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L'Enchanteur 1768—1848
Un dernier amour de René LI. Chateaubriand → Mme de V…, 21 octobre 1828, Rome

Correspondance de Chateaubriand avec la marquise de V…

LI. Chateaubriand → Mme de V…, 21 octobre 1828, Rome

Un dernier amour de René · 1 min de lecture · p. 175 · chapitre 56 sur 80

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Perrin, 1903, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Rome, 21 octobre 1828.

Votre première lettre de France est venue me trouver à travers les montagnes au milieu des ruines de Rome : elle m'a fait un grand bien, et je vous en remercie; elle n'avait pas même perdu la petite violette attachée à l'une des feuilles ; j'ai salué cette fleur de mon pays, cueillie par une main amie. Que vous dirai-je? Rome m'ennuie : tout m'ennuie1! J'ai passé l'age des joies, il faut que je me retire. Que fais-je dans ce monde? Je le connais trop et j'y ai été trop longtemps. Je me réserve pourtant encore un dernier plaisir, c'est celui d'aller vous trouver dans votre solitude. Quand j'aurai vu cette Marie inconnue, tout sera accompli. Pensez à moi et écrivez-moi !

1 Dans cette lettre et dans les suivantes, Chateaubriand exagère un peu la tristesse et la solitude de son séjour à Rome. Nous savons notamment, par les Souvenirs de M. d'Haussonville, que trois belles jeunes femmes, Mme D., la Del Drago, et une dame qui, sous le pseudonyme de M=° de dans votre sphère. Saman, devait plus tard publier un petit roman autobiographique intitulé Les Enchantements de Prudence, ont, toutes trois, fait de leur mieux pour distraire son ennui. ↩