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L'Enchanteur 1768—1848
Un dernier amour de René XLV. Chateaubriand → Mme de V…, 13 septembre 1828, Paris

Correspondance de Chateaubriand avec la marquise de V…

XLV. Chateaubriand → Mme de V…, 13 septembre 1828, Paris

Un dernier amour de René · 1 min de lecture · p. 157 · chapitre 50 sur 80

Texte issu de la reconnaissance optique du fac-similé de Paris Perrin, 1903, non relu : des erreurs de lecture subsistent. Chaque numéro de page ouvre la page scannée, pour vérifier une lecture. Voir le fac-similé.

Paris, ce samedi 13 septembre 1828.

Je pars demain ! Je pars d'autant plus tourmenté que la dernière lettre de Marie, du 6 septembre, et numérotée 24, est une véritable énigme pour moi. Je ne me souviens jamais de ce que j'ai écrit et ne saurais jamais dire ce que contiennent mes lettres ; je suis sûr seulement qu'elles doivent renfermer pour Marie l'expression d'un tendre et sincère sentiment. Si, par hasard, je l'ai blessée dans quelques-unes de ses idées, je lui en demande un million de pardons ; mais, si j'ai des torts, je sens que je ne les réparerai bien que quand je l'aurai vue.

Pour couper court à tous les inconvénients des postes, écrivez-moi sous enveloppe à cette adresse : A M. Henri Hildebrand, rue d'Enfer, n° 84, à Paris : en dedans, mettez mon nom ! On me fera passer vos lettres par les courriers des Affaires Étrangères. Je vous répondrai par la même voie.

Je ne puis, dussé-je encore vous offenser, m'empêcher de vous dire que je m'afflige de ce que vous viendrez à Paris quand je n'y serai plus. Est-ce quelque chose qui puisse vous déplaire ?

J'accepte vos vœux de bonheur, puisqu'ils me ramènent auprès de vous. Je ne serai à Rome que du 10 au 15 du mois prochain. J'ignore si je reviendrai pour la session, mais, avant six mois, j'espère avoir vu Marie.