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L'Enchanteur 1768—1848
Un dernier amour de René XVIII. Chateaubriand → Mme de V…, 10 mars 1828, Paris

Correspondance de Chateaubriand avec la marquise de V…

XVIII. Chateaubriand → Mme de V…, 10 mars 1828, Paris

Un dernier amour de René · 1 min de lecture · p. 75–76 · chapitre 23 sur 80

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Perrin, 1903, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Paris, 10 mars 1828.

Eh bien ! Marie, êtes-vous contente? voilà notre ami ministre, et vous serez encore plus satisfaite que j'aie eu le bonheur de contribuer à sa nomination. Je vis les ministres le samedi, et, le lundi, il était à la marine. C'est une excellente acquisition pour la France et pour le roi.

Votre promenade solitaire m'a charmé. J'aurais voulu vous aider à transporter cet arbre et à cheminer dans les rudes sentiers de la montagne. Vous avez pris un nuage pour moi. Vous avez raison; je passerai bientôt, mais je n'aurai que la courte existence de votre nuage et non sa beauté.

Ne viendrez-vous point, à présent, solliciter quelque chose à Paris? Vous serez en crédit; vous me trouverez dans mon hôpital; j'en sortirai pour vous. J'irai importuner les ministres. Tâchez de prendre un peu à l'ambition : j'en profiterai, et, si ma vue ne détruit pas votre illusion, nous pourrons nous aimer en nous connaissant, après nous être aimés sans nous connaître.

Je ne puis vous écrire plus au long aujourd'hui, j'ai mon rhumatisme dans la tête : car, malgré votre indulgente imagination, vous vous doutez bien qu'un rhumatisme s'est fourré sous des cheveux gris. Prenez-moi comme je suis; moi, je vous aime à jamais comme vous êtes.