Premier étage de la maison du maire White de Boisglé : la maison de l’enfance malouine (vers 1771-1776), incendiée en février 1776.
En bref
| Adresse d’époque | Hôtel de M. White de Boisglé, maire de Saint-Malo, sur la rue et la place Saint-Vincent, « presque en face de la porte de la ville qui communique au Sillon » (porte Saint-Vincent). |
|---|---|
| Adresse actuelle | Place Saint-Vincent / rue Saint-Vincent, Saint-Malo intra-muros ; la ville close a été détruite aux quatre cinquièmes en août 1944 puis reconstruite (maison non identifiée aujourd’hui). |
| Occupation | De 1771 au plus tard (retour de nourrice) au printemps qui suit l’incendie de février 1776, quand la mère rejoint son mari à Combourg. |
| Logement | Le premier étage (Cunat, cité par Biré) ; au rez-de-chaussée, les magasins d’un épicier ; au second étage, la famille Gesril. Une cour, des escaliers, une cave où l’enfant se barricade. |
| Avec qui | Sa mère, ses sœurs, la bonne La Villeneuve ; le père est souvent à Combourg, acheté en 1761 et où il se retire. Voisins du second : M. Gesril, son fils Joseph (Joson), l’ami d’enfance, et ses deux filles. |
| Incendie | Nuit du 16 au 17 février 1776 : le feu prend dans les magasins du rez-de-chaussée ; l’enfant est sauvé par sa sœur aînée ; le cocher du carrosse public de Rennes donne l’alarme (Cunat). |
| Divergence | Les Mémoires placent l’incendie pendant « l’hiver très froid qui précéda ma réclusion scolaire », et l’entrée au collège de Dol est datée de 1777 par la chronologie du site ; Cunat date l’incendie de février 1776. L’écart d’un an n’est pas expliqué par les sources consultées. |
| Certitude | Maison certaine (Mémoires) ; nom du propriétaire, étage et date de l’incendie d’après Cunat (1850), cité par Biré. |
La maison de la place Saint-Vincent
« […] nous n’habitions plus la maison où j’étais né : ma mère occupait un hôtel, place Saint−Vincent, presque en face de la porte de la ville qui communique au Sillon. Les polissons de la ville étaient devenus mes plus chers amis : j’en remplissais la cour et les escaliers de la maison. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 4. · Lire le passage
« Au second étage de l’hôtel que nous habitions, demeurait un gentilhomme nommé Gesril : il avait un fils et deux filles. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 5. · Lire le passage
« […] je cours me barricader dans la cave de la maison : l’armée femelle me pourchasse. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 5. · Lire le passage
« Je m’allai cacher au second étage de la maison, chez Gesril qui m’entortilla la tête d’une serviette. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 5. · Lire le passage
L’incendie
« Pendant l’hiver très froid qui précéda ma réclusion scolaire, le feu prit à l’hôtel où nous demeurions : je fus sauvé par ma soeur aînée, qui m’emporta à travers les flammes. M. de Chateaubriand, retiré dans son château, appela sa femme auprès de lui : il le fallut rejoindre au printemps. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 6. · Lire le passage
Biré, d’après Cunat, précise que le feu prit « dans les magasins qui occupaient le rez-de-chaussée de la maison de M. White », entrepôt d’un épicier plein de matières combustibles, et que la maison entière aurait brûlé sans l’alarme du cocher du carrosse public partant pour Rennes.
Sources et documents
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitres 4 à 6
Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition avec une introduction, des notes et des appendices par Edmond Biré, Paris, Garnier, 6 vol. (1898-1900, rééd. 1910) (lire sur le site · Internet Archive)
Charles Cunat, Recherches sur plusieurs des circonstances relatives aux origines, à la naissance et à l’enfance de M. de Chateaubriand, Saint-Malo, 1850 (cité par Biré ; non consulté directement)
