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L'Enchanteur 1768—1848
Un dernier amour de René III. Mme de V… → Chateaubriand, 18 mars 1816, Paris

Prologue

III. Mme de V… → Chateaubriand, 18 mars 1816, Paris

Un dernier amour de René · 1 min de lecture · chapitre 4 sur 80

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Perrin, 1903, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Voir le fac-similé.

Paris, 18 mars 1816.

Monsieur le vicomte,

Ce matin, à mon réveil, j'ai reçu votre billet de samedi, qui m'annonçait que j'aurais l'honneur de vous voir, sans en fixer le moment; j'ai supposé que ce serait peut-être aujourd'hui ou demain, et j'ai résolu de passer plusieurs jours sans sortir. Mais, peu de moments après, j'ai reçu un courrier de ma tante, partie cette nuit pour la Picardie et arrêtée près de Beauvais, où sa voiture a été renversée et brisée. Je suis partie sur-le-champ pour aller la chercher. Pardonnez-moi, Monsieur le vicomte, de ne vous avoir pas écrit pour vous prévenir de mon absence ! Cette bonne pensée ne m'est pas venue, je suis partie en toute hâte, et préoccupée d'inquiétude et de regret.

Ce soir, à mon retour, j'ai trouvé votre carte. Je conclus de votre billet et de votre visite que mon manuscrit vous intéresse, en effet, et je me réjouis de tout mon cœur de pouvoir vous en faire l'hommage. Tous les Français vous offrent celui de leur reconnaissance pour les bons sentiments et les douces émotions qu'ils vous doivent. Ceux que vous avez consolés dans leurs peines peuvent vous en vouer une plus spéciale encore.

Votre temps est trop précieux, monsieur le vicomte, pour que j'ose vous demander une seconde visite. Si vous me la destiniez, je voudrais en savoir le moment? Mais je me bornerai à vous envoyer le manuscrit; s'il vous intéresse, vous le garderez tout à fait. S'il vous est étranger, ne vous donnez pas la peine de me le renvoyer, je l'enverrai chercher chez vous avant mon départ.

Agréez...