Ministre, il arrache à son collègue Corbière le retour à Sainte-Pélagie d’un opposant envoyé à Poissy avec les forçats.
Joseph-Dominique Magalon, rédacteur de l’Album, est condamné le 15 mars 1823 à treize mois de prison pour ses attaques contre les jésuites et le gouvernement, et envoyé à pied et enchaîné à Poissy (Criminocorpus). Il raconte l’affaire dans Ma translation, ou la Force, Sainte-Pélagie et Poissy (1824), dont des fragments sont copiés dans les papiers de Mme Récamier, avec une lettre à Chateaubriand. Sa femme a vu Mme Récamier :
« Elle me prie les larmes aux yeux, d’écrire immédiatement à Mr de Chateaubriand qui connaît, dit-elle, parfaitement nos malheurs. »
Magallon, Ma translation, fragments, dans Papiers de Mme Récamier, XXII (BnF, Gallica btv1b10084483p).
« Mr de Chateaubriand soutient fermement la démarche qu’il a faite pour moi ; il presse Mr Corbière […] »
Magallon, 18 mai [1823], dans Papiers de Mme Récamier, XXII (BnF, Gallica btv1b10084483p).
Le 5 juin, Franchet d’Esperey, directeur de la police, écrit au ministre des Affaires étrangères que la translation est autorisée (la lettre et son image). Magalon note :
« Je dois donc à Mr de Chateaubriand la cessation de mon infâme persécution : que dis-je ! Je lui dois la vie […] »
Magallon, 6 juin [1823], dans Papiers de Mme Récamier, XXII (BnF, Gallica btv1b10084483p).
Le 15 juin, de Sainte-Pélagie, il remercie Mme Récamier et lui demande d’être son « interprète » auprès de Chateaubriand (la lettre). Le manuscrit ne donne pas l’année : elle se déduit de la condamnation et d’une note de Magalon datée du 15 juillet 1824.