Maison natale. Classée monument historique le 23 mars 1964 ; elle abrite aujourd’hui l’hôtel France et Chateaubriand.
En bref
| Adresse d’époque | Rue des Juifs, Saint-Malo intra-muros, maison appartenant à M. Magon de Boisgarein, dite hôtel de la Gicquelais (du nom de son père). |
|---|---|
| Adresse actuelle | 3, rue Chateaubriand, 35400 Saint-Malo : l’hôtel France et Chateaubriand. Selon Biré, des trois corps de logis qui composent l’hôtel, « celui qui est le plus avancé dans la rue » est la maison natale. |
| Occupation | Location par René-Auguste de Chateaubriand, au plus tard en 1768 ; la famille la quitte « peu d’années après la naissance » (Cunat) pour la maison White, place Saint-Vincent : quand l’enfant revient de nourrice, à trois ans (1771), « nous n’habitions plus la maison où j’étais né ». |
| Naissance | François-René y naît le 4 septembre 1768 (baptisé le lendemain), dans une chambre qui « domine une partie déserte des murs de la ville ». |
| Avec qui | Ses parents, René-Auguste et Apolline de Bedée ; son frère Jean-Baptiste et ses sœurs Marie-Anne, Bénigne, Julie et Lucile ; la bonne La Villeneuve. |
| La chambre | Tournée vers les murs et la mer selon les Mémoires ; côté rue, au second étage, selon le témoignage de sa sœur Marie-Anne rapporté par le panneau de la ville (voir « La maison aujourd’hui »). |
| Après eux | Vendue en 1780 par M. Magon de Boisgarein à M. Dupuy-Fromy, puis occupée par M. Chenu, qui en fait une auberge (Biré, d’après Cunat) ; Flaubert y voit en 1847, au second étage, l’inscription « Ici est né Chateaubriand ». Monument historique (23 mars 1964). |
| Certitude | Lieu de naissance certain ; propriétaire et devenir de la maison d’après Cunat (1850), cité par Biré. |
Le lieu
La maison se dresse dans la ville close, au bout de l’ancienne rue des Juifs, contre le rempart qui regarde la plage de Bon-Secours, le Grand Bé et la pleine mer.
Histoire
Hôtel d’armateur malouin, la famille y loge en 1768. Dès le temps des Mémoires, la maison est une auberge ; elle devient l’hôtel de France, aujourd’hui hôtel France et Chateaubriand. La rue a pris le nom de l’écrivain.
La chambre natale
« La maison qu’habitaient alors mes parents est située dans une rue sombre et étroite de Saint−Malo, appelée la rue des Juifs : cette maison est aujourd’hui transformée en auberge. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 2. · Lire le passage
« La chambre où ma mère accoucha domine une partie déserte des murs de la ville, et à travers les fenêtres de cette chambre on aperçoit une mer qui s’étend à perte de vue, en se brisant sur des écueils. »
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 2. · Lire le passage
La tempête de la nuit du 3 au 4 septembre 1768, que Chateaubriand rattache à sa naissance, n’est pas une invention : l’archiviste Charles Cunat (1850) a retrouvé les traces d’un temps pluvieux de près de deux mois et d’une tempête si violente que l’évêque fit exposer neuf jours les reliques de saint Malo (Biré, note du tome I).
Au début du XXe siècle, une carte postale de l’éditeur Guérin présente, à l’intérieur du Grand Hôtel de France et de Chateaubriand, la « chambre et lit où René de Châteaubriand est né » (Archives d’Ille-et-Vilaine, 6 FI SAINT-MALO/769). Aucune source consultée n’atteste que ce lit soit celui de 1768 : la famille quitta la maison peu d’années après la naissance (Cunat).

La maison aujourd’hui

Le panneau posé par la ville de Saint-Malo dans la rue la dit « l’une des rares à avoir gardé l’aspect du Saint-Malo d’avant la Seconde Guerre mondiale ». Elle s’appelle rue des Juifs jusqu’en 1848. Le n° 3, classé monument historique, réunit selon ce panneau « deux anciennes maisons jumelles du 17e siècle », devenues une seule propriété lors de leur transformation en hôtel de voyageurs.


Le même panneau rapporte le témoignage de sa sœur Marie-Anne, comtesse de Marigny : la chambre « se trouvait du côté de la rue au second étage, dans la partie occidentale de l’immeuble », alors que les Mémoires la tournent vers les murs de la ville et la mer. La source de ce témoignage n’a pas été retrouvée ; Flaubert, en 1847, lit bien l’inscription au second étage (voir plus bas).
Dans la cour, le panneau date des environs de 1840 la porte surmontée du blason de la famille et de sa devise, « Mon sang a teint les bannières de France ». Son tympan porte : « Le 4 septembre 1768 est né, dans cette maison, Chateaubriand ».
Ce qu’en ont écrit d’autres
« Hôtel de France : au second étage, en dehors, est écrit : Ici est né Chateaubriand. »
Gustave Flaubert, notes de voyage, Par les champs et par les grèves, 1847 (Wikisource).
Sources et documents
Panneau « La rue Chateaubriand », Saint-Malo, Cité historique, rue Chateaubriand (relevé sur place par l’auteur du site)
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, livre I, chapitre 2
Mémoires d’outre-tombe, nouvelle édition avec une introduction, des notes et des appendices par Edmond Biré, Paris, Garnier, 6 vol. (1898-1900, rééd. 1910) (lire sur le site · Internet Archive)
Charles Cunat, Recherches sur plusieurs des circonstances relatives aux origines, à la naissance et à l’enfance de M. de Chateaubriand, Saint-Malo, 1850 (cité par Biré ; non consulté directement)
Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves, 1847 (lire en ligne)


