Le roi philhellène vient le voir « en frac » et dîne chez lui.
« Le roi de Bavière est venu me voir en frac. Nous avons parlé de vous. »
Chateaubriand à Mme Récamier, Rome, 17 mars 1829. · Lire le passage dans Amélie Lenormant, Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier
« Ce souverain grec, en portant une couronne, semble savoir ce qu’il a sur la tête, et comprendre qu’on ne cloue pas le temps au passé. »
Chateaubriand à Mme Récamier, 17 mars 1829. · Lire le passage dans Mémoires d'outre-tombe
La lettre
Le roi de Bavière est venu me voir en frac. Nous avons parlé de vous. Ce souverain grec, en portant une couronne, semble savoir ce qu’il a sur la tête, et comprendre qu’on ne cloue pas le temps au passé. Il dîne chez moi jeudi et ne veut personne.
Au reste, nous voilà au milieu de grands événements : un pape à faire ; que sera-t-il ? L’émancipation des catholiques passera-t-elle ? Une nouvelle campagne en Orient ; de quel côté sera la victoire ? Profiterons-nous de cette position ? Qui conduira nos affaires ? y a-t-il une tête capable d’apercevoir tout ce qui se trouve là-dedans pour la France et d’en profiter selon les événements ? Je suis persuadé qu’on n’y pense seulement pas à Paris, et qu’entre les salons et les Chambres, les plaisirs et les lois, les joies du monde et les inquiétudes ministérielles, on se soucie de l’Europe comme de rien du tout. Il n’y a que moi qui, dans mon exil, ai le temps de songer creux et de regarder autour de moi. Hier je suis allé me promener par une espèce de tempête sur l’ancien chemin de Tivoli. Je suis arrivé à l’ancien pavé romain, si bien conservé qu’on croirait qu’il a été posé nouvellement. Horace avait pourtant foulé les pierres que je foulais ; où est Horace ?
Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe · Lire le passage