ; je suis devenu moins confiant dans les espérances que j'en avais ; les choses ont tourné d'une manière contraire, je l'avoue, à mes calculs. J'espérais que la dépêche du gouvernement français ne serait donnée qu'après celles des trois puissances ; elle les a précédées. Je comptais beaucoup sur l'espace de temps qui suivrait le départ des trois chargés d'affaires, le ministre de France restant encore à Madrid, et attendant (c'est ainsi que j'avais compris, mais, a ce que je vois, à tort, la dépêche de M. de Villèle à M. de La Garde) quelque nouveau fait pour motiver son départ. Il semble maintenant que M. de La Garde doive suivre de plus près ses trois collègues, et en se tenant quasi sur le même terrain. Je crois que ce changement est malheureux, mais je ne désespère despair; I do not despair if you continue to be for peace; and if your just estimate of the dangers of war to France, does not yield to your belief of its facilities and your anticipation of its glories. But, I own, some of your topics alarm me, more than your reasonings tranquillize me upon that point.

When I speak of the dangers of war to France, do not suppose that I undervalue her resources or power. il She is as brave and as strong as she ever was before, she is now the richest - the most abounding in disposable means of all the states in Europe. Hère are all the sinews of war, if there be the disposition to employ them You hâve a million of soldiers you say, at your call. 1 doubt it not : - and it is double the number, or thereabouts, that Buonaparte buried in Spain. You consider a « premier succès au moins » as cer tain; I dispute it not. I grant you a French army at Madrid. But 1 venture to ask « what then? - if the king of Spain and the Cortes are by that time, where they infallibly will be, in the isle of Léon ? » I see plenty of war, if you once get into it : but I do not see a legitimate beginning to it, nor an intelligible object. You would disdain to get into such a war through the sidedoor of an accidental military incursion. You would enter in front, with the cause of war blazoned on your banner. And what is that cause? It is to be learned from the notes and despatches of the four continental powers?

pas encore. Je ne désespère pas, si vous continuez à être pour la paix, et si votre juste opinion sur les dangers de la guerre pour la France ne cède pas à votre croyance de sa facilité et à votre anticipation de sa gloire. Mais j'avoue que quelques-uns de vos remèdes m'alarment plus que vos raisonnements ne me rassurent sur ce point.

Quand je parle des dangers de la guerre pour la France, ne supposez pas que je veuille déprécier ni sa force ni ses ressources ; elle est aussi forte et aussi brave qu'elle l'ait jamais été ; elle est la plus riche, la plus abondante en moyens disponibles, de toutes les nations de l'Europe ; elle a tout ce qui constitue le nerf de la guerre, si on veut l'employer. Vous avez, dites-vous, « un million de soldats prêts à votre appel, » je n'en doute pas, et c'est à peu près le double de ce que Bonaparte en a perdu en Espagne. Vous considérez un premier succès au moins comme certain ; je ne le dispute pas. Je suppose une armée française à Madrid ; mais je hasarde de demander : « Que ferez-vous si le roi d'Espagne et les Cortès sont alors où ils seront infailliblement, dans l'île de Léon ? » Je vois beaucoup de guerre, si une fois vous la commencez, mais je n'y vois ni un commencement légitime ni un but facile a distinguer. Vous dédaigneriez d'entrer dans une pareille guerre par la fausse porte d'une incursion accidentelle des troupes espagnoles. Vous voudriez entrer de front avec la cause de la guerre inscrite sur vos étendards. Et quelle est cette cause ? Doit-on la chercher dans les notes et dans les dépêches des quatre puissances continentales, ou seulement dans celles de M. de Villèle? Est-ce vengeance pour le - or from Mr. de Villèle's only? It is vengeance for the past, or security for the future. You disclaim the former, no doubt : - but how is the latter to be obtained by war? I understand a war of conquest; I understand war of succession - a war for the change (on the one hand) or the conservation (on the other) of a peculiar dynasty. But a war for the modification of a political constitution; a war for the two chambers; and for the extension of the regal prerogative - a war for such objects as thèse, I really do not understand, nor can I conceive how the operations of it are to be directed to such an end. You would not propagate la Charte, as Mahomed did al Koran; or, as in the earlier part of your révolution, France did the rights of man. Consider : is there not some forbearance on the part of Spain, in not throwing thèse things in your teeth? Might she not, when informed that her change of constitution has not been bloodless, désire that it should be compared with 1789 and 1792-3? Might she not, when accused by Russia of a forcible change of government, remind the emperor Alexander of the events which preceded his own accession and the treaty of Tilsit, which made over Spain to Buonaparte? Might she not speak to Prussia of promises of free institutions, made by a King and violated? Might she not accept Prince Metternich's appeal to the former union of Spain and Austria, and, turning to us (if we took part in the lecture) say, that she was ready, like England in 1688, to préserve her laws and liberties by a passé, ou sécurité pour l'avenir? Vous rejetez le premier, sans aucun doute, mais comment obtenir le second par la guerre? Je comprends une guerre de conquête, je comprends une guerre de succession, une guerre pour le changement ou la conservation d'une dynastie particulière; mais une guerre pour la modification d'une constitution politique, une guerre pour deux chambres et pour l'extension de la prérogative royale, une guerre pour de pareils objets, je ne la comprends réellement pas, et je ne conçois pas comment il faut diriger les opérations de cette guerre pour atteindre une fin pareille. Vous ne voulez sûrement pas propager la Charte, comme Mahomet l'Alcoran, ou comme, dans les premiers temps de votre révolution, la France propageait les droits de l'homme. Pensez-y ; n'y a-t-il pas quelque réserve de la part de l'Espagne de ne pas vous jeter ces choses au visage ? Ne pouvait-elle pas, quand on lui dit que son changement de constitution a fait verser du sang, vouloir le comparer avec 1789, 1792 et 1793? Ne pouvait-elle pas, quand la Russie l'accuse d'un changement violent de gouvernement, rappeler à l'empereur Alexandre les événements qui ont précédé son accession, et le traité de Tilsitt qui abandonna l'Espagne à Bonaparte ? Ne pouvait-elle pas parler à la Prusse des promesses faites, et violées par le roi, d'institutions libérales? Ne pouvait-elle pas entendre l'appel que fait le prince de Metternich à l'ancienne union de l'Espagne et de l'Autriche, et, se tournant vers nous (si nous assistions à ce débat), dire qu'elle est prête, comme l'Angleterre en 1688, à mettre ses lois et ses libertés à couvert par un léger changeslight change in the reigning dynasty; and to place an Austrian prince, with enlarged powers upon her throne? Surely, the discussions with which the war has been prefaced, are as hazardous as the war itself. Consider before what an audience you plead : how many of their passions are against you, how few of their sympathies with you. In the beginning of the French révolution, the character of your Louis XVI, ranged all that was good in Europe on his side. Of Ferdinandis it not enough to say, that in the British Parliament, and not in the popular branch of it, but in the House of Lords, and not by a factious orator, but by the first Minister of the King (a man, whose temperance and sobriety of judgment, even his adversaries extol) it has been admitted that the conduct of Ferdinand had « provoked a révolution. » And do you make war to free such a monarch from all restraint? and do you hope to hâve mankind with you?

Judge of the confidence with which I mean to open myself to you, when I hesitate not to submit such arguments as thèse, to your consideration.

I hâve, however, detained you too long. Only one word more. The arguments which I thus venture to address to you, do not imagine that I suggest them to Spain.

Far otherwise. With regard to the personal safety of the king, we hâve spoken at Madrid as plainly as you could wish us or as you

ment dans la dynastie régnante, et à placer sur le trône un prince autrichien avec un pouvoir plus étendu? Certainement, les discussions qui ont comme servi de préface à la guerre sont aussi hasardeuses que la guerre même. Voyez devant quelle audience vous plaidez ; combien de passions sont contre vous, combien peu sympathisent avec vous ? Dans le commencement de la révolution française, le caractère de Louis XVI mit de son côté tout ce qu'il y avait d'honnête en Europe. Mais quant à Ferdinand, n'est-ce pas assez de dire que, dans le parlement anglais, non dans la partie populaire de ce parlement, mais dans la chambre haute, non par un orateur factieux, mais par le premier ministre du roi (homme dont ses adversaires mêmes vantent la modération et la sagesse de ses jugements), ce ministre a dit que la conduite de Ferdinand avait provoqué la révolution. Et faites-vous la guerre pour délivrer un tel monarque de tout contrôle? Espérez-vous d'avoir pour vous le genre humain ?

Jugez de la confiance avec laquelle je veux m'ouvrir à vous, puisque je n'hésite pas à soumettre de tels arguments à votre réflexion. Mais je vous ai retenu trop longtemps. Un mot encore cependant. Les arguments que je me hasarde à vous adresser, n'imaginez pas que je les suggère à l'Espagne. Bien loin de là; à l'égard de la sûreté personnelle du roi, nous avons parlé aussi positivement que vous pouviez le désirer, ou que vous pouviez parler vous-même; et, en vérité, je crois qu'il n'y a aucun danger. Quant à sa prérogative, nous n'avons pas déguisé notre opinion, could speak. And I verily believe there is no danger. With regard to his prerogatives, we hâve not disguised our opinion that they ought to be enlarged: and I am not without hopes, that a revisal of the constitution is intended. I am sure its imperfections are acknowledged. But can they promise a revisal of it under pain of invasion? Make the case your own. Would France yield any thing to such a menace? Did she?

But so far is our language to Spain from being the language of encouragement to defiance, that I venture to affirm it is nearly attributable to sir W. A'Court's advice, that the communications of the three powers were not met by an instant transmission of their passports : and while 1 am writing, 1 receive despatches of the 10th from Madrid, which inform me that it is under discussion in the Spanish cabinet, whether they shall not ask our good offices with you? I do not answer for the result of that discussion. But will you prevent off the chance of such an opening for explanation and for peace? - I trust not.

And so, for the présent, farewell.

Canning

qu'elle devait être étendue, et je ne suis pas sans espérance que l'intention ne soit de revoir la constitution. Je suis sûr que ses imperfections sont reconnues. Mais les Espagnols peuvent-ils promettre une révision sous peine d'invasion ? mettez-vous à leur place. La France céderait-elle à une pareille menace ? Le ferait-elle ?

Mais notre langage à l'Espagne est si loin d'être un langage d'encouragement, que j'ose affirmer que c'est principalement à l'avis de sir William A'Court qu'on peut attribuer que les communications faites par les trois puissances n'aient pas été immédiatement suivies de l'envoi des passe-ports; et, pendant que j'écris, je reçois des dépêches, du 10, de Madrid, qui m'informent que le cabinet de Madrid discute s'il ne nous demandera pas nos bons offices auprès de vous. Je ne réponds pas du résultat de cette discussion. Mais voulez-vous rejeter la chance d'une telle ouverture à des explications et à la paix? J'espère que non.

Et ainsi pour le présent, adieu.

M. Canning a m. de Chateaubriand

Foreign-Office, jan. 24, 1823.

I am enabled to perform the promise which I held out to you in my last letter; and to transmit to sir Charles Stuart, by this day's Messenger, a note from the spanish government to sir W. A'Court requesting our good offices to avert a war. The assurances which that not contains, I confess, tranquillize me as to the points on which apprehension was felt : - especially in relation to the royal family of Spain : in any case the note invites discussion; and I trust you will feel it wholly impossible to decline the overture.

M. Jackson who brought sir W. A'Court's despatches, and is returning to Madrid with mine, has orders to wait your pleasure at Paris, and to be the bearer of any thing that you may wish to say to sir W. A'Court.. Use A'Court as your own : hère is no longer any danger of misapprehension at Madrid. I write to him, on the contrary, to communicate unreservedly upon every thing with M. La Garde, if he is still there (as I hope he is); if not, to consider himself as M. La Garde's successor in every thing in which he can be serviceable to the french government.

Peace, peace, peace.

It is still within your reach, with honour as well as with safety.

Je puis remplir la promesse que je vous ai faite dans ma dernière lettre, et transmettre à sir Charles Stuart, par le messager de ce jour, une note du gouvernement espagnol à sir William A'Court, réclamant nos bons offices pour empêcher la guerre. Les assurances que contient cette lettre me tranquillisent, je l'avoue, quant aux points sur lesquels nous avions des appréhensions, surtout relativement à la famille royale d'Espagne. En tout cas, cette note demande une discussion ; et j'espère que vous sentirez qu'il est entièrement impossible de rejeter les ouvertures.

M. Jackson, qui a porté les dépêches de sir William A'Court et retourne à Madrid avec les miennes, a l'ordre d'attendre à Paris votre bon plaisir, et de se charger de tout ce que vous pourrez dire à sir William A'Court. Servez-vous de ce dernier comme s'il vous appartenait. Il n'y a plus maintenant à Madrid de crainte d'un malentendu. Je lui écris, au contraire, de communiquer sans réserve avec M. de La Garde, s'il est encore à Madrid (comme j'espère qu'il y sera), sinon de se considérer comme le successeur de M. de La Garde, en tout ce qui pourrait servir le gouvernement français.

La paix ! la paix! la paix! Elle est encore à votre portée, avec honneur comme But, turn political events as they may, 1 am, mon cher vicomte, ever your friend and servant.

Canning

M. de Chateaubriand a m. Canning

Paris, ce 27 janvier 1823.

Si quelque chose, mon honorable ami, pouvait me faire changer d'opinion sur la politique que la France doit suivre, ce serait certainement votre lettre du 21; je ne connais rien de plus pressant et de plus éloquent, mais elle laisse subsister la difficulté tout entière.

Nous convenons d'abord tous les deux que la constitution espagnole doit subir des modifications, mais vous croyez que ces modifications doivent être apportées par le gouvernement espagnol. Quel temps assignez-vous à ce changement si désirable? combien faudra-t-il de mois et peut-être d'années, pour que nous puissions sans danger abandonner ces mesures préservatrices que le duc de Wellington a lui-même approuvées? Pouvons-nous prolonger, dans un avenir incertain, cet état de gêne et de violence dans lequel la révolution espagnole nous a placés? Sir Charles Stuart m'a remis votre petite lettre du 2¾ et la copie de la note à M. San-Miguel. Qu'ai-je trouvé dans cette note? Que le gouvernement espagnol restera invariable dans ses sentiments; que, s'il y a des défauts dans la constitution des cortès, ce sera la nation qui corrigera ces défauts, quand et comment il lui plaira; et qu'enfin le gouvernement espagnol réclame les bons offices de l'Angleterre. Pourquoi? pour qu'elle nous détermine à dissoudre notre armée d'observation ! N'est-ce pas là une proposition aussi insultante que dérisoire, et peut-on commencer une négociation sur une pareille base? Vous le voyez, mon honorable ami, on veut nous pousser à bout. Ce n'est pas en nous mettant sous les pieds des révolutionnaires que nous nous sauverons : nous savons trop, par expérience, ce qu'il en coûte pour se soumettre à l'anarchie et pour capituler au pied des échafauds. Nous voulons la paix, nous l'appelons de tous nos vœux, mais nous ne la voulons pas avec la révolution. Nous ne